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Inflation et déficit budgétaire inquiètent le secteur privé

10 juin 2008, 20:00

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Le budget a été applaudi par beaucoup. Si de nombreux analystes et différents partenaires ont jaugé de manière positive plusieurs aspects du budget 2008-2009, certaines questions restent posées. Le taux du déficit budgétaire, les risques d?inflation, de surchauffement de l?économie ou encore la notion de maintien du cap sont des appréhensions ressenties par différents analystes.

L?inflation est un sujet de préoccupation pour diverses parties. Deven Padiachy, manager de KPMG Advisory Services (Mtius) appréhende les risques liés à l?inflation. «Sans vouloir être alarmiste, je pense que les risques de poussées inflationnistes sont réels, étant donné la conjoncture internationale.»

L?analyste insiste sur le fait que l?inflation est souvent perçue comme cantonnée au domaine de l?alimentaire. «On a trop tendance à dire que notre inflation est une inflation alimentaire importée, mais on oublie que les indicateurs économiques, les CORE 2, qui excluent l?alimentation et les prix pétroliers, indiquent un taux d?inflation élevé de 5,6 %. Ce CORE 2 est resté élevé pendant trop longtemps, depuis mi-2006.»

Deven Padiachy ajoute qu?il est essentiel pour les différents partenaires d??uvrer de façon complémentaire. «Il faut absolument qu?il ait un bon mélange de politique monétaire et de politique budgétaire afin d?atteindre les objectifs fixés. Il ne faut pas que chacun travaille de son coté en isolement.»

Autre sujet d?inquiétude, celui du déficit budgétaire dont l?objectif pour la prochaine année financière se chiffre à 3, 3 %. Le taux actuel est de 3, 8 %. Ces taux représentent au niveau de PricewaterhouseCoopers (PwC) une préoccupation majeure.

André Bonieux, country leader de PwC aborde le sujet. Il replace l?objectif par rapport au déficit budgétaire dans une politique à moyen et long terme. «Le ministre avait évoqué en 2006 qu?il avait des objectifs, à moyen terme, notamment par rapport au fait de ramener le déficit budgétaire à un niveau plus raisonnable ? to put order in public finances.» Il exprime soun autre souci. «Nous appréhendons avec un état de l?économie qui est excellent, que l?on ne revienne pas assez sur la réduction du déficit et que l?on revienne sur les engagements pris en 2006.».

Risque d?économie en surchauffe</B>

Le country leader de PwC met en exergue l?argument en faveur d?une plus forte réduction du déficit budgétaire, sur fond de hausse de revenus pour l?État. «Avec des revenus plus confortables pour l?État, le ministre aurait pu respecter les objectifs énoncés depuis 2006 et ramener le déficit budgétaire dans une fourchette plus raisonnable. Il aurait pu faire plus pour le ramener à moins 3, 3 %. À long terme, le déficit devrait être autour des 2, 5 %. Il est néanmoins réconfortant de noter la baisse significative de la dette publique de 69, 6 % en 2005 à 59, 1 % en 2008.».

Evoquant le risque de surchauffement de l?économie, avec le maintien du taux de croissance, André Bonieux tient cependant à souligner la bonne santé actuelle de l?économie. «Le ministre a pu remettre de l?ordre dans l?économie en trois ans, où il a ramené la croissance. Cependant une trop forte croissance apporte aussi un risque de surchauffement.»

Pierre Dinan, économiste, s?attarde quant à lui sur l?importance de continuer dans la direction déjà prise. «Ma crainte c?est qu?au niveau du gouvernement et aussi au niveau de la population en général on croit qu?on a résolu tous nos problèmes économiques et budgétaires, qu?on lâche la bride et qu?on revienne aux attitudes d?avant 2006. Nous ne devons pas gaspiller les efforts que nous avons faits, mais devons maintenir le cap sur la réforme économique. Ce qui ne nous empêche pas de nous occuper de ceux qui en ont besoin».

Si la sécurité alimentaire a constitué un des principaux chapitres du budget 2008-2009, les mesures annoncées ne font pas l?unanimité. Deven Padiachy se pose des questions, au niveau de la stratégie, sur ce sujet et celui de l?agro-industrie. «Concernant le secteur agricole non-sucre et la sécurité alimentaire, je suis resté sur ma faim. Il faut bien qu?il ait un plan stratégique à long terme avant qu?elle ne soit mise en pratique. Or, le budget ne fait pas référence à un plan mais parle plutôt d?implémentation. Une stratégie à long terme suivi de manière unie par tous les partenaires est un must.» Deven Padiachy s?interroge aussi quant à l?implication des partenaires dans la stratégie annoncée lors du budget sur la sécurité et la production alimentaires, qui se fourche sur cinq axes.

<B>Sharon SOOKNAH</B>

<B>La SMEF se garde de jubiler</B>

■ «Nous voulons attendre, comprendre et voir les mesures budgétaires annoncées être mises en ?uvre, pour exprimer notre satisfaction», a déclaré hier Michel Moothoosamy, président de la «Small and Medium Enterprises Federation» (SMEF). Cette fédération d?associations représentant neuf corps de métiers adopte une attitude prudente. En effet, la SMEF a soumis son mémoire prébudgétaire. Elle est honorée que certaines propositions ont été prises en compte, mais elle a voulu à sa conférence de presse hier, attirer l?attention du gouvernement sur certains points.

La SMEF salue la création du «Manufacturing Adjustement and SME Development Fund», mais elle se demande s?il fonctionnera comme proposé dans son mémoire. De même elle voudrait plus d?éclaircissements sur la mesure «73» concernant les 15 % à 10 % de préférences sur les prix aux petites et moyennes entreprises (PME). Concernant le «booster loan scheme», la SMEF est plutôt sceptique. Elle se demande si des secteurs d?activités sont ciblés ou si les semaines de l?entrepreneuriat sont organisées pour encourager de nouveaux entrants sur le marché et rendre la situation plus compliquée pour les entrepreneurs déjà en situation difficile, du fait de la petitesse du marché local.

L?annonce des 2 000 arpents de terre mis à la disposition des opérateurs agricoles n?a pas été suivie de mesures d?accompagnement, telle la mise en place d?infrastructures pour aider les PME dans leur difficulté d?accès au marché. Ils estiment trop brutale la mesure «291» de détaxe» sur le poulet, les ?ufs, les biscuits, et le textile. Les conditions associées à l?exonération des droits sur les 4X4 ne sont pas du goût de la SMEF, qui estime que la limite de 3 millions de chiffre d?affaires exclut bon nombre d?entre eux pour lesquels ce véhicule est un outil indispensable de travail. Les artisans dont le chiffre d?affaires n?atteint pas cette limite, sont les enfants pauvres de la mesure, souligne Michel Moothoosamy qui propose que la limite soit ramenée à Rs 1 million et qu?elle soit étendue aux autres secteurs d?activité. Après avoir fustigé la politique de ciblage de cette mesure, la SMEF a proposé un amendement au «Transport Authority Act», en revoyant à la baisse le nombre d?employés nécessaire pour bénéficier d?exemptions douanières sur l?achat des véhicules.

<B>F. H.</B>

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