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Intercollèges : passer de l?émotif au rationnel?
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Intercollèges : passer de l?émotif au rationnel?
<B>Reynolds QUIRIN</B>
Cela fait plus d?une décennie que l?on fleurit, le coeur en peine, la tombe des inter-collèges. A voir l?évolution de ces dernières années, on risque fort de fleurir une deuxième tombe, celui de notre sport. Car il faut bien l?avouer : le destin des intercollèges et celui du sport mauricien sont indubitablement liés. C?est une évidence, sauf pour nos décideurs. Il est donc temps d?expurger cette frustration si longtemps emprisonnée. C?en est trop !
Pendant de longues années, on nous a expliqué les raisons ? évidentes selon ceux qui ont porté à la guillotine l?ancienne formule ? qui ont conduit vers l?orientation actuelle des inter-collèges. Pourtant, quinze ans après, la pilule n?est toujours pas passée?
On en vient hélas à la conclusion que cette rupture avec l?ancienne formule des intercollèges a toujours rongé le sport mauricien. En fait, dès qu?un problème survient on l?ignore, on le contourne. Nos décideurs se laissent embarquer dans une euphorie inexplicable qui les guident à trancher sous le coup de l?émotion et à prendre des décisions inadaptées.
Au lieu de résoudre les problèmes liés aux intercollèges, on les a purement et simplement abolis. Au lieu de trouver des solutions aux troubles isolés du football mauricien, on a suspendu le championnat et opté pour une nouvelle formule avec les conséquences que l?on connaît tous.
Pour reprendre cet exemple, on a voulu nous faire croire que la violence des supporters était ingérable pour nous vendre aujourd?hui une D1 "régionalisée", mais totalement aseptisée, dénuée de toute passion.
Aujourd?hui, le public a perdu tout respect et tout intérêt pour notre football local. Un constat qui gangrène hélas tout notre sport. Il est évident que ça n?a jamais été le fort de nos décideurs de trouver des solutions. Il est tellement plus simple d?éviter les problèmes. De faire semblant de ne pas les voir. Pris dans cette spirale émotive, le sport mauricien risque de mourir à petit feu sous le regard impuissant d?une génération de sportifs.
Et voilà que le ministère de la Jeunesse et des Sports veut cette fois organiser des Inter Colleges Games sur trois jours (17 au 19 juin) où six disciplines seront concernées : athlétisme, badminton, basket-ball, football, volley-ball et tennis de table.
Bonne initiative mais, une fois encore, ils font fi des réalités du sport scolaire. Comment est-il possible d?organiser, en simultané, une compétition impliquant six disciplines ?
Sont-ils conscients qu?au niveau du sport scolaire, les mêmes élèves font partie de l?équipe d?athlétisme, de football ou encore de volley-ball ?
Comment les profs d?EPS vont-ils gérer leurs étudiants si ceux-ci doivent être sur plusieurs sites de compétition en même temps ? Tout ça pour dire qu?il est impossible d?organiser des "Jeux intercollèges" sur trois jours avec une telle formule. Formule qui ressemble davantage à un coup d?éclat sans rien apporter de nouveau pour la relance de notre sport.
Il est évident qu?il faut impérativement un retour à l?ancienne formule, qui ne s?étendrait pas seulement à l?athlétisme, mais à toutes les disciplines, pour redonner du souffle à l?initiative des intercollèges.
Du temps de l?ancienne formule, c?était tellement simple pour les techniciens des fédérations sportives de détecter les nouveaux talents du sport local. Les profs d?EPS effectuaient une première sélection pour déterminer les étudiants qui allaient défendre les couleurs de leur collèges. Il suffisait alors aux techniciens nationaux de repérer les meilleurs et de les former. Simple comme bonjour.
Depuis la disparition des intercollèges, il n?y a plus de détection. Les fédérations sportives mauriciennes n?ont jamais jugé nécessaire de s?y investir, d?organiser des compétitions par tranches d?âges après la fin des intercollèges. D?où le manque de relève aujourd?hui et les échecs à l?échelle régionale.
Voilà la source du déclin de notre sport.
Il faut comprendre que le sport local est un tout. Il dépend des fédérations sportives qui, elles-mêmes, dépendent des intercollèges, anti-chambre destinée au premier écrémage des talents.
Il est impératif de revenir à cette formule gagnante afin de sauver notre sport de ce marasme qui se profile depuis un certain moment déjà. Mais, là aussi, il faudra une bonne dose de patience et consentir de nombreux sacrifices pour combler un retard devenu quasi abyssal.
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