Publicité

K. D. au secours des ?Diégo ? Pas konné !?

29 juillet 2005, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

K. D. un des plus fidèles et des plus valeureux collaborateurs de l?express des années 1980-90, vole au secours des Mauriciens ignorant tout de Diego Garcia et de la réalité chagossienne, Seewoosagur Ramgoolam compris. Le sang chagossien de K.D. (il n?y est pas né mais y a travaillé pendant de nombreuses années comme sans-filiste) se met à bouillonner en lui quand il apprend l?aveu peu glorieux de Sir Seewoosagur Ramgoolam : ?Quand banne Anglais dire moi ki zotte lé garde Diego pour zotte, mo même pas ti konné kotte ça l?archipel Chagos-là ti été. Mo nek dire oui ! Prend Diego. Donne moi l?Indépendance.?

Avec une précision de géographe et d?économiste, K.D. rappelle la réalité des Chagos aux lecteurs de l?express, en s?aidant d?une carte de l?archipel, publiée par le Hydrographic Department de l?Amirauté britannique, et datée du 30 août 1963. Preuve s?il en faut une que si SSR ignore tout des Chagos, tel n?est pas le cas du côté de Whitehall et de la Royal Navy.

A tout seigneur, tout honneur, K.D. commence sa croisière chagossienne par Diego Garcia, une île de 50 kilomètres de long (la distance routière entre Port-Louis et New Grove ou entre Curepipe et Chemin Grenier ou Vieux Grand-Port) mais large seulement d?un kilomètre et demi. L?île a la forme d?un fer à cheval plutôt tordu ou encore celle d?un pied de cheval, sabot compris.

Jadis, à l?école, on apprenait aux enfants que leur île natale est, outre la perle (chauvinisme quand tu nous tiens), la clé et l?étoile de l?océan Indien (Mare Indici). Pour justifier ces titres ronflants, les enseignants expliquaient que pour se rendre aux Indes, dans le Sud-Est asiatique, ou encore dans l?Extrême-Orient, il était plus simple pour un navire européen de faire escale au Port Louis plutôt que de doubler le Cap Horn, de sinistre mémoire. Plus pragmatique, K.D. rappelle que les Chagos se situent au milieu de l?océan Indien et à des milliers de kilomètres des pays riverains, pays Antarctiques compris. Un message reçu 5 par 5 par le Pentagone, ne goûtant guère les voisinages indésirables et qui, depuis, a transformé Diego Garcia en une sorte de porte-avions géant insubmersible et inexpugnable. De là, des bombardiers, B.52 compris, peuvent, en quelques heures, aller larguer leurs chapelets d?obus sur tout pays riverain indocéanique osant défier les USA, à la manière d?un Ben Laden, à qui on peut prêter un profil à l?Oncle Sam.

Les îles chagossiennes sont couvertes de cocotiers. Elles possédaient aussi des essences aussi précieuses que le ?bois gayac?. Elles ont été exploitées outrageusement pendant la colonisation française et ont pratiquement subi le sort du valeureux ébénier de Maurice. Elles n?ont ni sources, ni cours d?eau. Ses habitants pré-américains devaient compter sur la captation intelligente et les réserves d?eau de pluie, à moins de s?accommoder de l?eau saumâtre des puits. En 1980, il était moins question qu?aujourd?hui de dessalement de l?eau de mer.

Le lagon à l?intérieur de Diego a 19 kilomètres de long (la distance entre Port Louis et Flic en Flac) par 10 de large (la distance séparant Port-Louis de Montagne Longue). C?est un port naturel parfait. L?île peut accommoder au moins deux pistes d?atterrissage d?ordre supérieur. Le lagon peut abriter toute la flotte US de l?océan Indien. Les B.52, les gros transporteurs C.141, les avions-citernes KC 135, peuvent y atterrir sans problème, en 1980 et même après.

Mais il n?y a pas que Diego. Le groupe Peros Banhos compte à lui seul 32 îles et des récifs, plus ou moins en forme de S. L?île du Coin en est l?île principale. Salomon regroupe onze îles et des récifs en forme de fer à cheval assez refermé sur lui-même. C?est le plus bel atoll des Chagos. Un paradis. Le lagon a 10 kilomètres de long sur 5 de large. On peut y aménager une base maritime aussi avantageuse que Diego bien que plus petite (50 kilomètres carrés contre seulement 190). Ile principale : Boddam.

Les Six Iles et les Trois Frères sont des îlots inexploités depuis belle lurette. L?île Nelson ou Ile Legour, île isolée, est un sanctuaire pour oiseaux de mer. Elle peut être une base idéale pour la pêche et la capture des tortues. Elle abrite une espèce de poules rappelant la Bantam. Il y a plusieurs sanctuaires pour oiseaux aux Chagos. Parmi les autres îles chagossiennes, on peut parler des îles Danger et d?Aigle où le navire Diego fit naufrage, avec le R.P. Roger Dussercle (littéraire) à bord. Il y a le grand récif de Blenheim, plus ou moins couvert ou découvert selon les marées, et où se réfugiaient des sous-marins nazis et nippons pendant la guerre 1939-45. Un navire à voile prend toute une journée, par vent arrière, pour traverser le banc de pêche des Chagos, poissonneux à souhait. Les poissons pullulent aussi au Speakers Banks. On peut même se passer d?appâts pour y attraper des poissons particulièrement voraces.

Par ignorance, le Parti travailliste vend les Chagos aux Anglais pour seulement une roupie la toise, avec en prime ses ports naturels, ses ressources pélagiques, touristiques. Mais les Mauriciens, ignorants la réalité des Chagos sont autant coupables que SSR.

Publicité