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Impondérables de la campagne
?Serrées, serrées, serrées !? Peu de personnes s?aventurent à pronostiquer sur l?issue de la joute électorale. L?appel à voter bloc et à éviter le panachage des animateurs des deux blocs confirme la thèse d?une lutte serrée entre l?alliance gouvernementale et l?Alliance sociale. D?autres se voulant plus lucides rappellent que les précédentes élections législatives étaient aussi présentées comme étant âpres. Pourtant, les résultats finals ont contredit les prédictions d?une élection serrée.
Ces jours-ci, c?est bien ce terme ?serrée? qui revient. S?appuyant sur les résultats des sondages, qui annoncent un nombre élevé d?indécis et une marge resserrée entre les deux blocs, les commentateurs et l?observateur lambda ne prennent pas de risque. Les législatives 2005 comprennent trop d?éléments inédits.
Ces éléments ont trait au fait que le MMM se présente pour la première fois aux élections en ayant fait partie d?un gouvernement. C?est aussi les premières élections qui vont se tenir sans la présence de Sir Anerood Jugnauth. Enfin, Pravind Jugnauth brigue également pour la première fois les suffrages en se présentant comme un éventuel Premier ministre pour deux ans et demi. Ce qui pose, par extension, la question de la force électorale du MSM dans sa version post-Anerood Jugnauth.
Du côté de l?Alliance sociale, Navin Ramgoolam tentera de revenir au pouvoir et se retrouve avec des alliés qui ont tous en commun le rejet du tandem Paul Bérenger-Pravind Jugnauth. Mais le débat ne se limite pas aux seuls deux grands blocs. Heureusement. Le fait majeur de ces élections, c?est la légalité et la légitimité reconnues des candidats de Rezistans ek Alternativ.
Dans une campagne où l?affrontement des idées a été une denrée rare, le verdict prononcé en faveur des candidats de ce nouveau parti, verdict qui stipule qu?ils n?ont pas à décliner leur appartenance ethnique, vient relancer la question du système best-loser et celui du rapport entre l?Etat et la religion. L?initiative de Rezistans ek Alternativ est un prolongement de l?action engagée depuis des années du parti Lalit. Ce sont d?ailleurs les deux rares partis qui évoquent des questions idéologiques et économiques dans cette campagne. Si le sentiment de sympathie qu?ils suscitent ne fait pas de doute, par contre cela ne se traduit pas réellement par des votes.
Rôle d?arbitre
Comme ces deux formations, il y a d?autres candidatures indépendantes principalement qui se sont engagées non pas dans le but de se faire élire mais dans celui d?animer la campagne en thématiques nouvelles. Certains ont le mérite de faire campagne selon des modes autres. Leur présence, comme celle des petits partis, témoignent aussi de la différence de moyens dont les uns et les autres disposent pour faire campagne.
Du côté des partis de Raj Dayal et Cehl Meeah, une autre logique se met en place. Après des performances honorables en 2000, ces deux partis auront la possibilité de confirmer leurs prestations précédentes. A eux, il faudra également inclure la candidature de Dev Hurnam. Trois forces qui entendent jouer le rôle d?arbitre dans ces élections. Dans les deux premiers candidats, de nombreux observateurs estiment que le réservoir électoral de Cehl Meeah et de Raj Dayal s?est considérablement réduit depuis 2000. Il n?empêche que les scores personnels de Dayal, de Meeah et de Hurnam peuvent influer sur les résultats dans les circonscriptions où ils sont candidats.
Il est intéressant de noter que les partis de Dayal et de Meeah ont tenté à différentes reprises d?obtenir la caution des grands partis. Finalement, les deux grands ont officiellement fait la sourde oreille. Aujourd?hui, Cehl Meeah veut encore croire que son parti peut faire pencher la balance alors que Raj Dayal se montre plus discret sur ses prétentions.
Cette campagne 2005 a finalement été l?occasion de consacrer deux grandes idées: celle de la société civile et celle du nombre élevé d?indécis. Depuis quelques années, la société civile mauricienne se dévoile de plus en plus en tentant d?amener les politiques à responsabiliser leurs discours et à rationnaliser leurs actions. L?appel a été renouvelé.
Reste à savoir s?ils seront entendus. Mais il est aussi vrai que la société civile est restée discrète sur des questions sensibles comme l?utilisation de la religion par les politiques. Quant aux indécis, au-delà des interprétations faites jusqu?ici, il conviendra dans deux jours de vérifier vraiment si des votants avaient des difficultés à faire un choix ou s?ils se retenaient simplement à ne pas révéler leurs intentions de vote.
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