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Humeur mitigée
<B>Par Raj MEETARBHAN</B>
Le climat général des affaires n?est pas totalement assaini. C?est le principal enseignement que l?on peut tirer de l?étude faite par l?organisation patronale, la «Mauritius Employers Federation» (MEF), et rendue publique hier. Seulement un opérateur économique sur trois se dit plus optimiste qu?il y a un an sur l?évolution du climat. Pour les autres, la situation se dégradera ou restera inchangée.
Les hommes d?affaires et chefs d?entreprise sondés se félicitent de la nouvelle politique fiscale mais se plaignent des obstacles bureaucratiques qui se dressent sur leur parcours. Un très fort pourcentage des sondés, soit 80 %, estime que la baisse des impôts, à la fois pour les particuliers et pour les compagnies, incite les entreprises à investir et à se développer davantage.
Mais ils sont également nombreux ceux qui attribuent aux pesanteurs de la bureaucratie les principaux blocages à leurs plans de développement. «Public administration is viewed as a major obstacle to business due to its overly bureaucratic nature and lack of competent and dedicated human resources», note le rapport tout en signalant que la majorité des hommes d?affaires souhaitent de profonds changements au sein de la fonction publique.
Ce sont les institutions publiques chargées de la promotion des investissements qui devraient se sentir interpellées par l?humeur mitigée qu?expriment les milieux d?affaires. En premier lieu, c?est le «Board of Investment» qui est concerné. Mais d?autres organismes qui ont pour mission de faciliter les démarches des entreprises, telles SEHDA, «Enterprise Mauritius» et la Banque de développement devraient également revoir leur mode de fonctionnement pour mieux répondre aux attentes des milieux d?affaires.
La surprise est venue de la réponse donnée aux sondeurs sur le facteur qui les a le plus motivés cette année pour investir. Seulement 6 % des sondés expliquent que leur décision est une conséquence de la nouvelle politique économique. Ainsi, contrairement aux idées reçues, le train des mesures économiques adoptées depuis l?installation d?une nouvelle équipe à l?hôtel du gouvernement n?a pas eu beaucoup d?impact sur le moral des entrepreneurs. Il n?y a que la politique fiscale qui a produit un effet considérable.
A la série de difficultés que les sondés disent éprouver (congestion routière étouffante, taux d?absentéisme élevé, loyer de l'argent trop cher, etc.) s?ajoutent deux obstacles de grande importance. Il s?agit de la corruption et de la dégradation de l?ordre et la paix publics. «78, 5% of respondents do not feel that existing measures to combat corruption are appropriate. Clearly the business community is dissatisfied with the lack of commitment from the authorities to reduce and eliminate corruption in Mauritius. The perception of too much Government involvement? is ripe.» Qu?a fait l?ICAC pour être créditée d?une si mauvaise note ?
Pour l?instant donc, le seul rayon de soleil provient de la fiscalité légère. Mais cet espoir peut se retrouver ruiné si les «Taxe-Wallahs» obtiennent gain de cause dans leur combat contre le ciblage.
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