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Ils ont retrouvé l?espoir grâce à vous

20 décembre 2003, 20:00

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lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Jean-Noël Moineau : « Ça don là pou permette moi acheté banne matériaux construction »

Un tout petit bébé de onze mois fait une chute. Il perd la vue. Puis son père meurt. Il passe son enfance aux côtés de sa mère et de sa grand-mère à Henrietta mais il sent bien qu?il n?a pas sa place auprès d?eux. L?aïeule décédée, la mère partie faire fortune à l?étranger, Jean-Noël Moineau, 34 ans, aveugle, s?accroche à son épouse Véronique et à ses deux fils, Adel, 4 ans, et Damien, 2 ans. Bien que sa mère lui ait donné un lopin de terre, Jean-Noël est dans l?incapacité de construire sa maison par manque de moyens. Ses nombreuses démarches pour contracter un emprunt ou bénéficier d?une assistance financière n?aboutissent pas. Ce dernier nous avait raconté son histoire dans le numéro du 23 février d?expresso.

Ainsi, après la publication de cet article, deux lecteurs nous avaient fait parvenir Rs 3 000. Jean-Noël ne pouvait contenir son émotion lorsque nous lui avons remis l?argent en mars dernier. Il dit avoir retrouvé espoir : « Ça l?argent là pou permette moi acheté un peu matériaux construction pou mo la caze. Mo pou acheté sa bientôt. Mo pé saye garde l?espoir et mo vraiment content pou aide banne lecteurs fine apporte moi ». Une autre lectrice a aussi écrit aux producteurs de l?émission Rêve d?un soir, diffusée sur TF1, en France, afin qu?ils intercèdent en faveur de Jean-Noël Moineau. Ce dernier attend une réponse.

Il a mis l?argent de côté et continue à économiser pour pouvoir bientôt commencer les travaux.

Soobhowti Panchye : « Bondié pou béni tous banne dimoune kine aide moi »

Battue par son premier mari, abandonnée par un deuxième concubin, qui est aussi le père de ses deux enfants, Sameer, 8 ans, et Shameema, 12 ans, Soobhowti Panchye lutte contre une infection qui lui ronge la peau depuis des années. Ne pouvant plus travailler et victime de plusieurs complications de santé, elle fait les poubelles pour trouver de quoi nourrir ses enfants, qui ont dû abandonner l?école. Elle nous avait confié ses déboires le 10 août. L?article intitulé Soobhowti Panchye ou la douleur d?une femme avait ému environ une quinzaine de lecteurs dès sa parution.

Certains ont donné de l?argent (un total de Rs 5 500), d?autres sont allés la voir à Camp-Carol pour la soutenir dans son malheur. « Bondié pou béni tous banne dimoune kine aide moi. Mo pa ti attane ki éna dimoune pou prend moi compte. Mo remercié zot avec tou mo léker avec mo name », confie Soobhowti Panchye. Parmi nos lecteurs, un spécialiste de médecine naturelle lui a donné des traitements médicaux gratuits. D?autres lecteurs lui ont donné des denrées alimentaires, des vêtements, un matelas. Un lecteur a dit qu?il financerait la scolarité des enfants.

Ayant appris qu?elle était diabétique depuis quelques mois, Soobhowti Panchye suit un traitement à l?hôpital de Rose-Belle. Réaction aussi de la part des gens du quartier qui l?ont reconnu et lui ont témoigné leur sympathie. « Marchand macachia coco fine donne moi gatos ek éna dimoune dans l?endroit ki fine offert moi ène plaque à gaz pou capave cuit. »

Aujourd?hui, si son état de santé ne s?est pas amélioré, sa vie est un peu moins lourde à porter. Elle ne fouille plus dans les poubelles et continue à recevoir la visite de donateurs.

Soomatee Mohun : « Aster là mo népli per ki mo lacaze tombe lors moi »

Soomatee Mohun, 74 ans, avait peur que le toit de sa vieille bicoque délabrée au toit de tôle, située près de la rivière de Riche-en-Eau, ne lui tombe sur la tête. Aujourd?hui, cela fait déjà quelques mois qu?elle a foulé le sol d?une nouvelle maison en béton. « Aster là mo népli peur ki mo lacaz tombe lors mo la tête. Mo bien content mo fine gagne ène la caz kotte mo senti moi en sécurité. Mo capave misère, mo péna grand zaffer mais au moins mo éna ène toit décent », dit-elle.

