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Glissement de terrain imminent
Toorab a construit sa maison à flanc d?un ravin bordant une rivière, à côté de la route principale à Rivière-des-Anguilles, celle qui dessert Chemin-Grenier. Il vit dans une angoisse permanente, craignant d?être un jour victime, avec sa famille, de l?érosion qui commence à affecter sérieusement cette partie du Sud.
«Nous sommes exposés à un glissement de terrain. C?est un vrai danger qui guette. L?Etat doit impérativement trouver des solutions avant qu?il ne soit trop tard. Les travaux qu?effectuent quotidiennement les employés des Infrastructures publiques pour éviter l?érosion ne contribuent pas à grand-chose. Les autorités concernées doivent envoyer sur place des experts pour des constats plus réguliers et suivre de près la situation.»
Toorab, qui habite ce coin depuis cinq ans, a été témoin de bien des accidents causés par l?érosion : «Les occupants des véhicules sont contraints de descendre de voiture pour enlever la terre et les arbres qui obstruent la route. C?est pire par temps de grosses averses et pendant la période cyclonique.»
Nous étions sur place jeudi. L?endroit rappelle la route du littoral à La Réunion, où un petit Réunionnais a trouvé la mort l?année dernière. Il a été touché à la tête quand un rocher d?une cinquantaine de kilos s?est détaché d?une falaise où pourtant des filets de protection ont été posés. Ce rocher avait défoncé le toit du véhicule dans lequel se trouvait l?enfant.
«Ross ek later pe desann»
Pour Toorab, les éboulements, très fréquents en ces lieux, font très peur, d?autant plus que cette partie du flanc de ce ravin s?effondre de manière accélérée ces temps-ci.
S.G., une voisine de Toorab, est, elle aussi, consciente du danger. Elle raconte : un dimanche soir, il pleuvait. Elle était sur le point de se mettre au lit. «Mo tann enn gran tapaz derierr mo lakaz. Letan mo al gete, mo trouv ross ek later pe desann», témoigne cette septuagénaire.
Sanjay , un chauffeur de taxi habitant Plaine-Magnien, conduit régulièrement ses clients visiter l?endroit. Il est sensible à l?érosion qui touche cette région. «Je ne suis pas tranquille quand je traverse cette zone. Je crains fort qu?il y ait un glissement de terrain emportant les clients étrangers avec moi. Mes clients me demandent parfois pourquoi ces gens habitent encore sur ce flanc.»
Soodesh est un marchand ambulant opérant à la foire de Rivière-des-Anguilles, situé non loin du poste de police de la localité, lui-même construit dans la zone exposée au glissement de terrain. Soodesh exprime ses craintes sur le double danger que représente l?ancien poste de police, construit en bois et qui est maintenant en état de décrépitude. Il se dit certain d?un risque pour tous les automobilistes et autres usagers de cette route. «Je ne serai pas étonné si un jour ce poste de police s?écroule et fait des victimes», soutient-il.
En août dernier, le conseil des districts de Grand-Port-Savanne avait sorti l?artillerie lourde contre Ramanooj Gopalsing, le commissaire de police, pour lui demander de faire démolir cet ancien poste, lequel représente un véritable danger et un eyesore. «Nous prenons toutes nos précautions pour ne pas être blâmés car il appartient au propriétaire de faire le nécessaire pour le démolir. Chacun doit prendre sa responsabilité», déclare un haut cadre du conseil.
ATTENTION : DANGER
Prem Saddul, géologue
«Il y a danger car il pourrait y avoir un glissement en rotation. Le gouvernement doit considérer sérieusement les options pour reloger ces familles qui habitent dans cette région», déclare-t-il. Ces maisons sont exposées au glissement en rotation parce que la pente de la colline est raide, presqu?à la verticale, dit le géologue. «Toute pente qui atteint le niveau de 30 % devient instable, d?autant plus qu?il n?y pas de végétation sur cette pente.» Le géologue fait également ressortir que cette partie de cette localité a déjà atteint son maximum, car la rivière de Rivière-des-Anguilles est gonflée. «Il faut prendre cela très au sérieux», prévient-il.
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