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JEC : ?Le pays a trop longtemps vécu au-delà de ses moyens ?

27 septembre 2006, 00:00

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Le pays doit s?éveiller à la dure réalité des choses. Le Joint Economic Council (JEC) tire la sonnette d?alarme. Le pays a vécu au-delà de ses moyens pendant trop longtemps, soutient-il. Il est plus que temps de s?ajuster aux nouvelles conditions économiques.

La principale organisation des opérateurs s?inquiète que la population n?ait pas encore pris la mesure de nos difficultés. Les salariés et les consommateurs devront comprendre l?urgence des réformes et être prêts à faire des sacrifices. ?Il faut que les gens se rendent compte que sans les réformes, la situation va être pire à l?avenir?, insiste Jacques de Navacelle, président du JEC.

Le pays ne peut plus rééditer son succès économique des années 80 et 90. Les règles du jeu ont changé, de même que les recettes du succès. Raj Makoond, directeur de l?organisation, situe les programmes de restructuration dans leur contexte : le modèle économique, basé sur les préférences et la main-d??uvre peu formée, a fait son temps. Il faut maintenant trouver un nouveau modèle économique construit sur la compétitivité réelle des salariés et des entreprises. ?La population croit toujours que ce modèle qui a assuré la prospérité économique dans le passé est éternel. Il faut faire comprendre aux gens que ce temps-là est terminé.?

Le JEC rappelle que les signes de cette fin de cycle, visibles depuis quelque temps, se traduisent par des indicateurs macroéconomiques fort inquiétants. Notamment, avec un taux de chômage autour des 10 %, un déficit public de 6 % du produit intérieur brut, une croissance pâle de 3 % , un taux d?investissement de 21 %, largement en dessous du niveau sécurisant de 30 % et un taux d?épargne inquiétant de 15 %.

La voie de la croissance

?La continuité de ce modèle veut dire la poursuite des pertes d?emplois, sans de nouvelles possibilités d?investissement?, déplore Jacques de Navacelle. Seules des réformes rapides et en profondeur pourront relancer la machinerie et faire retrouver la voie de la croissance, le plein emploi et des finances publiques saines. ?Face aux dangers de perte d?emplois continue, il faut reconnaître la nécessité des réformes en profondeur pour relancer la création de la richesse.?

?Où trouver l?argent maintenant ??

Réformer c?est aussi se poser des questions de fond sur le système social existant. ?Avec les préférences, il y avait un surplus d?argent pour financer les subventions. Où trouver cet argent maintenant ? demande Raj Makoond. Notre modèle de l?Etat providence n?est plus viable dans ces conditions. Le système doit être remodelé pour qu?il puisse correspondre à la réalité.?

Les conditions de travail et les droits des travailleurs doivent aussi s?aligner sur la nouvelle configuration. ?Grâce aux préférences, le salarié obtenait une rémunération supérieure à son niveau de compétences?, fait ressortir le directeur du JEC. La dérégulation de l?emploi devrait, dans une certaine mesure, ramener les choses à leur juste proportion.

L?emploi reste une préoccupation majeure du gouvernement et des opérateurs. Il faut certes créer de nouvelles opportunités d?embauche pour les jeunes qui entrent sur le marché de l?emploi pour la première fois. Une des tâches prioritaires est de régler le paradoxe entre le chômage et le manque de bras dans certains secteurs. ?Il y a un break-down dans le système d?information de notre marché du travail, d?où l?inadéquation entre l?offre et la demande de la main-d??uvre?, explique Raj Makoond.

Le facteur de mauvaise image de certaines activités, dont le textile, alimente le déséquilibre. Il faut aussi changer certaines perceptions pour faire les Mauriciens retourner dans les usines de textile, dit le JEC. ?On ne parle pas souvent du nouveau textile, c?est-à-dire des groupes qui investissent massivement dans l?industrie comme Star Knitwear, la Compagnie mauricienne de textile, Denim des îles et CIEL Textile?, déplore Jacques de Navacelle.

Pour celui-ci, ces groupes représentent une nouvelle génération du textile-habillement. Il y a des opportunités d?embauche pour des gens formés dans les nouvelles techniques de fabrication et dans les métiers à valeur ajoutée tels le design et la mode.

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