Pour rappel, l?article publié le 8 juin et intitulé Et au milieu croule une vieille dame faisait état de la détresse de cette septuagénaire, enlisée dans la pauvreté, malade, privée d?électricité et seule depuis la mort de son époux et de huit de ses enfants. Elle avait aussi été abandonnée par sa fille adoptive, qui s?est mariée et habite dans une autre région. Cantonnée dans une maison à deux doigts de s?effondrer, la pauvre femme est souvent la proie des malfrats. Les cyclones ne l?épargnent pas. En 2001, la bicoque subit de grands dégâts. Grâce à l?intervention des travailleurs sociaux auprès du fonds d?aide aux groupes vulnérables, elle reçoit des matériaux de construction. Si des jeunes du village veulent bien reconstruire sa maison, ils se désistent après. Les matériaux disparaissent.

Lorsque nous avons sollicité une déclaration dans le cadre de notre reportage, les membres du Trust Fund nous ont assuré que la reconstruction allait être entreprise en 2003. Une semaine plus tard, les travaux avaient débuté. Ils ont duré quelques semaines. Plusieurs lecteurs ont aussi réagi, en l?occurrence, Sam Lauthan, ministre de la Sécurité sociale, qui s?est dit bouleversée par le récit de Soomatee, ainsi qu?Hurrydeo Ramdenee, secrétaire de l?Arya Sabha. Les directeurs de General Construction nous avaient également contactés pour venir en aide à la vieille dame.

Aujourd?hui, grâce à toutes ces bonnes volontés, Soomatee peut enfin dormir tranquille.

La mère de Sarah, épileptique : «Mo capave gagne ène chance pour ki mo zenfant guéri »

Elle a passé son enfance dans un lit à l?hôpital psychiatrique. Atteinte d?épilepsie dès l?âge de huit ans, Sarah, 16 ans, a de nombreux accès de violence. Quand elle ne peut pas contenir cette montée d?agressivité, elle frappe ses parents ou essaie de se tuer en se défenestrant ou en se jetant du balcon. Elle doit donc faire des allées et retours à l?hôpital Brown Sequard. Nous en avions parlé dans un article intitulé Les malheurs de Sarah, paru le 9 novembre. « Mo gagne pou mo la vie. Sarah violente et pas conné ki li capave fer nou », disait Bibi, la mère de Sarah, il y a un mois.

Aujourd?hui, cette dernière voit surgir une lueur d?espoir. Et pour cause : deux lecteurs, ayant vécu la même situation, nous ont contactés pour lui venir en aide. Dans le premier cas, un lecteur, dont la fille a été guérie de ses crises d?épilepsie, nous a écrits pour nous faire parvenir les coordonnées d?un médecin indien, qui dirige une clinique spécialisée dans le traitement de cette maladie. Selon ses dires, sa fille poursuit maintenant des études supérieures en Europe.

Nous avons contacté la clinique le 12 décembre, qui nous a répondu que les médecins étaient prêts à examiner Sarah et à la soigner. Pour l?assistance financière, les parents doivent demander l?aide du ministère de la Santé.

Une lectrice, qui a vécu pendant 26 ans avec cette maladie, a souhaité soutenir les parents : « Je peux comprendre ce qu?ils endurent car j?ai subi cette souffrance. Pour guérir, j?ai subi des interventions chirurgicales en Australie et à Maurice. Je veux apporter mon soutien aux parents de Sarah », nous a-t-elle confiés. En apprenant la nouvelle, Bibi n?en croyait pas ses oreilles : « Nou bizin essayé. Mo capave gagne ène chance pou ki mo zenfant guéri ».

Sarah qui était admise une énième fois à l?hôpital psychiatrique, en est sortie le 11 décembre, mais a dû à nouveau y retourner trois jours plus tard.

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