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Inondations : la police submergée par les rapports à rédiger

2 avril 2008, 20:00

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Ils sont des centaines à s?être inscrits pour recevoir l?aide de Rs 5 000 que le gouvernement a promise aux victimes des inondations. Cinq cents selon le ministère de la Sécurité sociale alors que mercredi après-midi, rien que pour la région nord, la police avançait un chiffre de 700. S?ils sont 388 familles à avoir déjà bénéficié de cette «aide exceptionnelle» de l?Etat, d?autres attendent encore de recevoir la visite des policiers afin que leur dossier soit transmis au ministère de la Sécurité sociale. Car sans le rapport préalable de la police, aucun déboursement ne sera fait. Ce afin de prévenir les abus.

Parce qu?ils n?avaient pas encore reçu la visite des policiers et étaient persuadés qu?après mercredi, il ne leur serait plus possible de percevoir cette aide, en fin d?après-midi hier, une quarantaine de personnes habitant Terre-Rouge ont débarqué au poste de police de la localité. C?est au headquarters de Piton qu?il leur a été expliqué que la police est toujours en train de procéder aux enquêtes. C?est également le cas à Mon-Goût, pourtant l?une des régions les plus sinistrées. Ainsi qu?à Brisée-Verdière où les «sinistrés» attendent la venue des policiers afin de reprendre le cours normal de leur vie.

<B>Endettement</B>

«Mo gagne per met lord. Tension letan la polis vini, li dir mwa pane gaigne dega», explique Stella Veeren. Il a fallu trois déplacements à Kavita Pardasseea pour que finalement les policiers viennent. Trois jours pendant lesquels elle n?a pu aller travailler. Idem pour Vidyanand Beegun. «Depi ki mone rempli forme lapolis, mo pe enkor atan ki zot vine check lacaz ene kout. Kisanla pu fer zot rentrer si mo pa la», explique Vidyanand. Ces Rs 5 000, il compte les utiliser pour «tir rasion». Et puis peut-être, s?il reste un peu d?argent, effectuer quelques réparations. Pour racheter les Rs 60 000 d?électroménager et d?ameublements qu?il considère avoir perdu, pas d?autres recours que le travail. «Sa cas ki gouvernman done la pa pu ase. Pu bizin recomans a zero mais pou sa, bizin travaye. A koz zot pe tarder ek zot lenket, mo pe perdi zour travaye», se plaint l?homme.

Pour sa voisine Kavita Pardasseea, il est évident que ces Rs 5 000 ne suffiront pas pour racheter tout ce que la famille a perdu mais «o moins nu kapav aste inpe zafer pu zenfan». Quelque part, ces Rs 5 000 signifieront la continuation de l?endettement pour la jeune femme. «J?ai déjà un compte chez Courts. Avec ces Rs 5 000 là, je pourrai effecteur un dépôt pour racheter un réfrigérateur et une plaque à gaz», souligne-t-elle. Même si les policiers se sont déplacés, Kavita attend toujours de percevoir cet argent. Sa voisine Indrawuttee Gaupaul a eu davantage de chance. Lundi au poste de police, mardi son enveloppe en main ! Pour le moment, elle n?a pas encore touché à cet argent qu?un payclerk de la Sécurité sociale lui a remis. «Mo pu bizin aste rasion are sa. Pu le res bane zafer nu fine perdi, nu bizin refer tigit par tigit».

<B>«Dilo ine pran tou»</B>

Recommencer à zéro : c?est ce qui attend la famille Jogahir. Matelas. Lits. Ventilateur. Téléviseur. Réfrigérateur. Vêtements. Matériel scolaire. Leur maison tout entière a été emportée par les flots. Ils n?ont plus rien. Rien. «Dilo ine pran tou ine ale. Bonfam tou line pren», lâche Indurdeo Jogahir. Rassurez-vous, l?épouse de cet habitant de Mon Goût a survécu. Mais Santee Jogahir ne doit sa vie qu?à la force de ses bras. Ainsi qu?à quelques bons Samaritains qui l?ont secourue mercredi dernier.

Alors que l?eau emportait tout sur son passage dans le village de Mon Goût et d?autres régions du pays, Santee reste accrochée à un arbre pendant plus de trois heures. Transportée à l?hôpital, elle y est restée trois jours. Pendant le week-end, «moralement fatiguée», elle est rentrée chez elle. Enfin, plutôt chez son beau frère car de sa maison, il ne restait plus rien.

Près de 25 ans que la famille Jogahir vivait dans ce petit trois-pièces en tôle aménagé à l?avant de la maison de la mère de Indurdeo sur les berges de la rivière Citron. Depuis lundi, Indurdeo, avec l?aide des membres de sa famille reconstruit son foyer. Le Trust Fund for the Social Integration of the Vulnerable Groups lui a fourni quelques feuilles de tôle, des «bloc» et des pochettes de ciment. «Ti mank inpe materiel ki mo fine pran quincaillerie», explique Indurdeo.

De quoi consolider la maison mais pour lesquels, il a fallu emprunter. «Minis Faugoo ti dan lendrwa gramatin. Line dir mwa pran resi ek quincaillerie. Ki Sekirite social pu rane mwa cas la.» Indurdeo Jogahir n?y croit pas vraiment. Car depuis qu?il a rempli les «deux formulaires» nécessaires au poste de police de Pamplemousses en début de semaine, il attend toujours les Rs 5 000 promises par le gouvernement aux victimes des inondations.

«Rs 5000 la, pu ration sa ? Ou bien sa mem tou nu pu gagne ?» s?interroge Indurdeo. L?homme qui travaille comme gardien ne voit pas comment il va s?en sortir s?il ne reçoit «que» Rs 5 000. «J?ai tout perdu. Je dois tout recommencer à zéro. Avek Rs 5000 mo pu kapav tire ration ek aste ene de materiel construction. Sa mem tou». Lui, estime ses pertes à Rs100 000. «Gouvernman bizin pense ki tou mo bane zafer ine perdi. Li bizin fer ene kit choz pu mwa», soupire Indurdeo Jogahir en promenant un regard désolé sur les morceaux de vêtements, les chaussures et les livres de son fils Yogendar, 10 ans, éparpillés dans la cour. A mercredi matin, Indurdeo attendait toujours la visite des policiers.

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