Publicité
Gigli et Lili censurés
Le dessin animé, Gigli et Lili, du jeune Jonathan Marie ne sera plus diffusé. Pour le moment en tout cas. Raison invoquée : le langage utilisé ne conviendrait pas à certains téléspectateurs. Sélectionné dans un exercice de promotion de productions indépendantes par la MBC, ce jeune homme a pourtant fourni de gros efforts. Il y en a certes d’autres à faire mais il avait tout de même relativement bien réussi son premier jet.
En mettant en scène la vie d’une famille, le jeune homme a choisi d’utiliser la langue maternelle qu’est le créole. Certaines expressions auraient choqué. Cela alors même que des dessins animés comme Titeuf qui met en avant un petit garçon qui tente de voir régulièrement sous les jupes des filles ou encore les Simpsons sont acceptés sans problème. La question est : sont-ce vraiment les dialogues qui posent problème ou le fait qu’ils soient en créole ?
Les dialogues utilisés reflètent tout simplement ce que disent les jeunes Mauriciens d’aujourd’hui dans leur conversation. Il est vrai que peu de personnes reconnaissent ce syndrome post-colonial qui veut que pour être bien vu, il faut parler français. Pire, dire que l’on ne parle pas le créole, c’est en théorie le sommet de la culture et de l’intelligence. Nous avons regardé et écouté attentivement les dialogues de cette série. Nous n’y avons rien trouvé de choquant. Par contre une série comme Muneca Brava qui est totalement immorale ne suscite pas ce genre de réaction. De nombreuses familles mauriciennes, pire de mère de famille et de leurs enfants consomment goulûment chaque épisode de cette série.
On ne peut que se poser légitimement des questions. Ces personnes, qui se sont élevées contre cette série animée, ne font pas de même lorsqu’il s’agit d’une publicité sexiste ou d’un journal télévisé de plus en plus partisan. Faut-il comprendre par là que leur culture se limite simplement à ce qui doit être dit ou non en créole ? Il est grand temps que les Mauriciens comprennent que nous devrions être fiers de la langue créole.
On espère simplement que la suite de la série de Jonathan Marie sera diffusée. Même si cela implique qu’il ait à modifier un peu certains dialogues. Si nous sommes pour le fait que l’œuvre d’un artiste doit être protéger, nous sommes aussi conscients qu’il ne faut pas tuer dans l’oeuf, le talent d’un jeune homme qui pourrait faire encore de belles choses.
Publicité
Publicité
Les plus récents