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Jodhaa Akbar

22 février 2008, 00:00

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Meme lorsqu?il s?agit de raconter une histoire d?amour, les scènes de bataille sont souvent une sorte de passage obligé, dans ce genre de film. Celle qui ouvre Jodhaa Akbar, film épique d?Asutosh Gowariker, arrive presque au niveau de Troie ou d?Alexandre. Le nombre y est, les costumes (armures, casques, côtes de maille, etc.) y sont et ils sont impressionnants ; même chose pour les armes et il y a aussi des éléphants. Dans un souci de réalisme, le metteur en scène a même pensé aux petits détails sanglants (on n?ira pas chipoter sur la couleur du sang) qui ici, sont réussis. On pourra toujours trouver contestable cette idée de filmer la collision des deux armées du point de vue d?un combattant «tombé au champ d?honneur». Mais l?autre idée, celle de montrer les combats vus directement d?en haut, est excellente. Il manque cependant à tout cet ensemble un élément essentiel : la rapidité.

Jodhaa Akbar raconte l?histoire au XVIe siècle de notre ère, de l?empereur Moghol Jalaluddin Akbar (Hrithik Roshan) et de la princesse Rajput Jodhaa (Aishwarya Rai), qui se retrouvant pris dans un mariage d?alliance stratégique entre les deux royaumes, finiront par se découvrir et par s?aimer. Bien sûr, il s?agit de la grande Histoire vue par Bollywood (et Hollywood l?aurait probablement vue de la même façon). Mais, les historiens ne s?accordant pas sur la vraie version de cette histoire (ou même sur le véritable nom de la princesse), on n?en voudra pas aux auteurs d?avoir choisi la version la plus romanesque. Un tel sujet implique toutefois des personnages secondaires importants et des descriptions du contexte social et historique pour une meilleure compréhension des enjeux. Ce qui alors peut donner lieu à d?autres récits secondaires capables d?enrichir un film ou de le démolir.

Se retrouvant devant certains choix, les scénaristes de Jodhaa Akbar n?ont, probablement, pas voulu prendre certaines décisions trop douloureuses. Ainsi, l?installation de la princesse Jodhaa à la cour des Moghols prend une partie importante des trois heures et vingt minutes du film et le spectateur doit, pendant ce temps, juguler son impatience de voir commencer réellement les choses entre elle et l?empereur. Mais en même temps, les décors sont impressionnants (l?intérieur du fort Rouge reconstitué ?). On découvre, fasciné, les coutumes et le protocole de la cour (la splendide voix du héraut !) et on redécouvre aussi les origines de mots comme «dexi» ou «divan». Ce qui n?est pas sans évoquer Marie-Antoinette, sauf qu?ici, tous ces personnages font preuve de beaucoup plus de dignité.

De la même façon, les actions du prince Rajput écarté du trône, tendent à nous éloigner de l?action principale. Mais, en le suivant au fil de ses alliances avec les rois ou princes rivaux des Moghols, on saisit un peu les enjeux politiques de l?Inde du XVIe siècle et on comprend la fragilité de tous ces royaumes.

Reste que tout cela vient gêner l?histoire d?amour entre l?empereur musulman et la princesse hindoue, celle-ci se révélant assez simplette et convenue. Mais le film donne aux deux acteurs principaux quelques beaux moments ensemble. Hrithik Roshan est très impressionnant en empereur Moghol, habitant littéralement son personnage au point qu?on craint un peu pour sa santé (le cas de Charles Boyer interprétant Napoléon). Aishwarya Rai, elle, a moins à faire, se contentant d?être Aishwarya Rai filmée sous toutes les coutures et tous les éclairages. Mais elle le fait si bien. Quant aux rôles secondaires, ils sont tous impeccablement tenus. En ajoutant à cela une bien belle musique et quelques ravissantes chorégraphies, Jodhaa Akbar est un film qui vaut largement le prix du ticket d?entrée.

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