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?Je suis inquiet pour la rentrée 2006?
● Quelles sont vos priorités du moment ?
Nous devons d?abord répondre aux aspirations des étudiants, des parents et des stakeholders dans un contexte de globalisation. Il s?agit d?atteindre une world class education pour relever les défis de l?avenir.
● Le transport gratuit des étudiants en septembre, est-ce réalisable ?
Cela ne sera pas parfait dès le départ, mais des améliorations seront apportées progressivement. Le comité présidé par le vice-Premier ministre Rashid Beebeejaun étudie toutes les options pour l?application dès la rentrée.
● Et la mise en pratique ?
Nous pourrions faire des remboursements, mais cela prendra plus de temps parce que nous avons besoin de renseignements spécifiques. La seconde option nécessite un accord avec les compagnies de bus à qui nous payerions une somme d?argent pour le transport gratuit. Nous n?en sommes pas encore arrivés à une recommandation ferme.
● Les ?Form VI? colleges abolis, comment ferez-vous l?admission en ?Form I? ?
Les enfants continueront à aller en Form I avec le même système de grading. Nous pourrions y apporter des améliorations. Il n?est cependant pas question de réintroduire le ranking. Nous avons pris l?engagement de retourner vers des collèges de Form I à VI à partir de janvier 2006.
● Pourquoi ?
Le système actuel ne départage pas assez les meilleurs. Il faut reconnaître les performances de ceux qui font le plus d?efforts.
● Vous êtes pour l?élitisme ?
Nous ne prônons pas de collèges d?élite. C?est du passé. La qualité des établissements secondaires dans leur ensemble doit, elle, s?améliorer.
● Votre programme semble opter pour la continuité?
Non. Il y a des changements fondamentaux. Pendant quatre ans et demi, notre système d?éducation se résumait à des mesures ponctuelles : mettre fin au ranking, régionaliser les admissions? En termes de programme, rien n?a été fait. Il y a un déphasage entre le curriculum et la réalité des étudiants. L?éducation ne se résume pas qu?à la construction de collèges.
● Ils devaient permettre la scolarité obligatoire jusqu?à 16 ans...
Mais il y a eu de très grosses lacunes dans la planification, un retard considèrable. Je suis inquiet pour la rentrée 2006. Les enfants qui entrent en Form I risquent d?être confrontés à un problème d?espace. Les techniciens travaillent pour qu?il y ai t une rentrée raisonnable. En ce qui concerne les enfants qui vont en Form IV pour apprendre les sciences, les facilités laissent à désirer. J?ai demandé aux techniciens un plan d?urgence. Je suis prêt à expliquer aux parents quelle est la situation dont j?ai hérité. Je ne veux pas être tenu pour responsable des actes de mon prédécesseur.
● A la rentrée 2005, il n?était pas question d?un problème de places.
Les enfants ne doivent plus être traités comme des nomades. Ils doivent être physiquement dans le collège où ils sont inscrits. Nous allons terminer ce qui était prévu, mais nous n?allons pas nous lancer dans la construction d?autres collèges.
● Comment assurer l?éducation jusqu?à 16 ans ?
J?ai demandé à mes techniciens un rapport sur le sujet et nous apporterons les changements nécessaires à la lumière des conclusions.
● Que ferez-vous des Zones d?éducation prioritaires (ZEP) ?
Le programme d?études n?est pas différent du programme classique. Les profs ne sont pas formés pour travailler avec des enfants qui ont des spécificités. Le carnet de santé n?a jamais été concrétisé et on a également connu des cas d?empoisonnements. Dans beaucoup d?écoles, l?implication des parents est marginale. La structure dans son ensemble ne fonctionne pas. Le projet sera donc conservé mais amélioré.
● Et quid du projet prevoc ?
Ce n?est pas un mauvais concept mais là encore il n?y a pas eu de programme d?études adapté et les profs n?ont pas été formés. Où ira l?enfant après le prevoc ? Ils sont venus en catimini avec le foundation course de l?IVTB, mais les données montrent que les enfants ne parviennent pas à s?intégrer. Les polytechniques leur donneront de meilleures perspectives d?avenir.
● Doit-on utiliser le créole comme médium d?enseignement ?
Dans beaucoup d?écoles pré-primaires et primaires le créole est utilisé pour enseigner et cela ne pose pas problème. On observera la situation pour ensuite définir une politique.
● Quelle position adopterez-vous sur le préprofessionnel à l?école ?
Je ne veux pas apporter de changements brusques. Il faut d?abord résoudre les problèmes immédiats.
● Vous êtes attaché au sort des polytechniques ?
Il y a déjà trois polytechniques qui fonctionnent depuis un certain temps. Un autre a été lancé il y a quelques mois sur une base pilote par le précédent gouvernement. Le concept est bon, mais la planification mauvaise. L?inscription est très faible. Dix polytechniques, que nous appellerons Institutions de formation et d?Education tertiaire, auront différentes vocations techniques pour produire des compétences en middle management. Ce sera une ouverture pour ceux qui ne réussissent pas académiquement et pour ceux qui veulent une alternative au Higher School Certificate après avoir obtenu un School Certificate.
● Quel sera le rôle du privé ?
Il faut une complémentarité entre le public et le privé. Mon prédecesseur a laissé l?impression qu?il était plus concerné par le public et cela a créé pas mal d?inquiétudes. Nous souhaitons une meilleure éducation dans le public et laisser le privé travailler.
● Vous avez à c?ur l?enseignement de la science et la technologie...
Pour le développement de notre économie et notre positionnement à l?international, l?enseignement de ces sujets est primordial. Il est urgent que nous adoptions une politique pour intéresser davantage les jeunes aux sciences. Ce sera un pan important du renouveau curriculaire. L?aspect environnement sera également un axe essentiel tout comme l?éducation physique.
● Reverrez-vous le statut des enseignants ?
Nous avons parlé d?un plan de carrière. A travers une formation continue nous leur donneront plus de perspectives. Il faudra discuter de la possibilité pour des enseignants du primaire d?enseigner au secondaire.
● Votre ?white paper? différera-t-il de celui fait par l?ancien régime ?
Ils sont partis sans l?avoir publié. Nous allons prendre en considération le travail fait, mais nous allons également amener notre réflexion sur le sujet. Un point qui doit être présent c?est une synergie entre les institutions tertiaires qui opèrent de manière isolée pour le moment. Nous ne pouvons permettre des répétitions inutiles du travail. Nous parlons également de partenariat stratégique avec des institutions internationales de renom à travers le knowledge hub. Maurice a le potentiel de devenir un centre d?excellence dans certains créneaux et d?attirer des étudiants étrangers. Notre objectif est d?avoir 10 000 étudiants dans le tertiaire. Il y en a 2 000 actuellement.
● Le ?knowledge hub? fera-t-il venir des institutions prestigieuses ?
Permettre aux grandes institutions internationales d?ouvrir des antennes ici est une politique que nous allons poursuivre. Le knowledge hub ne consiste cependant pas qu?à attirer des institutions. Ils peuvent développer des partenariats ici pour travailler en complémentarité avec des institutions déjà présentes.
● A quoi servira le développement des ressources humaines ?
Il permettra de revoir nos besoins en fonction de la conjoncture et rendre Maurice compétitive. L?IVTB aura à revoir ses orientations et venir avec de nouveaux programmes plus en phase.
● Qu?en est-il de l?Open University proposée par l?ancien régime ?
Le concept est bon, mais j?ai beaucoup de réserves sur la question. Il faudra remettre le projet sur les rails dans de bonnes conditions.
Propos recueillis par Patrick HILBERT
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