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Grève des étudiants en médecine

6 avril 2006, 00:00

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Les manifestations estudiantines reprennent à Ankatso. Les étudiants de la faculté de médecine exigent que les responsables considèrent leur cause.

Du pain sur la planche pour le nouveau patron de l’université. Au lendemain de la passation de service entre Pascal Rakotobe et Wilson Rajerison, une manifestation a été organisée par les étudiants de la faculté de médecine.

Ils ont lancé un ultimatum de 48 heures aux hauts responsables pour prendre en considération leurs revendications. Deux jours durant lesquels ils suspendront tous les cours et stages ainsi que d’autres activités pédagogiques. Ils ont été plus de 300 étudiants, hier, à se réunir sur l’esplanade d’Ankatso pour répondre au tract lancé par l’Association des futurs médecins de Madagascar (AMDM).

Cette dernière réclame que leur soit dorénavant accordée une augmentation d’indemnité de stage. “Il est temps que nous, futurs médecins, nous préoccupons davantage de notre sort en refusant la somme dérisoire qui nous est versée en contrepartie de notre dure tâche”, a souligné Antonio Homfi, président de l’AMDM. Jusqu’à maintenant, les étudiants de médecine ne reçoivent que Ar 300 par jour d’indemnité de stage. Ils réclament une augmentation jusqu’à Ar 2 000.

Pour sa part, le doyen s’est abstenu de tout commentaire concernant cette manifestation.

Le délai expire vendredi. La grève durera deux jours. Les manifestants ont aussi évoqué l’inégalité par rapport aux élèves-infirmiers et paramédicaux qui touchent Ar 98 000 par mois. Cette somme couvre leurs frais de déplacement, les indemnités de risque et de restauration. “C’est injuste et lamentable ce qu’on a vécu”, se sont écriés des manifestants, même s’ils ont procédé avec calme hier.

À cet appel, le nouveau président de l’université, Wilson Rajerison, a souligné que son département n’est pas en mesure de répondre à cette revendication estudiantine: “L’université n’est pas habilitée à résoudre les problèmes d’allocations ou de bourses universitaires.” Celles-ci sont dorénavant traitées au niveau du pouvoir central. “Pour le cas de la faculté de médecine, les ministères de l’Education nationale et de la Santé en sont les premiers responsables”, dit-il.

<B>Manifestation d’envergure prévue</B>

La journée d’hier n’est donc que le début de la prochaine manifestation prévue par l’AMDM. Elle a fixé un autre rendez-vous ce vendredi à 8 heures. “On a prévu une manifestation de plus d’envergure dans les rues si aucune négociation n’est entamée d’ici là”, a précisé Antonio Homfi.

La revendication des étudiants en médecine ne date pas d’hier. Une manifestation s’est déjà déroulée en novembre 2004 sans qu’aucune réponse satisfaisante n’ait été obtenue, faute de moyens au niveau du ministère.

Les futurs médecins revendiquent plus de 300 Ar d’indemnité par jour .

Dur, dur de devenir de bons médecins. Les étudiants en médecine doivent vivre dans des conditions précaires. Depuis l’internat, les étudiants du 3ème à la 6ème année reçoivent Ar 300 par jour en guise d’indemnité de stage et de garde, somme avec laquelle il faut payer la nourriture, les frais de déplacement et les polycopies vendues en salle.

“Les aînés de la 7ème année auront droit à la somme de Ar 160 000 comme présalaire. Un avantage dont ne jouissent pas les niveaux inférieurs”, souligne Emile Razafimahatradraibe, étudiant en 7ème année.

Par ailleurs, l’inexistence d’indemnité de risque les préoccupe aussi. “Nous travaillons dans un milieu où différentes maladies risquent de nous contaminer, alors qu’aucun outil performant, aucune assurance ne nous sont alloués”, ajoute un autre.

Quant au cursus académique, le quota d’étudiants déterminé provoque un autre problème au sein de la Faculté. “Un enseignant ne s’occupe dorénavant que de quatre thésards. Une contrainte qui ne fait qu’empirer la situation”, conclut-il.

<B>Fanja SAHOLIARISOA</B>

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