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Kabir Gobin ou les noces des cultures

31 août 2003, 20:00

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Kabir Gobin est sur un petit nuage. Ce grand gamin de 20 ans s?est faufilé parmi les vieux routiers responsables du spectacle de la cérémonie d?ouverture des 6e Jeux des îles. Il y a laissé son empreinte. Et de fort belle manière !

Il y a un peu plus d?un, Jean-Pierre d?Argent, le metteur en scène, assiste à un concert de Kabir au Caudan Waterfront. Séduit par sa prestation, il lui propose d?écrire la partie musicale du spectacle. L?événement est de taille et le jeune homme ne veut pas s?en priver. Ayant dans la même foulée à partir pour l?Angleterre pour des études d'Audio engineering & Recording, Kabir commence à jongler avec le temps.

Jean-Pierre d?Argent le met au parfum concernant le thème et les moindres détails du spectacle. Le canevas séduit à son tour Kabir. Il déborde d?enthousiasme. ?J?étais excité par le message à faire passer. ?

Entre deux cours, il s?attelle à son clavier. A la recherche des notes qui colleraient au thème de l?environnement et de l?unité nationale. ?Cette musique, il fallait surtout que je la visualise??. De son inspiration naissent sept morceaux dont trois sont retenus par Jean-Pierre d?Argent.

Un inconnu reconnu

Kabir n?est pas un inconnu. Mais c?est lors de sa participation à la Gamme d?Or 2001 que son talent est officiellement reconnu. Il enlève le premier prix dans la catégorie ?Meilleure découverte?. L?année dernière, il lance Mantra-Tat. C?est un album à sept titres, entièrement conçu et enregistré par le jeune musicien dans son propre home studio alors qu?il était en pleine préparation de son baccalauréat International.

?Il a tout fait tout seul?, témoigne sa mère, chanteuse durant son temps libre. ?C?est vrai, confirme Kabir, car je suis perfectionniste et j?aurais pu faire montre d?impatience si j?avais travaillé avec d?autres personnes.?

Kabir a un penchant pour la musique fusion, comme indiqué lors de sa participation à la Gamme D?or. Et la cérémonie de vendredi dernier, axée sur l?unité nationale, a été l?occasion rêvée pour débrider son imagination.

Comme dans son Mantra-Tat, on se laisse envoûter par les sonorités du djembe, du gong, de la batterie, du tabla, du piano, du violon et du mritdangam. Des noces de l?orient et de l?occident, du traditionnel et du moderne. Et sans fraudère mariaz? La musique de Kabir respire aussi l?influence de Jean-Michel Jarre. En effet, ses compositions prennent corps sur l?ordinateur et le synthétiseur. S?il avoue avoir beaucoup écouté du Jarre, enfant et adolescent, il se défend d?en reproduire le style.. ?La musique est un voyage à travers le son, explique Kabir. S?il a un peu de ce côté mélodieux et orchestral de Jarre, Kabir possède la touche orientale dans sa musique ?, confie Rhevatee Gobin qui suit de près le parcours de son fils aîné.

Un parcours musical qui ne surprend point car il est tombé dans la musique à sa naissance. Son grand-père maternel, Ramsamy Toolseeya, dirigeait dans les années 50 le Sharda Band, un orchestre populaire dans le sud de l?île et sa mère, enseignante de profession, chante dans le groupe Aarohi.

Kabir joue plusieurs instruments de musique, mais le piano demeure sa prédilection. C?est grâce à un programme d?études très ouvert au Bocage qu?il parvient à en maîtriser les techniques de base. Il se dit redevable aux différents directeurs qui se sont succédé et qui ont développé chez lui cette attirance pour le piano. ?Avoir un directeur qui joue du piano le matin à l?heure de l?assemblée, quel bonheur !?

Aujourd?hui, ce sont surtout les sons et la technique d?enregistrement qui fascinent Kabir. La musique sonne et les applaudissements du public, vendredi dernier, résonnent encore dans sa tête. Ils l?accompagneront sur le chemin de la fac qu?il reprend bientôt. ?Les études sont ma priorité car je veux devenir un professionnel de l?enregistrement.? C?est sur cette? note que nous avons pris congé.

Fusion

ça plane pour lui !

Sept morceaux qui font planer. Sur des bases rythmiques de techno, plus ou moins rapides selon les extraits, Kabir Gobin marie une multitude d?instruments d?origines diverses.

Son CD, intitulé Mantra, est un délice de fusion.

Entraînant et relaxant, il n?hésite pas à faire résonner de modernité des instruments dits traditionnels.

Et le mariage est parfait.

Kabir Gobin mise beaucoup sur les sons cosmiques du synthétiseur. Ajouté à cela, un intéressant mélange où le djembé dialogue avec le tabla, le violon et la cithare.

Comme une mise en perspective, les sons résonnent et s?enflent dans une dimension mystique, utilisés à bon escient, des autres vrais instruments.

Étrange, vous avez dit étrange?

Le premier morceau est sûrement la plus belle expression de cette fusion. Elle donne le ton dès les premières secondes.

Une corde de cithare qui gémit avant que n?enchaînent la batterie, le tabla et le djembé. Tout s?enchaîne avant de se déchaîner jusqu?à l?apaisement. Mantra, de Kabir Gobin, est un voyage vers un autre monde, fantastique et onirique, dans lequel on se laisse immerger. En attendant le prochain délice...

S.S.

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