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Harish Boodhoo somme le Premier ministre d?agir contre la VOH

2 juillet 2008, 00:00

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«Nous ne devons pas tolérer un autre escadron de la mort.» La phrase, écrite par un ancien vice-Premier ministre, Harish Boodhoo, est lourde de sens. C?est dans une lettre ouverte au Premier ministre, Navin Ramgoolam, que l?activiste tient ces propos, visant la Voice of Hindu, une association socioculturelle.

Hier, Harish Boodhoo a porté plainte contre la VOH à la police, dénonçant un mauvais usage du drapeau indien, entre autres. Il vise là un bandeau de la VOH, à Grand-Bassin. Ce bandeau comporte deux petits drapeaux indiens, flanqués de deux épées ensanglantées. En haut du bandeau, en caractères gras, se trouve le nom du groupe socioculturel Voice of Hindu.

Que reproche Harish Boodhoo à la VOH ? Dans cette lettre ouverte au Premier ministre, de même que dans des courriers adressés à la Haute Commission indienne, le ministère des Affaires étrangères, le commissaire de police et le secrétaire aux Affaires intérieures, Harish Boodhoo dresse un portrait peu glorieux de la VOH. Certains membres sont tantôt traités de «têtes brûlées» et tantôt accusés d?être une bombe sur le point d?anéantir la cohésion raciale du pays.

<B>Menaces et violence </B>

Ce sont des incidents survenus vendredi dernier, à l?hôpital Victoria, Candos qui provoquent la colère de Harish Boodhoo. Il accuse certains membres de la VOH d?avoir interrompu la distribution de méthadone à des drogués en cure et d?avoir menacé les membres du corps médical présents à ce moment-là. Ils auraient également usé de violence à l?encontre des patients venus récupérer leurs médicaments.

Dans ses lettres, Harish Boodhoo dresse une liste des activités, quelquefois qualifiées de «terroristes» de la VOH depuis les cinq dernières années. Sur cette liste figure, entre autres, des bagarres «raciales» évitées de justesse à Caroline et à Grand-Gaube. Harish Boodhoo accuse la VOH d?avoir pris la justice entre ses mains et de créer un «Etat dans un Etat». Il affirme que nombre de leurs actes de violence sont restés impunis.

Comment des personnes usant de violence peuvent-elles rester impunies ? Pour Harish Boodhoo la réponse est simple; la VOH est proche du pouvoir, quel qu?il soit. En d?autres termes, selon Harish Boodhoo, la VOH change de cheval avant la ligne d?arrivée, s?assurant ainsi de gagner la course à tous les coups. Ainsi, à en croire ses dires, la VOH agirait en toute impunité, étant sous la protection de certains membres du pouvoir.

<B>«Criminels ayant des activités paramilitaires»</B>

Dans sa lettre ouverte au Premier ministre, Harish Boodhoo dresse un portrait de la Voice of Hindu de sa création à ce jour. Il affirme que certains des activistes phare du mouvement s?en prenaient déjà à certaines personnes dans les années 80 et 90. Lui-même en aurait fait les frais. Il raconte, en outre, que le mouvement, né sous l?égide d?Anerood Jugnauth, aurait pris son envol en 2003, avec l?arrivée de Paul Bérenger au pouvoir.

Qualifiant les membres de la VOH tour à tour de «vautours», de «brutes» ou encore de «criminels ayant des activités paramilitaires», Harish Boodhoo ne cache pas son opinion sur ce groupe. Le Premier ministre est aussi dénoncé dans sa lettre ouverte, ainsi que d?autres hauts cadres comme ayant fermé les yeux ou encouragé les différentes activités «illégales» dont il accuse la VOH. Il ajoute d?ailleurs que le Premier ministre a presque donné du poids à la VOH en assistant à leurs rassemblements socioculturels et en les défendant.

Se référant à l?agression dont auraient été victimes des patients de l?hôpital Victoria, Candos, vendredi dernier, Harish Boodhoo ajoute qu?en ce qui concerne la VOH, la police serait presque «sans défense». Aucune arrestation n?a encore été faite dans cette affaire. Tout en sommant le Premier ministre de prendre la pleine mesure de la situation, Harish Boodhoo lui demande donc d?agir et d?arrêter cette «bombe à retardement sur laquelle nous sommes assis».

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