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Interdire la pub sur l?alcool préoccupe les opérateurs
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Interdire la pub sur l?alcool préoccupe les opérateurs
Censure. Le ministère de la Santé a lancé l?idée de bannir la publicité sur les boissons alcoolisées. Des amendements proposés au Health Act pourraient aller en ce sens. Le ministère a invité les commentaires des parties concernées sur la question. Le délai pour la soumission des suggestions a expiré le 31 janvier. Les fournisseurs et les publicitaires trouvent que la proposition d?interdire la publicité est une mesure extrême qui ne va pas résoudre le problème d?abus d?alcool.
Si les opérateurs apprécient les préoccupations du ministère de la Santé concernant l?abus d?alcool et la consommation des boissons alcoolisées chez les mineurs, certains aspects de l?amendement proposé les inquiètent. «Des aspects dans la loi proposée nécessitent des discussions plus approfondies. Il faut se garder de faire du copier-coller des textes de loi sur les cigarettes qui existent ailleurs. Je ne pense pas que le modèle est approprié pour les boissons alcoolisées», souligne Richard Wooding, Chief Executive Officer (CEO) de Phoenix Beverages Ltd. (PBL).
Les publicitaires sont naturellement très préoccupés par toute la question. Interdire la publicité sur l?alcool a des conséquences commerciales considérables. Pour Priya Thacoor, directrice de P&P Link et présidente de l?Association of Advertising Agencies (AAA), interdire la publicité aura des effets contre productifs par rapport aux objectifs recherchés.
«C?est une manière d?empêcher les gens d?avoir des informations sur les produits et sur les nouvelles variétés de boissons.» Il est important que les producteurs de boissons alcoolisées puissent communiquer l?existence de leurs produits et sur les produits à venir. Ainsi que sur les innovations qui, d?une certaine manière, pourraient aider à promouvoir une consommation saine et responsable.
«Le marché de la bière aux Etats-Unis, par exemple, est dominé par les produits dits light beer. Les boissons ont un taux d?alcool et de sucre moins élevé. Ces innovations doivent être communiquées. Sans la publicité, les consommateurs ne seraient pas au fait de ces nouvelles tendances», soutient Richard Wooding.
L?information et l?éducation sont essentielles à la lutte contre l?alcoolisme. Des sociétés comme PBL, propriétaire de la plus grande brasserie du pays, se disent prêtes à collaborer avec le gouvernement pour améliorer la communication et la sensibilisation aux dangers de l?abus d?alcool. «C?est la politique que nous menons à la PBL.»
Si la publicité est vitale, dans ce combat, encore faut-il qu?elle soit plus responsable. Les prestataires de services publicitaires en sont conscients. «Nous prônons la modération. Nous avons arrêté de faire de la publicité qui vise à encourager une consommation de quantité. Par exemple, nos membres ne font plus des messages publicitaires du genre buy two get one free», explique la présidente de l?AAA.
Les fabricants locaux de boissons alcoolisées estiment que sans la publicité, leurs produits seront désavantagés par rapport aux marques internationales. «Celles-ci vont continuer à toucher le public mauricien à travers les chaînes satellitaires notamment. Les marques internationales sont très visibles dans les manifestations sportives et autres et qui sont diffusées à Maurice. Les produits mauriciens vont définitivement souffrir de cette discrimination», s?inquiète le patron de PBL.
Les fabricants et distributeurs de boissons alcoolisées sont aussi perturbés par la proposition des autorités d?avoir des zones séparées pour les boissons alccolisées dans les points de vente. La plupart des boutiques et des tabagies auront du mal à accommoder une telle exigence de par l?éxiguité de l?espace qu?elles occupent généralement. Très souvent, une seule personne gère les lieux et cela pourrait s?avérer très inconfortable pour les commerces.
L?industrie souhaite reprendre la discussion sur le sujet avec le ministère de la Santé. «Je suis optimiste que nous arriverons à trouver un terrain d?entente», déclare Priya Thacoor.
«Maurice est une société moderne qui sait apprécier les valeurs de la liberté. La proposition concernant la publicité est une mesure extrême qui ne correspond pas aux meilleures pratiques internationales», commente, pour sa part, Richard Wooding. Il indique que plusieurs études entreprises ailleurs dans le monde ont démontré que l?interdiction de la publicité sur l?alcool n?a guère amené une réduction dans la consommation de boissons alcoolisées.
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