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Jokhoo passe à la tête du NSS

9 juillet 2005, 20:00

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C?est une revanche sur le calvaire qu?il a vécu pendant 33 mois. En effet, l?assistant surintendant de police Dev Jokhoo est désormais l?homme le plus renseigné de Maurice. De la Special Supporting Unit (SSU) où il avait été relégué, il vient d?être propulsé à la tête du National Security Service (NSS) avec l?avènement d?un nouveau gouvernement rouge.

Ancien responsable de la sécurité de Navin Ramgoolam sous le précédent gouvernement travailliste, il a été sujet à différents transferts depuis le scrutin de décembre 2000. Bardé de diplômes en matière de sécurité, il a dû quitter la Very Important Person Supporting Unit (Vipsu) pour des postes de moindre importance.

Comptant 31 ans de service ans dans la police, Jokhoo a passé la première moitié de sa carrière à la Special Mobile Force (SMF), quittant l?uniforme vert en sa qualité de Chief Clerk pour intégrer la force régulière.

Promu inspecteur en 1989, il est muté au district de Moka-Flacq à l?issue des législatives de 1991. Trois ans après, il est affecté aux postes de Trou-Fanfaron et de Vallée-Pitot, pour ensuite intégrer la SSU, en voie de réorganisation après les émeutes à Camp-Chapelon.

En 1996, toujours après les élections législatives, il se retrouve affacté au poste de police de l?Hôtel du gouvernement. De là, il passe à la Vipsu avant d?être parachuté au Prime Minister?s Office (PMO) comme principal coordinateur pour les questions de sécurité.

Promu chef inspecteur en janvier 1999, il agit comme éclaireur pour les déplacements de Navin Ramgoolam à l?étranger. Il s?occupera aussi de la sécurité des chefs d?État et de gouvernement lors des sommets de la Comesa et de la SADC à Maurice.

Dans la ligne de mire

Travaillant de concert avec l?Indien Bushan Nandy, Security Advisor, Jokhoo a été le secrétaire du National Security Committee et du National Aviation Security Committee.

C?est durant cette période qu?il sera envoyé en mission à Madagascar pour entendre Toorab Bissessur sur le triple assassinat de la rue Gorah-Issac.

Ce membre avoué de l?escadron de la mort avait alors trouvé refuge là-bas.

C?est peut-être à cause de cette mission qu?il s?est retrouvé dans la ligne de mire de Paul Bérenger en septembre 2002, alors que ce dernier est vice-Premier ministre et ministre des Finances.

Du poste de police de Terre-Rouge à la CID de Port-Louis Sud, Dev Jokhoo enquêtait alors sur le vol des billets de banque usagés aux Casernes centrales. L?affaire lui est retirée et confiée tour à tour à l?Icac et au Central CID.

Il retournera au poste de Terre-Rouge, ses proches étant intervenus auprès du commissaire de police pour qu?il ne soit pas envoyé à la SMF pour raisons personnelles. Son épouse était alors gravement malade et il devait être près d?elle pour lui donner ses médicaments.

Au Parlement, lors des Private Notice Questions (PNQ), Paul Bérenger et Navin Ramgoolam étaient à couteaux tirés sur l?affaire des billets de banque. L?opposition travailliste accusait alors Paul Bérenger d?être intervenu pour que Vijay Sonah, cadre de la Banque de Maurice, responsable de la destruction de billets, ne soit pas détenu.

Lors des vifs échanges de propos, Paul Bérenger n?était pas passé par quatre chemins pour accuser Dev Jokhoo d?avoir eu un « agenda politique » dans cette affaire. Il a même déclaré que « de son point de vue », l?officier de police Jokhoo avait été envoyé à Madagascar pour « mess up the revelations » que Toorab Bissessur voulait faire.

Le 28 octobre 2002, Jokhoo sera envoyé à la SMF. « De Pamplemousses, il emmenait sa femme avec lui. Elle restait toute une journée à dormir en voiture car il devait lui donner ses médicaments à des heures précises? C?était de la victimisation caractérisée contre cet homme », commente, indigné, un de ses proches.

Depuis, l?épouse de Dev Jokhoo s?est éteinte et l?officier avait été placé à la SSU, affecté la tête d?une compagnie de la SSU. Jusqu?au scrutin de dimanche, ou le vent a de nouveau tourné pour lui.

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