Publicité

Gloire et décadence

15 août 2004, 20:00

Par

Partager cet article

Facebook X WhatsApp

lexpress.mu | Toute l'actualité de l'île Maurice en temps réel.

Marie-José Pérec ne réalisera jamais le triplé olympique. La Gazelle a mis un terme à sa carrière d?athlète en juin. Peu importe, son nom est gravé à jamais ? en lettres d?or ? dans l?histoire des Jeux Olympiques. La Française est la seule athlète à avoir remporté le 400m à deux reprises. D?abord aux JO de Barcelone en 1992, puis à Atlanta quatre ans plus tard. C?était la période où Marie-Jo dominait le monde dans les épreuves du 200 m et 400 m.

Sa consécration sur 200 et 400m aux Jeux d?Atlanta s?avérèrent cependant être, les derniers moments de gloire de sa brillante carrière. Un mois après les JO, elle s?inclina sur 400m à Bruxelles contre celle qui devait être sa grande rivale à Sydney en 2000, l?Australienne Cathy Freeman. Les choses allèrent de mal en pis pour cette grande dame de l?athlétisme français. Un examen médical en 1998 dévoila qu?elle était atteinte d?une grave maladie, une forme de mononucléose et de myocardite, le virus d?Epstein-Barr. Traitée à la cortisone, elle fut condamnée à l?inactivité et prit douze kilos.

Entre-temps, elle s?aligna une dernière fois dans une compétition mondiale. Sans succès. Avant la demi-finale du 200m des mondiaux d?Athènes, le 7 août 1997, elle se blessa à l?échauffement et renonça à la compétition.

Pendant deux ans, elle resta éloignée des pistes pour refaire surface sur le 200 mètres le 29 juillet 1999, à l?occasion d?un meeting de seconde zone en Finlande. Les chronos n?étaient toutefois pas rassurants à un an des JO de Sydney. L?important c?est qu?elle avait enfin renoué avec la vie d?athlète.

Le 8 juillet 2000 à Nice, elle obtint sa qualification sur 400m pour l?événement australien. Mais dévastée par la pression des médias et en proie aux doutes, Pérec allait fuire Sydney 48 heures avant le début des compétitions olympiques, privant ainsi, les antipodes de la confrontation tant attendue avec Cathy Freeman, qui venait d?allumer la vasque olympique.

Sa fuite rocambolesque fut sévèrement critiquée par la presse australienne qui la qualifia de ?poule mouillée?, tandis que la presse internationale se posa divers questions.

Pour la plupart des quotidiens australiens, l?agression dont la Française avait été victime à son hôtel pour expliquer son départ était un argument fallacieux. ?La vérité est beaucoup plus simple, cette championne aussi célèbre pour fuir que pour courir était finie?, écrivait le Sydney Morning Herald.

Marie José Pérec avait souvent été critiquée pour son fort caractère et surtout pour son agressivité envers certains journalistes. Mais sans vouloir jouer à l?avocat du diable, n?avons-nous pas été trop sévères à son égard ? Ne dit-on pas qu?atteindre le haut niveau est facile mais y rester est plus difficile. La pression médiatique, celle du public et des sponsors et sans compter la compétition elle-même. Tout ceci, il faut l?avouer n?est pas facile à gérer. Malgré ses titres de championne du monde et olympiques, Marie-José est après tout un humain avec ses forces et ses faiblesses.

D?ailleurs, c?est avec beaucoup de peine qu?elle a rangé ses pointes. ?La page est définitivement tournée. Je suis ici ce soir pour vous dire tout simplement que cette belle aventure, qui a démarré lorsque j?avais 15 ans se termine cette année. Ça me fait drôle de me dire à moi-même que j?arrête ma carrière et pourtant, c?est le cas. Ça fait quand même huit mois que j?ai pris cette décision, mais j?avais besoin de m?y habituer. J?avais besoin de gérer, prendre corps avec ce sentiment, cette ?chose?, et de me dire : ?c?est terminé?, avait-elle dit, lors d?un entretien avec la chaîne TF1, en juin dernier.

Publicité