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Jugnauth refuse direction collégiale et élections anticipées

15 janvier 2008, 20:00

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La fièvre monte à l?île Maurice. Le bras de fer impitoyable MMM-Bérenger-PSM-Boodhoo se transforme graduellement en un conflit larvé MMM-Bérenger versus MMM-Jugnauth. On accuse volontiers ce dernier de tolérance excessive à l?égard du PSM d?Harish Boodhoo. Non pas que ce dernier se soit rendu coupable d?un quelconque d?infraction à la responsabilité collective, devant souder tout gouvernement mauricien, digne de ce nom. L?aile la plus radicale du MMM reproche surtout au Premier ministre de ne pas partager son allergie croissante à l?égard de la manière de faire et de fonctionner d?Harish Boodhoo.

L?on sent qu?Anerood Jugnauth ne veut en rien renier tout ce qu?il doit au MMM depuis 1971. Ce parti lui permet certes d?occuper le fauteuil de Premier ministre à l?hôtel du gouvernement et de succéder à Sir Seewoosagur Ramgoolam à la tête du pays. Mais de là, se résigner à danser sur la musique que veut lui imposer cette aile radicale, pour ne rien dire des couleuvres qu?on lui prie d?avaler. Voilà à quoi, il se refuse avec une détermination croissante.

A l?instar de son prédécesseur aux commandes du pays, Anerood Jugnauth est un pacificateur né. Il aime donner du temps au temps et lui permettre de recoller les morceaux brisés et stupidement éparpillés. Il sait faire preuve de patience mais ne saurait accepter qu?on piétine ses plates-bandes. A la mi-janvier, il décide de faire comprendre à l?aile radicale du MMM qu?elle doit respecter certaines limites. Il y a une ligne blanche continue à ne franchir sous aucun prétexte. Il fait savoir à qui de droit qu?il ne saurait accepter une direction gouvernementale collégiale, priver Harish Boodhoo de sa fonction de vice-Premier ministre et de No 2 du GM, organiser des élections législatives anticipées à n?importe quelle condition.

Il n?est pas question qu?il accède, les yeux fermés, aux requêtes du MMM. Il dit à ceux qui réclament à cor et à cri des élections législatives anticipées : Suivez la procédure en vigueur. Déposez une motion de blâme contre mon gouvernement. Si elle est votée, je dissoudrai l?Assemblée législative et convoquerai de nouveau les électeurs aux urnes.

Il estime vital que la population soit au courant de la vraie nature du conflit qui divise et paralyse son gouvernement. Soit il est le Premier ministre, soit il est ne l?est pas. Et il ne peut l?être pleinement si on persiste à l?enfermer dans le carcan d?une responsabilité collégiale pour gouverner le pays. La Constitution de Maurice ignore d?ailleurs une telle collégialité décisionnaire.

Il considère des élections générales anticipées, un semestre seulement après le précédent scrutin législatif, comme un crime contre le pays et les Mauriciens. Elles diviseraient encore davantage la population et détruirait la réforme entreprise depuis le 11 juin 1982. Libres à ceux qui réclament des élections anticipées de prendre la responsabilité devant le peuple d?entamer les procédures d?usage pour les obtenir. Qu?ils ne comptent pas sur Anerood Jugnauth pour endosser leurs responsabilités à leur place. A eux de prendre la responsabilité devant l?Histoire de déposer une motion de blâme contre le Premier ministre.

La crise concerne davantage la conception de la fonction de Premier ministre que cultive une partie du MMM, que des relations entre ce parti et celui d?Harish Boodhoo. Jugnauth reconnaît avoir donné une grande marge de man?uvre à Bérenger. Il l?a restreinte après la crise d?octobre. Déjà, le débat tourne autour de la véritable nature de la fonction et des responsabilités du Premier ministre.

A cela, Bérenger souligne que la préoccupation majeure du MMM demeure l?unité du parti et de dégager une équipe gouvernementale homogène afin de pouvoir fonctionner comme une équipe soudée. En tant que porte-parole du MMM, il rapporte à Jugnauth que des militants considèrent que le PSM se conduit d?une manière irresponsable, dangereuse et inacceptable d?où la proposition d?évincer Harish Boodhoo comme vice-Premier ministre. Le MMM ne tient pas non plus à des législatives anticipées. Mais si celles-ci deviennent inévitables autant qu?elles aient lieu le plus tôt possible, plutôt que d?attendre inutilement six ou douze mois.

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