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?Intelligent best loser system?

1 juillet 2005, 00:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

par Pauline ETIENNE

D?une manière générale, il est flatteur de voir Maurice citée en exemple dans un journal étranger. D?autant plus lorsqu?il s?agit de la déclaration d?une haute personnalité telles que Mike Moore. Ancien Premier ministre de la Nouvelle-Zélande et ex-directeur général de l?Organisation mondiale du commerce, Mike Moore a fait les éloges de notre ?petite île intelligente? dans le ?New Zealand Herald?? Termes élogieux mais surprenants, dès lors que l?on se rend compte que ce qu?il apprécie chez nous, c?est notre très controversé ?best loser system? (BLS).

Concédant que le nom donné à ce système n?est pas très gratifiant, Mike Moore considère néanmoins que Maurice a trouvé le meilleur moyen de s?assurer que toutes les communautés soient représentées de manière équitable à l?Assemblée nationale. En ces temps où l?on parle beaucoup de l?abolition de ce système jugé archaïque, il est assez étonnant d?entendre ce genre de discours. Tant le Premier ministre mauricien que le leader de l?opposition se sont même retrouvés sur la même longueur d?ondes quant à la volonté de voir disparaître ce système.

Celui-ci contient plusieurs paradoxes. Il y a d?abord le fait qu?un candidat soit déclaré député sans avoir été élu. Et puis, pourquoi quelqu?un, censé représenter la population dans son ensemble, peut-il être élu au parlement grâce à son appartenance ethnique ?

Dans son rapport sur la réforme électorale, Albie Sachs précise que la majorité de ceux ayant soumi des propositions à la commission trouvent que le BLS est dépassé et qu?il injecte, de manière formelle, une dose de communalisme dans la Constitution. Selon eux, ce système est d?autant plus condamnable qu?il se base sur des données vieilles de plus de 30 ans. Ce qui était peut-être acceptable en 1972 ne l?est plus dans le contexte d?aujourd?hui. Même la minorité qui s?est déclaré en faveur du BSL admet ne pas adhérer au principe, mais elle pense qu?il permet de rassurer une ou plusieurs communautés, dans certains cas.

Mike Moore voit le système électoral de l?extérieur. Il se base sur des cas, tels que la Nouvelle-Zélande ou certains pays d?Europe, où l?immigration est un ?nouveau? phénomène. Dans de telles configurations, il est effectivement important que tout le monde se sente représenté. Dans son article, Mike Moore parle de sociétés comprenant des différences profondes en termes de races, de religions, de langues et de coutumes.

Il est vrai que Maurice est riche de différentes cultures ayant, dans certains cas, des traditions différentes. Mais elle s?est justement construite autour de personnes d?origines différentes. Aujourd?hui, toutes ces personnes sont censées avoir une histoire commune. Comme le souligne le rapport Sachs, ?le BLS a fait son temps et dépassé son objectif initial. Il devient en fait de plus plus contre-productif?.

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