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Il refuse d?offrir une cigarette et est tué à coups de cutter

22 janvier 2008, 00:00

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«Akoz enn sigaret linn perdi lavi», dit Emmanuel Yves Valentin, un septuagénaire.

Il a été témoin de l?agression mortelle de son ami, James Salarbaccus, 45 ans, tué samedi, vers 21 h 30, dans un parc de stationnement privé de la capitale.

Un certain Madan Mohun aurait infligé à la victime plusieurs coups de cutter, l?atteignant au visage et au cou. Ces deux-là s?étaient disputés. Hier, Salarbaccus a succombé à ses blessures, à l?hôpital Jeetoo, à Port-Louis. La police de Trou-Fanfaron a immédiatement appréhendé le suspect qui est en cellule policière. Il sera présenté devant la cour aujourd?hui.

Pourtant, le début de soirée de samedi était tranquille pour les deux amis. Vers 19 heures, James Salarbaccus et Madan Mohun sont à la boutique 45, à la rue Royale à Port-Louis, où ils prennent un verre, comme à leur habitude.

Deux heures plus tard, ils quittent la boutique, après que Madan Mohun eut payé la note. Tous deux regagnent le parking privé proche de la boutique. C?est là que ces deux sans-abri s?installent chaque nuit. C?est là aussi qu?Emmanuel Valentin, témoin de la suite des événements, passe ses nuits.

Ves 21 h 30, Madan Mohun demande une cigarette à James Salarboccus. Il essuie un refus. Tous deux sont en état d?ébriété et ils commencent à se disputer. Emmanuel Valentin, qui observe la scène, ne peut intervenir en raison de son grand âge qui le force à se déplacer à l?aide d?une canne.

Le ton monte très vite entre les deux amis. Mohun sort un cutter et agresse Salarbaccus, l?atteignant d?une douzaine de coups au visage et au cou. Gravement blessé, Salarbaccus s?effondre. Sa tête heurte violemment le sol. Il a le visage en sang, porte de graves blessures à la tête, à son avant-bras droit et à la main gauche.

Madan Mohun s?enfuit. Le témoin Valentin, quant à lui, décide de ne pas se mêler de l?affaire et de faire semblant de n?avoir rien vu. Mais des passants sur la route Royale découvrent le corps de Salarbaccus. Ils préviennent la police, sans décliner leur identité. Peu après, les policiers sont sur les lieux du drame. Les murs du parking et les cartons sur lesquels Salarbaccus passaient la nuit sont tachés de sang. Le Service d?aide médicale d?urgence emmène le blessé à l?hôpital Jeetoo où il est admis au service des soins intensifs. Les médecins jugent son état préoccupant.

Il se met à boire et perd tout repère

Hier matin, James Salarbaccus rend l?âme à l?hôpital Jeetoo. Le cadavre est autopsié par le docteur Sudesh Kumar Gungadin, Principal Medical Officer de la police. Il conclut au décès causé par le saignement résultant des multiples blessures reçues. Au cours de la journée, la police met la main sur Madan Mohun qui est alors emmené au poste de Trou-Fanfaron.

James Salarbaccus est né le 16 novembre 1962. Il était marié et habitait Beau-Bassin, avec son épouse. Mais sa femme le quitte quand son fils a à peine cinq ans. Il se met à boire, perd tout repère et devient un sans domicile fixe. Les officiers du centre d?hébergement Abri de nuit lui ont souvent demandé de s?installer chez eux. Mais James Salarbaccus voulait mener une vie de «solitaire», dit Kersley Goindoorajoo, responsable du centre. «Quelquefois, on devait aller le prendre sur le parking pour qu?il passe quelques heures au centre», se remémore-t-il.

Pendant toutes ces années dans la rue, James n?a passé que six mois au centre Abri de nuit. Dans le but de l?attirer, les officiers du centre avaient même mis sur pied un petit groupe de musiciens. James était, en effet, un passionné de musique et il était également bon musicien. «Il savait jouer de la guitare et il excellait également comme chanteur», déclare Kersley Goindoorajoo. Les connaissances qu?il s?est faites au centre peinent à croire à sa triste fin.

Madan Mohun, le suspect, travaille, lui, dans un «hôtel de thé» de la capitale. Ceux qui le connaissent ne peuvent expliquer comment il a pu commettre un meurtre.

Les funérailles de James Salarbaccus ont eu lieu hier, en l?église Immaculée, à Port-Louis. Son frère s?est chargé des démarches pour la cérémonie.

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