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Inadmissible
par Raj Meetarbhan
Alors qu?il n?y avait qu?un parfum de scandale à Mauritius Telecom jusqu?ici, c?est un vrai scandale qui a éclaté cette semaine. Il s?agit d?un abus de fonction inadmissible. Le syndicaliste Raj Rughoonath qui avait fait de graves allégations à l?Icac contre le directeur général de la société, Sarat Lallah, a été puni par un transfert intempestif.
Bien entendu, il revient aux enquêteurs et, le cas échéant, à la justice d?établir si la plainte du syndicaliste est fondée ou pas. Mais la mesure de rétorsion qui a été prise à son encontre est un acte indigne et relève d?une méthode rétrograde.
A l?origine de cette sinistre affaire se trouve une tentative alléguée de soudoyer un employé trop remuant, le président du syndicat de la compagnie. Son directeur général lui aurait proposé de l?engager comme traiteur pour Rs 125 000 par mois s?il acceptait de modérer son action revendicative. Il devait arrêter de ?met baton dans la rou?. Sarat Lallah s?en défend tout en restant évasif sur le fond de l?affaire. Il est également accusé d?avoir octroyé des promotions à ceux qui acceptent de se montrer, disons, plus compréhensifs à son égard.
Si personne ne met des bâtons dans les roues de l?Icac, on connaîtra un jour la vérité sur ces allégations de corruption. En revanche, d?ores et déjà, nous pouvons affirmer que, sur un dossier au moins, MT n?a pas hésité à recourir aux détestables méthodes de gestion politicienne.
Il existe au sein de la section commerciale de La Sentinelle, un observatoire qui établit sur une base régulière un relevé des avis publicitaires publiés dans la presse. Ce département a constaté qu?entre août et décembre de l?année dernière, MT a dépensé en budget publicitaire plus d?un million de roupies pour les quotidiens. Ce montant est réparti selon des critères qui sont opaques. ?L?express?, le premier quotidien du pays, avec un taux de lectorat de 60% selon la dernière étude d?audience de Taylor Nelson Sofres, n?avait obtenu que Rs 5 415 de cette enveloppe. En boycottant ?l?express?, Mauritius Telecom de Sarat Lallah s?est privée de l?occasion de faire connaître ses services à un public plus vaste.
Une entreprise commerciale ne peut que pâtir d?une basse gestion politicienne. Ce qui sauve MT pour l?instant, c?est son monopole sur certains services et ses tarifs exorbitants. Ses coûts sont si élevés que même la Banque mondiale y consacre tout un paragraphe dans son dernier rapport sur Maurice : ?Adjust Mauritius Telecom's international connection charges to an internationally competitive rate? International telecommunications rates as much as 350 percent above a globally competitive level are a deterrent to keenly cost competitive industries ?. Mauritius Telecom's tariffs for accessing the SAFE cable remain as much as 350 percent above a globally competitive level.?
Récompenser ses partisans, assouvir ses désirs de vengeance, ce sont des dérives caractéristiques du domaine politique. MT, elle, se transforme peu à peu en champ parapolitique.
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