Publicité
?Il faut savoir faire preuve de compassion avec les patients?
Par
Partager cet article
?Il faut savoir faire preuve de compassion avec les patients?
● <B>Vous arrivez avec un projet de clinique psychiatrique à Congomah. Qu?est-ce qui vous y a poussé et sur quel terrain comptez-vous opérer ? </B>
Lors des journées de la diaspora mauricienne l?an dernier, j?ai rencontré Maurice Lam, du Board of Investment et des parents dont les enfants mentalement malades souffrent de problèmes au niveau de l?encadrement. Notre projet vise à mettre l?accent sur les soins justement, l?encadrement personnalisé, avec d?abord 25 pensionnaires à temps plein et une dizaine d?externes. S?il rencontre le succès escompté, nous pourrons envisager des centres similaires dans d?autres sites calmes et retirés.
● <B>Vous bénéficiez du soutien des autorités ? </B>
Le docteur Timol responsable du dossier des maladies mentales au ministère de la Santé, m?a envoyé un signal très positif dès février. C?est elle qui m?a enjoint à animer un atelier pour 80 professionnels sur le thème ?Comment gérer la violence dans le cadre hospitalier?. C?est un signe que les autorités ont à coeur cette question, malgré des moyens parfois limités.
● <B>Que faire en présence de malades particulièrement agressifs ? </B>
A Maurice, les malades ?agressifs? sont dans un seul et même établissement, et le personnel doit s?occuper d?eux comme des autres types de patients. Il n?y a, à ma connaissance, que des salles séparées.
● <B>Parlons maintenant des patients. Vous défendez une approche personnalisée : quelles solutions apporter à chaque malade ? </B>
Je voudrais d?abord insister sur les soins primordiaux. Il faut tout faire pour que le patient ne se sente pas dépersonnalisé. C?est un risque qui existe au sein de plus grandes structures.
Même lorsqu?on est en présence de cas où la médication s?impose, la qualité de la relation humaine avec le patient est essentielle : il faut savoir faire preuve de compassion : on pourrait l?évaluer à 90 % des soins psychiatriques. Ma devise est ?traiter souvent, guérir parfois, mais soigner toujours?. Le personnel que j?entends déployer au Centre Janet aura pour tâche de répondre à la totalité des besoins de chaque patient en détresse.
● <B>Pouvez-vous être plus explicite ? </B>
Si quelqu?un est mentalement malade, trois aspects de sa personnalité doivent être pris en considération : premièrement, l?aspect cognitif, soit le lien mental aux choses, la capacité de se souvenir ou de mettre en branle sa matière grise pour les tâches quotidiennes.
Ensuite, l?affectif, les émotions et sentiments. Enfin, l?élément psychomoteur, qui traite de l?interactivité entre la pensée et les actes.
● <B> Où se situe la démarche holistique ? </B>
Pour la prise en charge de chacune de ces dimensions, il y a d?abord la médication : pour corriger les éventuelles carences chimiques. Mais on doit se garder de la surmédication. Pour que le traitement soit efficace, il faut qu?il soit accompagné d?une prise en charge auprès d?un psychologue. L?encadrement ?social? est aussi crucial : cela devra se sentir dans le choix du bâtiment lui-même, d?un style traditionnel, convivial. Mes patients devront pouvoir se promener au sein du cadre naturel, pratiquer du yoga? Une certaine dose de flexibilité pourra être apportée, par exemple, dans des cas précis : l?heure du réveil ou du coucher.
Nous devons pouvoir contrecarrer le phénomène toujours présent de stigmatisation qui menace les patients.
Propos recueillis par <B>Olivier MASSON</B>
Publicité
Publicité
Les plus récents