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Henri Favory : «Je propose un théâtre qui dérange»
6 juillet 2013, 02:46
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Henri Favory : «Je propose un théâtre qui dérange»
Le Festival de théâtre organisé par l’agence Immedia se tiendra du 20 au 31 juillet. D’autres événements tels que le Festival du rire et la pièce «Le Prénom» sont également prévus dans les mois à venir. L’occasion de faire le point sur la situation de cet art à Maurice avec Henri Favory.
Si les planches réussissent à certains, pour d’autres, c’est à chaque fois un exercice d’équilibriste quand ils montent sur scène. C’est le cas d’Henri Favory, figure emblématique de notre théâtre local qui brûle les planches depuis plus de quarante ans. «Les artistes mauriciens n’ont ni les moyens ni l’endroit approprié pour se produire», explique-t-il.
Ainsi, faute de moyens, la pièce Tizan Lerwa qu’il prépare actuellement en vue du Festival de théâtre risque d’être sa dernière création. «Si j’étais le ministre des Arts et de la Culture, avant d’accepter que les agences fassent venir des artistes étrangers, je leur demanderais de signer une clause dans laquelle ils s’engagent à produire aussi des artistes mauriciens.»
Ne trouvant pas de lieu pour se produire, Henri Favory a aménagé dans sa cour un espace qu’il a baptisé le Théâtre des Mouettes. S’il dit également n’avoir pas de soutien du gouvernement, il déplore la difficulté à trouver des sponsors. Les raisons, il ne faut pas les chercher loin, selon lui : «Je propose un théâtre qui dérange. Mon théâtre ne fait pas rire mais pousse à réfléchir, notamment sur les travers de la société.» Pour obtenir l’aide du gouvernement, Henri Favory fait ressortir qu’il faut à chaque fois présenter le manuscrit de la pièce au ministère des Arts et de la Culture, pratique à laquelle il refuse de se soumettre. «Je préfère me passer de leur soutien. Un artiste doit être libre de s’exprimer.»
Dans un autre registre, Henri Favory conçoit qu’il y a une évolution certaine du théâtre et que beaucoup de jeunes s’y intéressent mais «encore faut-il leur donner les moyens de s’exprimer».
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