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The Grudge : Terrifiant !
Jamais film d?épouvante n?aura réussi un tel tour de force. The Grudge, adaptation américaine par le Japonais Takashi Shimizu, remake de son propre film Ju-On, qui signifie littéralement « la rancune », vous prend par les tripes, vous scie d?effroi dans votre fauteuil et vous renvoie chez vous, le c?ur gonflé d?horreur.
Si l?intrigue, classique dans son exploitation de la maison hantée, ménage le mystère, elle ne ménage pas les effets de ce mystère. Qui hante la maison et pourquoi ? Comment le fantôme choisit-ils ses victimes et pourquoi ? Ces questions dont les réponses ne sont guère évidentes, scient le spectateur, l?inquiètent, le sidèrent. Pas un moment de répit, malgré quelques invraisemblances disséminées ça et là.
The Grudge se joue de la peur avec délectation et aligne des effets de mise en scène presque inédits pour un film d?épouvante. La caméra de Takashi Shimizu scrute, se promène et filme en hauteur ou en plongée avec une froideur incommensurable, sans forcer sur les effusions de sang. Les victimes ne savent pas pourquoi elles sont la cible de cette terrible vengeance. Le spectateur les suit, aussi terrorisé dans leur envie de survivre désespérante et désespérée.
Terrorisant parce que le fantôme en question est multiple. The Grudge met en scène la peur, dans une maison japonaise, en plein c?ur d?une ville tristement lugubre.
L?atmosphère est pesante, les bruits insolites sont modifiables, languissants, traînants. La disqualification des repères, les flashbacks incessants, parfois longs et pesants, parfois ennuyeux, se muent rapidement en des scènes chocs. Le spectateur sursaute, tressaille, s?agrippe à son siège.
L?interprétation est excellente, elle est toute en nuance, parfois complexe et toujours juste, surtout lorsque les personnages sont pétrifiés d?effroi. Sarah Michelle Gellar, la tueuse de vampires du petit écran, humaine, sans ses super pouvoirs, à la fois passive et déterminée, ne saurait exister, sans le jeu des autres acteurs.
Les fantômes qui épousent les traits de Takako Fuji et Yuya Ozeki, le petit garçon de sept ans, terrifiant à souhait, qui jouaient tous deux dans le film original, vont vous poursuivre, longtemps après que vous ayez vu le film. Quant au rire nerveux qui vous prend alors que tombe le rideau, ce sera votre seule et unique rédemption.
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