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Icac : «Le Red Cow était en fait du Farmland»
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Icac : «Le Red Cow était en fait du Farmland»
La commission anti-corruption lève un lièvre dans la commercialisation du lait. Tous les ingrédients y sont, dit l?Independent Commission against Corruption (Icac) dans un rapport préliminaire émis hier. L?importateur ciblé est la société New Zealand Milk (NZM). Le dossier a été référé au commissaire de police et aux autorités concernées.
Le ministère de la Justice dépose une plainte, mi-janvier, contre NZM. L?enquête de l?Icac à Singapour et en Australie révèle diverses infractions : en plus d?avoir induit l?acheteur en erreur, il est établi que la société a pratiqué l?entente délictueuse,la surfacturation, réalisé des profits excessifs sur des produits contrôlés, et confectionné de faux documents. «In short, the Mauritian consumers are being milked», résume l?Icac.
L?importateur, qui gère 60 % du marché du lait en poudre, écoule, entre autres, deux marques, Farmland et Red Cow, le premier étant moins cher. NZM aurait, fin 2005 et début 2006, vendu des sachets de lait sous le logo Red Cow alors qu?ils contenaient du Farmland, produit censé importer d?Australie alors qu?il venait de Nouvelle Zélande. De plus, le fournisseur exportait ce lait à US$ 2 450 la tonne à d?autres firmes locales alors que NZM payait US$ 2 900. Etonnant : la compagnie néo-zélandaise détient 49 % des parts de l?entreprise locale, à travers une filiale singapourienne.
Surfacturation
«Logiquement, on s?attendrait à ce qu?une filiale du fournisseur, tenant compte de l?économie d?échelle, obtienne un prix inférieur à celui accordé aux autres importateurs», fait ressortir la commission. Elle aurait opté pour un processus de surfacturation établi à l?étranger.
A Singapour, les limiers apprennent que NZM importait le lait en sachets de 25 kilos d?un fournisseur australien, racheté par la firme néo-zélandaise qui exportait déjà du Farmland à NZM. La partie néo-zélandaise exportait précédemment du Red Cow à une autre compagnie mauricienne. Après le rachat, NZM devient l?unique détenteur de la marque Red Cow à Maurice.
Cependant, le fournisseur ayant changé, sa facture est désormais envoyée à sa filiale singapourienne au lieu de NZM, avec déjà sa marge de profit. De Singapour, une nouvelle facture est établie, avec un profit additionnel de 16 %. «L?importateur local a, en connaissance de cause, payé un prix plus élevé pour le lait Red Cow sans aucune justification, et cette hausse fictive de facturation a été passée aux consommateurs mauriciens», fait ressortir l?Icac.
L?Icac affirme avoir relevé l?existence d?un emprunt de 1,1 millions de dollars de la filiale singapourienne auprès de NZM, dont le remboursement a démarré plus de 12 ans après. «L?on soupçonne que la facturation du lait en poudre importé d?Australie par l?importateur local a été manipulée délibérément pour compenser la compagnie singapourienne pour les intérêts sur l?emprunt et le non-paiement des dividendes», explique l?Icac.
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