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Il y a 150 ans, Maurice reçoit son premier évêque anglican (I)

18 juillet 2005, 00:00

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La fièvre pré-électorale du mois de juin ne nous a pas permis de commémorer, le 150e anniversaire de l?arrivée à Maurice, le 11 juin 1855, du premier évêque anglican, Mgr Vincent William Ryan (1816-1888). Il n?est pas trop tard pour nous rattraper et rappeler les faits et gestes de ce religieux ayant participé si activement au développement harmonieux de la société mauricienne au milieu du XIXe siècle. L?épiscopat particulièrement fructueux de Mgr Ryan fera l?objet de plusieurs chroniques. Celles-ci seront toutefois interrompues si le besoin se fait sentir entre-temps de commémorer un événement historique encore plus important.

Ce fut une grâce pour le diocèse de Maurice d?avoir pour premier évêque un disciple du Christ du calibre de Vincent William Ryan.

Il voit le jour en 1816 à Cork, ville du Sud de l?Irlande. Son père est un soldat irlandais. Il connaît Maurice pour y avoir été affecté en 1818. Le futur évêque de Maurice passe de ce fait une partie de son enfance dans son futur diocèse. Il fait ses humanités, plutôt tardivement, à Oxford. Il obtient successivement son B.A. du collège Hertford et son M.A. du Magdalen Hall (1848). Entre-temps, il est ordonné prêtre en 1842 et remplit divers postes temporaires à Alderney, l?île natale de sa mère dans la Manche. De 1847 à 1850, il est directeur adjoint d?un collège à Liverpool, puis directeur du Highbury Training College à Londres, avant d?être nommé, en 1853, premier évêque de Maurice.

Il sera un grand administrateur évangélique, confirmant ainsi les espoirs placés dans ses talents d?organisateur. à son arrivée, il trouve seulement quatre pasteurs et trois églises. à son départ, il laisse à son successeur treize prêtres et une douzaine d?églises et de chapelles. En l?espace d?un an, il obtient des prêtres pour Maurice, les Seychelles, les marins de passage à Port-Louis et pour les travailleurs engagés. Il ouvrira aussi une mission à Madagascar qui tombe sous sa juridiction.

Connaissant déjà Maurice, il parle couramment le français et la langue créole. Il n?éprouve aucune difficulté pour aborder les Mauriciens de toutes classes sociales et il est généralement bien accueilli. Il reçoit l?ordination épiscopale le 30 novembre 1854.

À l?arrivée de l?évêque Ryan, la cathédrale St-James est desservie par les Rds Philip Pennington et W.L. Mason, les églises Saint-Thomas à Beau-Bassin et Saint-Jean au Réduit par le Rd John Mark de Joux, les chapelles de mission à Vacoas et à la Rivière-Noire par le Rd Gédéon de Joux. Il se fait un devoir de visiter le chantier de construction de l?église de Mahébourg. Il rencontre aussi le régiment posté à Mahébourg. Les casernes se trouvent à l?emplacement occupé aujourd?hui par l?hôpital de cette localité. Il inspecte aussi l?école d?Etat qui est dirigée par George Clark. Un an plus tard, ce maître d?école découvrira des ossements du dodo et de tortue de terre géante qui le feront connaître des naturalistes du monde entier.

L?évêque Ryan fait montre, dès son arrivée, d?une profonde sollicitude pour la communauté grandissante des travailleurs indiens engagés. Il se rend compte que pratiquement rien n?est fait pour les soulager de la misère extrême. Il ne tarde pas à créer une vingtaine de nouvelles écoles destinées principalement aux enfants de ces immigrants.

L?archidiacre Buswell parle, à ce propos, de l?intéressante initiative du Rd P. Ansorgé et de son épouse. Ils regroupent à l?asile du Moulin à Poudre des enfants indiens ayant perdu père et mère à Maurice. Ces enfants sont pris en charge et éduqués. Ils reçoivent ainsi une formation technique et ont le choix entre sept différents métiers. En quelques années, cette institution arrive à prendre en charge plus de 300 enfants. Il est grandement aidé dans sa sollicitude pour la communauté des immigrants indiens par la générosité des laïcs dont M. Jourdain de Palma, Mme Chanoin de Villebague, le catéchiste Kooshalee, M. P.A. Wiehe de la rue Wellington, Port-Louis ouvre une école chez lui à ses frais. Des Indiens en nombre croissant s?intéressent à l?éducation de leurs enfants et sollicitent à cet effet l?aide du diocèse anglican.

Mgr Ryan sollicite, à cet effet, l?aide de la Church Missionnary Society opérant en Inde. Avec son aide, il peut ouvrir des écoles à la Plaine St-Cloud aux Pamplemousses, une école bengalie à la rue La Paix, Port-Louis, une école tamoule à Pont-Praslin et d?autres à la rue Desforges, Port-Louis, à la Baie-aux-Tortues, plus connue aujourd?hui comme Balaclava.

L?évêque Ryan s?intéresse aussi de près à l?apostolat du Rd Gédéon de Joux auprès des enfants des anciens esclaves. Il est satisfait de leurs progrès. Lors d?une cérémonie de confirmation à Belle Isle, Bambous, il se rend compte que certains fidèles viennent d?aussi loin que le Morne, soit à près de trente kilomètres de là. Ils réclament un instituteur car la localité possède déjà une salle de classe. Il y a bien une école catholique dans les environs mais elle n?enseigne que le catéchisme.

La situation est identique sur la côte orientale. Il ne s?en revient pas que sur une aussi grande étendue, il n?y ait aucune école pour s?occuper de l?instruction des enfants. Il apprend qu?un enfant de GRSE fréquente une école. Il s?enquiert du lieu de cette école et on lui répond qu?il s?agit de celle de M. Nicolo au? Morne Brabant à une soixantaine de kilomètres de là. La Mauritius Church Association parvient peu après à ouvrir une école dans la maison de M. James Adrianassy, un ancien élève de la mission de Vacoas.

En raison des contraintes linguistiques, il faut multiplier les écoles selon les langues parlées dans les différentes localités. Les instituteurs et maîtres d?école doivent maîtriser l?une des langues orientales et l?anglais. Il arrive souvent que des écoles butent sur de graves problèmes financiers et doivent être cédées au gouvernement. Par la suite, ce dernier consentira à subvenir au fonctionnement des écoles anglicanes.

(à suivre)

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