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Hosni Moubarak à la poursuite d?un cinquième mandat
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Hosni Moubarak à la poursuite d?un cinquième mandat
Au pouvoir depuis vingt-quatre ans, le président Moubarak, 76 ans, a annoncé son intention de briguer un cinquième mandat de six ans à la tête de l?État égyptien.
« Je vais rechercher le soutien et la confiance du peuple pour un nouveau mandat », a-t-il déclaré dans un discours à Chibin el-Kom, capitale de la province du delta du Nil, où il est né.
Cette candidature, qui ne suscite aucune surprise, doit encore obtenir ? une simple formalité ? l?aval du bureau politique du Parti national démocratique (PND, au pouvoir) avant d?être déposée officiellement. Sa réélection pour un nouveau mandat est donnée comme acquise.
M. Moubarak, chef de l?armée de l?air pendant la guerre d?octobre 1973 contre Israël, est au pouvoir depuis l?assassinat du président Anouar Al-Sadate, en 1981. « L?Égypte est à la croisée des chemins : régresser ou aller de l?avant », a encore dit le président égyptien, sans cesse interrompu par des partisans enthousiastes, scandant « nous t?avons choisi ! ».
Un amendement « historique »
Il a annoncé, en guise de programme, de nouvelles réformes vers « une société démocratique, le multipartisme, la défense des droits de l?homme et l?État de droit », ainsi que des réformes économiques libérales. Confronté à la pression de l?opposition et des États-Unis en faveur de réformes, il avait annoncé, le 26 février, qu?il avait demandé au Parlement un amendement de la Constitution pour introduire l?élection présidentielle au suffrage universel direct. Le président égyptien se voyait reprocher ses réticences à lancer des réformes politiques.
Cette initiative faisait suite aux manifestations de l?opposition lui réclamant depuis plusieurs semaines d?accélérer les réformes politiques, notamment le mode d?élection du chef de l?État. Le président américain, George W. Bush, avait demandé à plusieurs reprises à l?Égypte « qui a montré la voie de la paix au Proche-Orient (de lui) montrer maintenant la voie de la démocratie ».
M. Moubarak avait qualifié cet amendement « d?historique ». « Il permettra pour la première fois dans l?histoire politique de l?Égypte à tous ceux qui en ont la capacité et la volonté de servir la patrie et de prendre des responsabilités pour en préserver les acquis (?), de présenter leur candidature pour l?élection directe à la présidence », avait-il ajouté.
Un référendum populaire a approu-vé, le 25 mai, l?amendement de l?article 76 de la Constitution permettant de tenir une élection présidentielle pluraliste et au suffrage universel. L?oppo-sition a estimé que cet amendement posait des « conditions rédhibitoires » nécessitant l?aval, pour un candidat, de 250 membres des deux chambres du Parlement et des conseils provinciaux, dominés par le parti au pouvoir.
Les partis d?opposition Tagammou (Parti du rassemblement, d?obédience marxiste) et nassériens ont déjà décidé de boycotter les prochaines élections présidentielles et législatives prévues en novembre afin de protester contre les conditions posées par l?amendement. Il a également proposé la tenue le 3 août d?un sommet de la Ligue arabe à Charm el-Cheikh, la station balnéaire de la Mer Rouge frappée samedi 23 juillet par une série d?attentats à la bombe.
Ces attentats ont été le pire carnage perpétré en Égypte avec un bilan encore provisoire de 67 morts, neuf mois après d?autres attaques meurtrières à Taba, également dans le Sinaï, semblant porter la marque de la nébuleuse Al-Qaïda. « Je suggère la tenue d?un sommet arabe extraordinaire, et je propose qu?il ait lieu mercredi 3 août à Charm el-Cheikh », a-t-il annoncé dans un discours diffusé à la télévision nationale.
« Les Arabes sont capables de relever les défis auxquels la nation arabe est confrontée actuellement », a-t-il poursuivi sans détailler d?ordre du jour, ajoutant que « l?Égypte luttera contre le terrorisme ».
@ 2 005 Le Monde ? AFP ? Distribué par The New York Times Syndicate
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