Publicité

Jeu d?intrigues

4 avril 2006, 00:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

L?accord passé entre le PTr et le PMSD a créé la surprise. Rien ne prédisposait le leader de la majorité à accueillir le parti de Maurice Allet dans son camp. Pour Navin Ramgoolam, le butin est relativement insignifiant mais les inconvénients risquent d?être nombreux. Le PMSD est un poids plume incapable d?aider l?Alliance sociale à étendre son audience électorale. Cependant, il faudra désormais penser à lui lors de la distribution des récompenses. Le Premier ministre aura ainsi à satisfaire un nouveau partenaire alors qu?il en compte déjà beaucoup avec de grands appétits.

La politique étant un jeu d?intrigues, il y a sans doute une tactique bien calculée derrière l?invitation faite par le leader du PTr au PMSD à rejoindre sa barque déjà pleine. La plus probable tiendrait à une volonté de Navin Ramgoolam de trouver un contrepoids au PMXD. Le parti de Xavier Duval est, depuis les législatives, une composante indispensable de l?Alliance sociale et son pouvoir de marchandage s?en est trouvé renforcé. Avec l?arrivée de Maurice Allet dans l?Alliance sociale, le leader du PTr n?a plus le souci de dépendre à ce point de son vice-Premier ministre, Xavier Duval. Les grincements de dents de ce dernier ne feront plus peur à Navin Ramgoolam maintenant que l?attelage de la majorité est doté d?une roue de secours.

Quant à la motivation de Maurice Allet, on saura assez vite si c?est la promesse d?un fauteuil ministériel qui l?a séduit. En attendant, beaucoup se demanderont si l?opportunisme est à l?origine de son changement d?allégeance politique. En tout cas, sauf une totale remise en cause des convictions fortes qu?a portées son parti historiquement, il utilisera sans doute sa proximité nouvelle avec le pouvoir pour amener celui-ci à revoir sa politique éducative favorisant les élites.

Allet parti, les événements s?enchaînent. Dans l?opposition également, les jeux d?intrigues peuvent connaître un dénouement important. L?incertitude autour du poste de leader de l?opposition devrait se dissiper ce matin après la réunion du bureau politique du MSM. Ce parti devrait, à cette occasion, retirer son soutien à Paul Bérenger.

Avec ses 12 députés, contre 10 au MMM, le MSM peut se prévaloir des dispositions légales pour revendiquer le poste. La Constitution est claire sur la question : ?Where the President, acting in his own deliberate judgment, considers that a member of the Assembly, other than the Leader of the Opposition, has become the leader in the Assembly of the opposition party having the greatest numerical strength in the Assembly or, as the case may be, the Leader of the Opposition is no longer acceptable as such to the leaders of the opposition parties in the Assembly, the President may revoke the appointment of the Leader of the Opposition.?

La difficulté du MSM sera de désigner un chef de file qui préparera en fait le terrain pour son leader, Pravind Jugnauth, en vue des législatives de 2010. Si l?on ne tient pas compte de Leela Devi Dookun, le candidat de compromis, la course reste ouverte entre Nando Bodha et Ashock Jugnauth.

Ce sera dur pour son ego mais Pravind Jugnauth pourrait finalement opter pour son oncle comme chef de file du MSM s?il veut ménager ses relations avec le MMM. Cela aidera à préserver une apparence d?unité au sein de l?opposition. De plus, Ashock Jugnauth nourrit des ambitions personnelles qui pourraient l?amener à manifester une certaine amertume et gêner son parti si ce dernier lui préfère Nando Bodha.

La politique reste vraiment un domaine qui intrigue. Nous voilà avec une majorité forte qui continue à se consolider et une opposition faible qui reste minée par des querelles internes.

Publicité