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KHAL TORABULLY prépare de nouveaux projets audiovisuels

21 août 2004, 20:00

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La poésie, c’est la voie royale vers tous les arts, » explique Khal Torabully. Depuis Pik Pik le nomade, auréolé de deux Prix internationaux, Khal Torablly, homme de lettres par passion et par dévotion, s’est tourné vers le septième art. Il a trouvé une nouvelle voie dans le documentaire. Après un passage au Festival de Cannes et une formation à l’Institut National de l’Audiovisuel de Paris, Khal Torabully a amorcé depuis 1995, une étonnante carrière dans l’audiovisuel.

Cet homme de lettres, devenu cinéaste presque par hasard, (sur les conseils d’une amie), poursuit son engagement, en offrant Malcolm le tailleur de visions, à la Fondation Malcolm de Chazal, pour perpétuer la mémoire de ce philosophe, à la fois écrivain et homme de lettres. « Il n’y a qu’à travers l’audiovisuel que l’on peut restituer une nouvelle vie à ce fils du sol, ce génie national, ce créateur littéraire qui a jeté des ondes puissantes sur le ciel parisien, en bousuclant le surréalisme dans la littérature. »

Malcolm le tailleur de visions sera ainsi disponible pour des diffusions dans les établissements scolaires. Il sera également prêté à tous ceux qui en font la demande. « Je souhaite que ce film puisse stimuler tous ceux qui s’intéressent à l’œuvre de Malcolm de Chazal et qu’il permette à ceux qui ne la connaissent pas, d’être touchés par l’œuvre de ce grand homme, » explique-t-il. Khal Torabully a ainsi accordé le droit, à diffusion illimitée, à la Fondation Malcolm de Chazal.

Après avoir collaboré au travail d’écriture sur Rachida, le film maintes fois récompensé de Yamina Bashir-Chouikh, Khal Torabully a été approché par Barcha Bauer, cinéaste africain, pour co-écrire avec lui, Des Indes aux Iles. Ce documentaire, réalisé pour le compte de RFO Paris, est axé sur l’immigration indienne aux Antilles, principalement en Guadeloupe et en Martinique.

Des Indes aux Iles sera diffusé dans le cadre du 169ème anniversaire de l’arrivée des engagés Indiens en Guadeloupe, célébré cette année. « Avec l’abolition de l’esclavage et la décision de cultiver le sucre de façon intensive, l’odyssée coolie débute. Certains Indiens se sont alors installés aux Antilles. Ces Indiens, en rupture de ban avec leur société, ont eu beaucoup de mal à s’intégrer. Mais au fil du temps, ils se sont révélés. Les mondes créoles et coolies ont alors vécu côte à côte. Ce documentaire se conjugue sur deux axes. Il s’interroge d’abord sur ce que sont devenus les descendants des coolies aux Antilles, puis, il suit le retour de ces Antillais en Inde, avant de filmer leur retour aux Antilles. »

Co-produit par RFO et les productions La Lanterne, Des Indes aux Iles, est actuellement en train d’être tourné à Pondicherry, après avoir été tourné en Guadeloupe. Ce documentaire raconte le quotidien des descendants de « coolies », certains devenus agriculteurs, éleveurs tandis que d’autres se sont intéressés aux professions libérales.

Khal Torabully et Barcha Bauer ont fait appel à des historiens et à des écrivains, capables d’expliquer l’intégration des descendants de coolies aux Antilles. Khal Torabully intervient également dans le documentaire, pour apporter son éclairage d’écrivain engagé dans la « coolitude ». La « coolitude », notion inventée par Khal Torabully dans Cale d’Etoiles, signifie « la rencontre entre l’imaginaire de l’Inde, de la Chine, de l’Europe, de l’Afrique et de l’espace arabo-musulman». Le cinéaste ajoute : « C’est une richesse extraordinaire que de pouvoir passer d’une richesse à une autre, sans s’appauvrir et sans se sentir menacé dans sa propre culture.»

Khal Torabully poursuit ainsi son chemin de cinéaste, en travaillant sur d’autres projets. Une fois Des Indes aux Iles terminé, il planchera sur une série de cinq documentaires, baptisé Murmures de l’Océan Indien, qui sera co-réalisé avec Didier Moreau. Mais pourquoi cette passion pour le documentaire ? « Le documentaire offre une ouverture sur les réalités du monde. Il livre une partie de la réalité, suscite la réflexion et satisfait la soif de connaissance de tout un chacun, » explique le cinéaste.

En attendant de réaliser son premier long-métrage, en collaboration avec Mahmat Saleh Haroun, porte-drapeau du Tchad, Khal Torabully s’offre quelques jours de vacances bien mérités dans son pays de naissance et de cœur. « Depuis que Bénarès et La Cathédrale ont montré la voie, et tandis que d’autres, comme David Constantin, voient leurs efforts couronnés, j’ai envie de leur emboîter le pas et de faire de la fiction, » confie Khal Torabully.

Un souhait qui ne devrait pas tarder à prendre forme.

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