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Good Vibrations

7 mai 2005, 00:00

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Menwar et ses musiciens répètent leur spectacle, avec l?aide du batteur percussionniste congolais Emile Biayenda, aussi directeur artistique des Tambours de Brazza.

La séance de répétition va aussi vite que la musique. On parle le langage des percussions. Pa pa ra pan, accompagné de gestes doux ou énergiques.

Prenant pour base les compositions de Menwar, on arrange, on perfectionne, on met en valeur les talents de chacun et les couleurs musicales de chaque instrument.

Installés en cercle, les musiciens se regardent, observent les gestes, entrent dans la musique. A la manière d?un jeu de chaises musicales, chacun s?essaie à plusieurs instruments. Pas un ne leur résiste. Des plus imposants, comme la basse à la résonance grave ou le tambour d?eau et sa distorsion, aux plus petits, comme les pistas ou le sanza, made in Pointe aux Sables.

Emile et Didier, les plus jeunes des musiciens, essaient de trouver le rythme le plus approprié à un morceau. Ils se regardent dans les yeux tandis que leurs mains battent la peau du tambour à la même allure.

Didier n?est pas dans son bon jour. Il se corrige, essaie encore et encore. Emile l?assiste et l?encourage, le déconcentre aussi. Il frappe soudain plus fort et feint un mouvement brusque vers lui. Didier oublie un instant ce qu?il doit faire et improvise, trouve ses marques. Il souffle et sourit enfin.

De son côté Menwar chante et danse, frétille, sans perdre la mesure. Il fait alterner les explosions de percussions aux rythmes plus lents, dirige, corrige. Il faut trouver la balance entre la perfection du jeu et la petite part d?improvisation qui est toujours possible. «Kan dan feeling, éna kitsoz kip é zoué. Parfois, capav éna ban ti fler», explique Menwar.

?Je suis une oreille extérieure?

<B>Vous avez travaillé cette semaine avec le groupe de Menwar. Comment est née cette rencontre ? </B>

Menwar participera bientôt au Festival de percussions de la Réunion qui accueillera de grosses pointures. Nous devions travailler ensemble mais j?ai aussi d?autres projets de mon côté. Alors je suis venu aider à préparer, pour venir en amont. Je suis une oreille extérieure. Je trouve pas mal de trucs.

<B>Qu?avez-vous trouvé ? </B>

Chacun pousse son jeu. Mais comme il y a du chant, il faut laisser de la place. Donc on prépare toute ce qu?il y a autour du chant pour que quand la voix arrive elle trouve sa place.

<B>Vous travaillez sur des compositions ou à l?impro ? </B>

On travaille sur des compositions de Menwar, sur certains rythmes. Moi je laisse jouer les morceaux, j?écoute et je fais des arrangements. Nous avons par exemple travaillé les solos. J?essaie d?extirper ce qu?ils ont au fond d?eux. Ils font parfois des mélanges de rythmes et on essaie de rendre les choses plus homogènes. Moi, je regarde, j?enregistre, j?écoute et je fais des propositions. La ravanne est un instrument qui s?adapte bien mais qu?il faut plus mettre en valeur. Il faut par exemple éviter les djembés en même temps que les ravannes. Les djembés c?est plus pour la fête.

<B>Chaque instrument à sa couleur ? </B>

Oui. Dans la tradition des percussions, les tambours sont divisés en plusieurs sections rythmiques, les accompagnements, les basses, qui marquent la pulsation, puis tous les plus petits tambours ou percussions que l?on tisse autour et qui ont un côté aérien.

<B>Un bon percussionniste doit pouvoir jouer de tout ? </B>

Oui, c?est souvent la même base, mais pas la même technique. Il faut s?ouvrir, être curieux. Là, je passe du gros tambour au kajon.

<B>Qu?est-ce qui fait le son particulier du kajon ? </B>

C?est une caisse, en contre plaqué, avec des cordes de guitare derrière. Et il y a une marge entre les plaques, elles ne sont pas visées. C?est un instrument originaire d?Afrique, qui est parti à Cuba, où il était fait en peau. Puis on le retrouve en Argentine, après en Espagne où il accompagne le flamenco. Puis il est revenu dans la World music.

<B>Qu?est-ce qui fait que les percussions donnent tant envie de bouger de danser, résonnent dans le corps ? </B>

Pour moi, la percussion est un son primitif, l?un des premiers sons que l?homme a dû entendre. Il y a une réaction, le corps se souvient. D?une part.

Au Congo, les percussions, les tambours ont une ouverture en bas, donc le son résonne dans la terre et produit des vibrations qui remontent après dans le corps. Là-bas on dit que l?on entend dans le ventre. C?est de la magie. Les percussions ont toujours accompagné de grands évènements. En Europe, ce sont les tambours de guerre. En Afrique, c?est le quotidien. Chaque événement est marqué par le son des tambours.

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