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Joyeuse pagaille?

17 août 2004, 20:00

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Entre 500 et 600 personnes ont bravé la fraîcheur pour assister au concert des Ti Marmit samedi, à Malabar, au centre de l?île. Ce groupe de 54 personnes ? dont 35 enfants ? s?est déplacé en bateau pour venir à Rodrigues et donner 3 concerts et un spectacle de rue à Port-Mathurin, la capitale de l?île. Sur scène, les Ti Marmit sèment avec bonheur une joyeuse pagaille. Les enfants se succèdent sur le devant de la scène pour chanter et danser sur la trentaine de morceaux qui composent le répertoire du groupe. Les adultes, en retrait, leur donnent le tempo à la guitare, à la basse et à la ravanne. Les gamins, qui ne sont pas sur scène, n?hésitent pas à se mêler au public pour inciter les gens à danser et taper dans leurs mains. C?est à l?association ABAIM qu?on doit la création des Ti Marmit.

Créée il y a 22 ans pour venir en aide aux aveugles et défendre leurs droits, cette association a peu à peu diversifié ses activités. Aujourd?hui, elle offre aux jeunes comme aux adultes de nombreux ateliers où on peut apprendre la danse, le théâtre ou la musique. Située à coté de l?école de Beau-Bassin, les bénévoles d?ABAIM se sont aperçus que l?établissement scolaire ne leur proposait presque aucune activité. Ils décident donc de créer les Saturday Care. Les Ti Marmit étaient nés. Le groupe tient son nom du premier single sorti.

Depuis, 2 albums sont venus consacrés le travail des enfants et remplir les caisses de l?association. Chaque samedi, une centaine d?enfants viennent apprendre à jouer d?un instrument, à danser ou à réciter un texte de théâtre. Kelly a 11 ans et fréquente le groupe depuis 3 ans : ?Le théâtre, c?est vraiment ce qui me plaît?, confesse-t-elle dans un sourire.

?On peut y faire passer des émotions avec son corps, avec certains gestes. Tout ça, on ne peut pas le faire en dansant?, ajoute-t-elle. Marouzia Bovéry est béné-vole à ABAIM depuis 15 ans ?Comme tout le monde dans l?association? souligne-t-elle. Venir à Rodrigues s?est fait naturellement : ?Nous avons eu des échanges avec des Rodriguais sur le thème de l?enfance et de la musique. Ils se sont ensuite mobilisés pour que nous puissions venir ici?. Cette joueuse de ravanne émérite explique que c?est dans les ateliers de musique d?ABAIM qu?elle a découvert la véritable musique mauricienne : ?Il y avait des vieux, des aveugles pour la plupart. Ils jouaient une musique différente de ce qu?on entendait ailleurs. Je suis tombée dans un monde qui n?était pas le mien mais qui m?a fascinée?. Quand on lui dit qu?elle est ?travailleur social?, elle est un peu agacée et répond du tac au tac : ?Je n?aime pas être étiquetée.Travailleuse sociale. Aider les autres et partager avec son entourage, avec les gens avec qui on vit, c?est vivre socialement ? C?est un mode de vie, pas un travail?.

A.V.

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