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Grandes man?uvres pour ?outsiders?

5 mai 2005, 00:00

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Aspirations nationales, mais rayonnement local. De Cehl Meeah à Raj Dayal en passant par Dinesh Ramjuttun, ils revendiquent tous un poids électoral non négligeable. En fait, quel est leur poids réel et quelles sont leurs limites ?

?Respek nou lidentite !? Tel est l?un des slogans du parti rebaptisé Front solidarité mauricienne (FSM) de Cehl Meeah. ?Je serai candidat dans la circonscription n°10?, affirme d?emblée Raj Dayal. Les deux sont définitivement conscients de leur valeur marchande sur la scène politique.

Avec seulement 580 voix d?écart entre ce dernier et le troisième candidat élu de l?alliance MSM-MMM aux élections générales de 2000, Raj Dayal a fait la démonstration de son ancrage dans la circonscription Quartier-Militaire et Moka.

C?est à ce titre qu?il soutient ?avoir tenté une ouverture pour une alliance?. Il reconnaît toutefois, qu?à ce jour, ?rien de concret n?a été enregistré?. Ce qui ne l?empêche pas d?annoncer un meeting le13 mai à Bel-Air où il dira ses options d?alliance.

On retrouve des similitudes du côté de Cehl Meeah. En position d?attente, ce dernier rêve aussi d?une alliance. Tout comme Raj Dayal, il affirme pouvoir faire basculer la balance électorale. Pour cela, Cehl Meeah s?appuie sur les performances du Hizbullah dans les circonscriptions n°2 et n°3 aux législatives 2000. La présence des candidats du défunt Hizbullah avait effectivement grignoté le réservoir électoral du MMM dans ces circonscriptions.

Forts de ces résultats, les deux dirigeants politiques ont réalisé leur capacité de nuisance et comptent bien en tirer profit. Cependant, l?image qui leur est associée ne leur permet que d?attirer principalement un vote protestataire, qui les enferme dans une marginalité politique.

Cloisonnement

Le seul moyen de sortir de ce cloisonnement est de s?accrocher aux grands partis traditionnels. Ce qui explique les efforts d?ouverture de ces dirigeants politiques. Mais les choses ne sont pas aussi simples car ils peuvent donner des idées à d?autres, à l?instar du Maulana Sahoodeea, qui pourrait bien puiser dans le vivier de Cehl Meeah. Comme quoi on peut être pris à son propre piège !

Mais le paysage politique ne se résume pas qu?à cette catégorie de personnages politiques. Certains ont évolué dans l?ombre, d?autres sont convaincus de pouvoir influencer l?électorat. C?est ainsi que Dinesh Ramjuttun se targue de pouvoir faire chuter l?alliance gouvernementale en se mettant au service de Navin Ramgoolam. Mais il est connu que l?action politique de Dinesh Ramjuttun est davantage de travailler contre, plutôt qu?en faveur, de quelqu?un. Cette fois, c?est du désamour de Paul Bérenger qu?est né son amour pour Navin Ramgoolam.

Le cas de Harish Boodhoo est différent. Après avoir été présenté comme l?architecte de l?alliance MSM-MMM en 2000 et de l?Alliance sociale par la suite, Harish Boodhoo se refuse à décliner sa position pour l?instant. Courtisé par les deux camps, il affirme vouloir rester à l?écart et souhaite surtout un débat d?idées entre Paul Bérenger et Navin Ramgoolam afin que les électeurs puissent faire leur choix.

Politique active

Reste Suttyhudeo Tengur. Le président de la Government Hindi Teachers? Union affirmait, il y a quelques mois, vouloir faire de la politique active puisqu?il avait une mission à accomplir. Mais aujourd?hui, ses objectifs sont atteints, affirme-t-il. Sur son engagement politique, il demeure nuancé. Il soutient être sollicité pour ses opinions. ?La manière de penser des gens a changé. (...) Pour ces premières élections générales du troisième millénaire, les politiciens traditionnels ne parviennent toujours pas à lire correctement les désirs de l?électorat. Boukou dimoun pu dekouyone??

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