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Grévistes de la faim et autorités adoptent la ligne dure
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Grévistes de la faim et autorités adoptent la ligne dure
Alors que les corbeaux accueillent la venue de la nuit au Jardin de la Compagnie, les grévistes de la faim affermissent leur position :?Nou pou ress la mem. Nu na pa pou sede !? Ils ont scandé cela après que leurs hommes de loi, Mes Samad Goolamaully, Ashley Hurhangee et Kailash Trilochun, leur ont annoncé que le gouvernement ne reviendra pas sur sa décision de révoquer leur recrutement au poste de Health Care Assistants (HCA). Lors d?une réunion, plus tôt, le ministre de la Santé, Satish Faugoo, avait expliqué au trio légal qu?il devra rencontrer le Premier ministre pour résoudre cet imbroglio qui devient un drame humain.
Précarité
Installés dans des abris de fortune et dormant souvent à même le sol, plus d?une quarantaine d?aspirants HCA font la grève de la faim depuis vendredi. Ils sont soutenus par des proches et quelque 270 autres HCA déçus. Certains, à l?instar de Ravindadev Kalachand, n?ont même pas avalé une goutte d?eau depuis qu?ils ont décidé de protester contre cette ?injustice?. ? Si bizin enn mor parmi nu, mo la?, a-t-il déclaré à la foule après avoir appris la position intransigeante de l?Etat.
La détermination de ce marchand ambulant est d?autant plus exemplaire qu?il n?est pas directement impliqué. Il refuse de se nourrir par amour pour sa fille de 22 ans. Il l?avait accompagnée à l?hôpital Jeetoo, vendredi, lorsqu?elle a appris qu?elle n?allait finalement pas être embauchée. ? Zot inn pass par tou kondisyon ki Public Service Commission (PSC) in impoz lor zot. Nou fer en apel a premie minis ena la sazess repran tou sa zenfans la.?
Les 388 HCA qui ont reçu leurs lettres de nomination le 30 juin ont répondu à tous les critères de la PSC. Plusieurs ont tout de suite démissionné de leur emploi pour prendre le service à l?hôpital, vendredi. Mais le dénouement heureux ne s?est pas matérialisé. Qui plus est, leur ancien employeur a refusé de les reprendre. Plusieurs familles ont été plongées, du jour au lendemain, dans une situation de précarité assez grave.
De nombreux passants sympathisent avec ces victimes d?un bras de fer politique. ?C?est révoltant ce qui leur arrive?, lance une femme. Elle demande ce que fait la ministre de la Femme, Indranee Seebun, pour assister ces familles en détresse.
Priya, 27 ans, est allongée dans la tente réservée aux grévistes femmes. C?est le début de l?après-midi. Une chaleur oppressante y règne. Toutefois, elle a froid. Elle pleure à chaudes larmes dans une sorte de torpeur fiévreuse. ?Mo ti travay secreter dan enn konpani pendan 8 an. Monn kit mo travay ek monn apply pou en lakaz. Kouma mo pou paye li aster? Mo demande Premie minis renn mwa mo travay .? Ses deux enfants, âgés de trois ans et quatre ans et demi, sont chez elle. Son époux travaille dans une usine. ?Mo pou kontinye ziska ki zott redonn mwa mo travay?, lance-t-elle avec courage.
Lovena Murday, 25 ans, déplore avoir quitté son emploi de superviseur dans une usine d?électronique ?pour enn emplwa dan sekter piblik?. Elle a démissionné de ce poste, qu?elle a occupé pendant plus de quatre ans, le lendemain de la réception de sa lettre de nomination. Son mari ?n?a pas un salaire fixe? et son employeur refuse de la reprendre.
Minta Mookhram, 26 ans, et Roshnee, 19 ans, ont démissionné de leur poste dans une école maternelle et un collège respectivement. La seconde a même fait un gros emprunt pour financer les études de sa s?ur en Angleterre. Leur stabilité financière s?est envolée la révocation. Elles n?ont plus rien à perdre.
Les hommes de loi des grévistes leur ont expliqué que leurs démarches judiciaires sont en bonne voie, mais que cela pourra prendre du temps. Et le temps joue un rôle primordial pour des grévistes qui jeûnent depuis quatre jours.
EN COUR SUPREME
Un ordre temporaire interdisant de recruter d?autres HCA recherché
■ Leur accession au poste de HCA gelée, 213 aspirants ont hier après midi juré un affidavit en Cour suprême. Ils demandent l?annulation de la révocation du ministère de la Santé. Ils recherchent aussi un ordre temporaire de la cour visant à interdire à la Public Service Commission (PSC) et au ministère de procéder à tout autre recrutement de HCA sans les avoir au préalable ?réintégrés à leur poste?. Les plaignants pourraient demander aujourd?hui à la Cour suprême une révision (?judicial review?) de l?annulation de leur recrutement. Dans leur affidavit, ils expliquent que le co-défendeur dans cette affaire, la PSC, est chargé de recruter les fonctionnaires et qu?elle peut déléguer ce pouvoir à un autre officier de la fonction publique. En l?occurrence, le ministère de la Santé. Le 24 septembre 2004, écrivent-ils, ils ont postulé au poste de HCA à la suite d?un communiqué de presse. Les premiers entretiens ont eu lieu en février-mars 2005. Les candidats ont montré leurs diplômes, disent-ils, à la satisfaction des intervieweurs. Dans une lettre datée du 30 juin, le ministère de la Santé les informe qu?ils ont été sélectionnés. Une lettre d?acceptation est annexée. Ils l?expédient au secrétaire permanent dans le délai imparti. Les sélectionnés sont priés de rencontrer le ?Regional Health Director? de leur hôpital, le 8 juillet. Toutefois, ils affirment avoir reçu la visite d?un inconnu, le 7 juillet. Il leur a remis une lettre les informant que l?offre d?emploi a été annulée. Cette personne, avancent-ils, a refusé de décliner son identité. Certaines lettres ne sont même pas signées. Le lendemain, en se rendant à l?hôpital, le ?Regional Health Director? les informe que leurs services n?étaient plus requis et qu?ils pouvaient rentrer chez eux.
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