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Ici repose Arsenal !

3 février 2005, 00:00

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C?est terminé pour Arsenal. Sauf miracle, le club de Londres ne conservera pas son titre de champion d?Angleterre, acquis avec un panache exceptionnel la saison dernière.

Les Gunners, qu?on se le dise, se sont affalés de tout leur poids mardi soir, sur leur pelouse d?Highbury, face au rival de toujours, Manchester United. Le score est lourd, étonnant, détonnant presque : 4-2.

Un doublé du Portugais Cristiano Ronaldo au retour des vestiaires, puis un ultime effort de John O?Shea en toute fin de match ont scellé pour de bon le sort de cette confrontation dramatique qui aura vu Arsenal mener par deux fois au score en première période, grâce à des réalisations de Patrick Vieira et de Dennis Bergkamp. Ryan Giggs avait entre-temps égalisé une première fois pour MU.

C?est la quatrième défaite d?Arsenal cette saison, la deuxième face aux Mancuniens qui, faut-il le rappeler, avaient déjà mis un terme, le 14 octobre, à Old Trafford, à la phénoménale série des Gunners, alors invaincus depuis 49 matches, un record. Devait d?ailleurs s?ensuivre une guerre de clochers entre Arsène Wenger et sir Alex Ferguson, qui avait presque fini par lasser l?Angleterre.

Au classement, Manchester United passe donc à la deuxième place devant Arsenal, mais suit temporairement à huit points de Chelsea, qui affrontait Blackburn Rovers tard hier soir avec l?espoir de reléguer les Gunners à 13 points, un déficit impossible à combler, de l?avis même d?Arsène Wenger. Fait peu coutumier, l?Alsacien a d?ailleurs été prompt à reconnaître, au sortir du terrain, que son équipe ? qui n?avait plus perdu à domicile depuis mai 2003 et la visite d?un certain Leeds United, aujourd?hui en D2 ? avait brûlé sa dernière cartouche. ?Je crois que nous sommes hors du coup. Arsenal n?abandonnera pas, mais notre retard est aujourd?hui trop conséquent.?

Considéré comme le match de la dernière chance entre deux équipes qui traînent étonnamment loin derrière l?inarrêtable Chelsea, ce choc des titans, pour ne pas dire cette guerre des clans, a tenu toutes ses promesses même si, comme prévu, l?ambiance était pour le moins pourri en dehors comme sur le terrain.

Les capitaines Patrick Vieira et Roy Keane, c?était prévisible, ont été les premiers à semer les graines de la division. Dans le tunnel menant au terrain, et sous les yeux de millions de téléspectateurs, les deux méchants garçons de la Premier League se sont mutuellement provoqués, histoire de rester fidèles à leur culture de la bagarre.

Keane aurait apparemment mal digéré une tentative d?intimidation de Vieira sur Gary Neville. ?Ils pensent que Gary est une cible facile. Je ne peux pas supporter ça?, a expliqué l?Irlandais après le match. Et Vieira de répliquer : ?Neville est un grand garçon, tout à fait capable de se défendre lui-même.?

Il a, en tout cas, fallu l?intervention de l?arbitre Graham Poll, soucieux de faire oublier la pâle prestation de son collègue Mike Riley à l?aller, pour que Vieira et Keane n?en viennent pas aux mains avant même d?avoir tapé dans la balle !

<B>Henry encore muet</B>

Un Poll qui, de manière générale, s?est bien tiré d?affaire, n?oubliant pas, au passage, d?expulser Mikaël Silvestre en milieu de seconde période pour avoir confondu le métier le footballeur avec celui de torreador. L?ignoble coup de tête du défenseur français de Man U sur le pauvre Freddie Ljungberg mériterait d?ailleurs d?être transformé en une très lourde sanction par la Football Association.

Pour le reste, signalons que Cristiano Ronaldo, vu de notre fenêtre en tout cas, a été l?homme du match. Son activité débordante et incessante a asphyxié une défense d?Arsenal à la rue sur ce coup-là et très mal dirigée par un Sol Campbell loin de son meilleur niveau. Mais celui qui a symbolisé le mieux l?agonie des Gunners a été le gardien Almunia, comme l?atteste sa grossière bourde sur le troisième but de Man U. À ce rythme, l?Espagnol finira par inquiéter David James et Bruce Grobelaar dans les livres d?histoire. Quant à Thierry Henry, il est resté muet pour la septième journée consécutive, ce qui permet aujourd?hui à Andrew Johnson, buteur hier pour la quinzième fois sous le maillot de Crystal Palace en championnat, de revenir à une longueur.

Et puis, comment ne pas parler de Wayne Rooney. A défaut d?avoir marqué, le sulfureux diablotin a trouvé la barre transversale sur coup franc et secoué bien des cocotiers, au propre comme au figuré.

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