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Jean-Claude Spéville : Il nous a mis la fièvre !
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Jean-Claude Spéville : Il nous a mis la fièvre !
Pour être élu sportif du mois l?express-Powerade, il ne suffit pas de gagner. Il y a d?autres critères comme le courage, l?abnégation, le charisme, la générosité, l?innocence. Bref, tout ce qui fait la beauté du sport. Pour le mois de mars, n?ayons pas peur des mots, l?ensemble de la rédaction sportive de l?express est tombé sous le charme de l?innocence de Jean-Claude Spéville, pourtant vaincu par le Champion d?Europe, Bakari Tounkana, lors de la Nuit des Champions. L?exploit sportif ne se résume pas à la victoire uniquement?
On aurait facilement versé une larme pour lui à l?issue de son combat face au champion d?Europe professionnel, Bakari Tounkana. Le sourire dubitatif, il refait le combat dans sa tête? Il réalise qu?il lui aurait suffi d?un coup, d?un tout petit coup, pour mettre k.-o le champion d?Europe qu?est le gigantesque Français, Bakari Tounkana.
Il s?entraîne seul !
« J?espère que l?île Rodrigues n?est pas trop déçue? » Ce sont là ses premiers mots. Mais, franchement, qu?a-t-il à se reprocher ? Cet autodidacte du kick-boxing a poussé un champion d?Europe dans ses derniers retranchements. Que demander de plus ? La victoire, mais elle est déjà acquise. N?est-ce pas la plus belle des victoires que de voir l?un des siens mettre en péril la suprématie européenne ?
Timidement, Jean-Claude Spéville murmure : « Je ne suis pas trop déçu. Il était plus expérimenté que moi, et puis ce n?est que mon troisième combat. »
« J?ai essayé de le mettre k.o à la troisième reprise, mais malheureusement, je n?y suis pas parvenu », confie Jean-Claude Spéville, qui, avec du recul, commence à comprendre qu?il a fait un somptueux combat. « Je suis satisfait ! », lâche-t-il d?un coup en retrouvant le sourire.
En effet, abasourdi par les coups du Rodriguais, originaire d?Orange, Bakari Tounkana, le dominateur, s?est rapidement retrouvé en plein cauchemar.
À 30 ans, Jean-Claude Spéville ne compte que cinq ans de kick-boxing. Après des débuts en boxe française il y a une dizaine d?années, Jean-Claude se tourne vers le kick-boxing. « Je me suis dirigé vers le kick-boxing par manque de combats et de compétition en boxe française », confie-t-il.
C?est à vingt minutes de marche, à Baladirou, que Jean-Claude Spéville a rendez-vous chaque jour avec son ... sac. Oui, son sac...
« À Rodrigues, je n?ai pas d?entraîneur. Je m?entraîne seul ! », raconte-t-il. Comment ne pas être admiratif face à ce kick-boxeur qui vit sa passion à fond, malgré les nombreuses barrières qui se dressent devant lui. Cet homme qui n?a pas de coach et qui pourtant a failli s?offrir un champion d?Europe, on se croirait dans un film de Jean-Caude Van Damme.
Mais où trouve-t-il ce courage, cette force, pour s?entraîner et affronter seul cette discipline réputée pour être rude ? C?est sans doute la passion. Mais, une chose est sûre, il fallait avoir une sacrée dose de courage pour oser se jeter dans l?arène et affronter cette bête féroce qu?est Bakari Tounkana, et, surtout, arriver presque à le dompter. Jean-Claude Spéville, un exemple à suivre?
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