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Grandes espérances
Le nouveau ministre des Finances et de l’Economie, Rama Sithanen, multiplie les consultations avec les capitaines d’industrie, associations patronales et sectorielles. Ces discussions lui serviront pour présenter bientôt une série de mesures destinées à créer un meilleur “business mood” et aider efficacement les secteurs clés de l’économie. Le secteur privé et la population l’attendent au tournant.
Ce package de mesures d’accompagnement saura-t-il créer le déclic tant attendu pour relancer l’économie ? Faute de pouvoir influer sur le taux de croissance cette année, Rama Sithanen a là l’occasion de créer un environnement propice à faire repartir la machinerie économique sur un régime plus élevé. Dans quelques jours, nous serons fixés.
Rama Sithanen n’a pas le droit de décevoir les attentes des uns et des autres mais le secteur privé et la population ne doivent pas non plus s’attendre à un miracle. La marge de manœuvre est limitée, d’une part, par les contraintes budgétaires et, d’autre part, par la conjoncture internationale.
De plus, il faudra vraiment faire preuve d’imagination pour trouver des mesures et incitations susceptibles de redynamiser les secteurs traditionnels. Il semble que tout a déjà été tenté.
Le secteur privé et les petites et moyennes entreprises se plaignent surtout de ne pouvoir accéder à un financement à des taux raisonnables. Pourtant nombre de “schemes” ont été ignorés. A moins de donner de l’argent en cadeau….
Mais au-delà des mesures qui seront annoncées, on attend du ministre des Finances qu’il aère l’atmosphère remplie de pessimisme que l’on respire depuis un peu trop longtemps. Les défis paraissent titanesques mais Maurice n’a pas d’autre choix que d’avancer pour ne pas retomber dans le sous-développement.
Le temps des débats puérils sur la réalité de la situation économique est révolu. Cela ne sert à rien de savoir si la croissance sera de moins de 4 % ou de 5,1 % puisque de toute façon c’est largement insuffisant pour créer de l’emploi.
En tout état de cause toutefois il n’est pas difficile de choisir entre l’analyse du “chief economist” de la Mauritius Commercial Bank, Gilbert Gnany, et celle de l’ancien ministre des Finances, Pravind Jugnauth.
Par ailleurs, on attend aussi de Rama Sithanen qu’il fasse preuve de sérieux et du sens de responsabilité en réglant la question du déficit de la State Trading Corporation (STC). Il est trop facile d’accuser les autres d’irresponsabilités quand on a soi-même peur de devenir impopulaire sitôt après les élections générales.
Pourquoi ne pas profiter de l’indulgence qu’impliquent les cent jours “d’état de grâce” pour prendre les décisions courageuses qui s’imposent ?
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