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Kenya Airways a-t-elle été sabotée ?

11 mai 2007, 00:00

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Sur le site de l’accident, dans l’enceinte de l’aéroport de Douala où affluent les familles camerounaises et étrangères pour s’informer des circonstances de l’accident, à la cellule de crise à Bonanjo et dans les salles de rédaction des médias, tout le monde va de supputations en conjectures pour essayer de comprendre comment un avion qui a ouvert un énorme cratère dans le marécage en plongeant, s’est en même temps désagrégé en répandant ses débris sur près de mille mètres à la ronde…

En définitive, on est comme obligé de revenir à une question fatidique : s’est-il agi d’un accident d’ordre technique dû à l’état de l’appareil, dû aux perturbations atmosphériques, … ou à un sabotage ? L’analyse a priori conduit à l’annulation de la première hypothèse si l’on croit à ce qui est dit sur l’état de l’appareil qui n’avait que six mois d’âge et prend en compte que l’équipage n’avait signalé aucune anomalie technique.

L’hypothèse des perturbations atmosphériques tient la route quand on sait que cette nuit du 5 mai était particulièrement orageuse dans la région, et que l’appareil, comme ceux de Air France, Camair et Air Maroc qui étaient également en partance, aurait dû attendre la fin de la tempête, ainsi que la tour de contrôle le leur aurait conseillé.

Mais, cette seconde hypothèse doit être fortement relativisée par le spectacle découvert sur le site du crash. Les débris d’avion sur près de mille mètres à ronde et les corps déchiquetés des passagers incitent à penser que l’appareil a explosé, soit avant de descendre, soit au moment de sa chute, juste avant de plonger dans la mangrove.

Al Qaeda</B>

Dans ce cas, la foudre apparaît a priori comme facteur de l’explosion. Mais, rien n’interdit d’imaginer qu’il y ait eu sabotage. Et s’il y avait eu un incendie à bord par exemple ? Des rumeurs que les enquêteurs auraient tort de ne pas prendre en compte allèguent que certaines personnes auraient aperçu comme une flamme à l’arrière de l’appareil au moment où il s’éloignait de la piste de décollage. Et ce serait bien dommage que, en apprenant la disparition de l’avion, ces personnes ne se soient pas présentées pour témoigner.

Quoi qu’il en soit, cette hypothèse qui n’est invraisemblable qu’en apparence, nous ramène à la question de savoir pourquoi l’équipage n’a pas écouté le sage conseil de la Tour de contrôle ? Cet équipage au demeurant venait d’embarquer à Douala, en remplacement de celui qui venait d’Abidjan. On ne peut donc pas ici évoquer une faute humaine due à la fatigue. Dans ce cas, la pression commerciale pouvait-elle être un argument suffisant pour prendre des libertés avec la vie des passagers ?

Le comportement de cet équipage, ou d’un de ses membres, et pourquoi pas le commandant de bord ressemble plus à celui d’un kamikaze… Peut-être faudra-t-il que les autorités kenyanes ou de Kenya Airways prennent cette piste au sérieux dans la recherche des responsabilités. D’autant plus qu’il y a quelques semaines des islamistes du Al-Qaeda qui s’étaient réfugiés au Kenya pour échapper à l’armée éthiopienne et américaine en Somalie, ont été arrêtés et extradés aux Etats-Unis. Des islamistes kenyans avaient alors marché, jurant de s’attaquer à certains symboles.

Le Cameroun a-t-il intérêt à passer outre la moindre piste dans cette catastrophe dont il a de nouvelles leçons à tirer pour sa politique de sécurité et de prévention ?

<B>Jean-Baptiste SIPA</B> (Source : Cameroon info.net)</I>

FACE À LA PRESSE

<B>“ Les familles seront dédommagées” </B>

“A toutes les familles endeuillées, nous transmettons les condoléances de Kenya Airways. Le Cameroun a perdu beaucoup de ses fils dans ce crash ; nous sommes de tout cœur avec vous… Nous avons pris des dispositions pour faciliter les conditions de voyage et d’hébergement des familles et proches des victimes en provenance de l’étranger”. Ces propos de Titus Naikuni, directeur général de Kenya Airways, mardi 8 mai en fin d’après-midi, montrent que la compagnie aérienne kenyane se soucie des parents des victimes du crash.

Le directeur général de Kenya Airways a aussi entretenu les hommes de médias sur le mécanisme de dédommagement des familles des victimes. “ Nous pensons qu’il est encore tôt de dire ce qui sera fait en terme de dédommagement des familles des victimes, qui seront cependant dédommagées.

Au sujet des causes de la catastrophe, le directeur général de Kenya Airways s’est refusé de spéculer. “ Soyons patients et attendons que l’enquête soit menée.

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