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Grève et troubles au lendemain d’un attentat

22 août 2004, 20:00

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Des foules en colère ont saccagé une gare de chemin de fer et incendié des wagons hier au Bangladesh, où ont éclaté d’autres violences sporadiques au lendemain d’un attentat à la grenade contre un meeting de l’opposition, dans lequel au moins 17 personnes ont péri et 150 autres ont été blessées.

Des partisans de la Ligue Awami (principale formation de l’opposition) de l’ancien Premier ministre Cheikh Hasina ont arrêté un train qui se rendait de Chittagong à Dacca et ont contraint les 600 voyageurs à descendre avant de mettre le feu à deux voitures vides. Les partisans de la Ligue Awami ont également saccagé une gare proche de Chittagong.

Autre cas de violence signalé, cinq personnes ont été blessées dans des heurts entre partisans du BNP (Parti nationaliste du Bangladesh, au pouvoir) et de la Ligue Awami à Cox’s Bazar dans le sud-est du pays, ont rapporté des témoins.

Des dizaines de véhicules ont en outre été incendiés à Dacca, où, hier, des policers armés jusqu’aux dents patrouillaient dans des rues. La circulation était étrangement clairsemée pour un jour ouvré.

Une série noire

La police a annoncé parallèlement que huit personnes avaient été arrêtées hier à Dacca dans l’enquête sur l’attentat et étaient interrogés.

Au moins sept grenades ont été lancées samedi dans une foule de 3000 personnes assistant à un meeting électoral de la Ligue Awami. Selon les dirigeants de la Ligue Awami, l’attentat visait la présidente du parti, Cheikh Hasina. Au moins trois députés de la Ligue Awami ont été blessés. Trois autres responsables du parti ont eux aussi été touchés, dont une femme qui a perdu ses deux jambes.

Cheikh Hasina venait de finir un discours et était sur le point de descendre du camion qui lui servait d’estrade quand la première déflagration s’est produite. Selon des responsables du parti, elle n’a été que légèrement blessée à la main.

Pour protester contre ces violences, la Ligue Awami a lancé un appel à la grève pour mardi et mercredi. Mais certains n’ont pas attendu cet appel pour cesser le travail et de nombreux bureaux, magasins et écoles étaient fermés d’ores et déjà hier dans la grande ville portuaire de Chittagong, la ville industrielle de Khulna et à Sylhet dans le Nord-Est du pays.

Des partisans de la Ligue Awami bloquaient hier des rues et de grands axes routiers en plusieurs endroits. “La grève est en cours et les autorités ont déployé des Bangladesh Rifles (force de protection des frontières) pour maintenir l’ordre. Mais aucune violence n’est signalée”, a déclaré un policier de Chittagong.

Le Bangladesh a connu ces derniers mois une série d’attentats à la bombe que la police a apparemment du mal à élucider. Des politologues peinent quant à eux à expliquer ces actes et à se prononcer sur leurs éventuels auteurs.

En mai, une bombe avait explosé à Sylhet (Nord-Est), faisant trois morts et une cinquantaine de blessés, dont le Haut commissaire (ambassadeur) de Grande-Bretagne. Ce mois-ci, le maire de Sylhet, membre de la Ligue Awami, a été visé par un attentat à la bombe auquel il a échappé sain et sauf. L’explosion a fait un mort et une trentaine de blessés.

“Les extrémistes anonymes ont de nouveau sévi, et après plusieurs attentats à la bombe ils n’ont été ni localisés ni sanctionnés”, a déclaré à Reuters Matiur Rahman, rédacteur en chef de Prothom Alo, le principal quotidien en langue bengalie.

“Il pourrait s’agir d’une explosion de violence entre partis politiques rivaux”, a ajouté Rahman, pour qui de mystérieux “extrémistes anti-démocratiques” seraient à l’origine de ces attentats.

Selon la presse bangladaise, Hasina était visée par l’attentat de samedi, vivement condamné par le Premier ministre, la bégum Khaleda Zia, qui a promis qu’une enquête exhaustive serait menée pour retrouver ses auteurs.

Zia dirige une coalition de quatre partis emmenée par son Parti nationaliste du Bangladesh (BNP), et qui comprend deux partis islamistes. L’alliance formée autour du BNP a battu la Ligue Awami lors des dernières élections législatives, en octobre 2001.

Nizam AHMED Kamil ZAHEER

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