Publicité
George Bush déterminé à maintenir le cap en Irak
Par
Partager cet article
George Bush déterminé à maintenir le cap en Irak
Le président George W. Bush a réaffirmé le bien fondé de sa stratégie en Irak et s’est dit déterminé à en maintenir le cap, un an après le transfert de la souveraineté aux Irakiens, suivi d’une multiplication des attentats suicide. “Nous avons encore du travail à faire, et il y aura de durs moments qui mettront à l’épreuve la détermination de l’Amérique”, a dit Bush en s’efforçant de galvaniser une opinion publique de plus en plus sceptique. “Nous combattons des hommes possédés par une haine aveugle et dotés d’armes mortelles, qui sont capables de toutes les atrocités”, a affirmé le président américain dans une allocution télévisée, prononcée devant des militaires à Fort Bragg, en Caroline du Nord.
Il a réitéré sa détermination à maintenir les forces américaines en Irak jusqu’à ce qu’un nombre suffisant d’unités irakiennes soient capables de défendre le pays contre les insurgés qui, le matin même, avaient assassiné à Bagdad un parlementaire irakien, son fils et trois gardes du corps. “Fixer artificiellement une date butoir (de retrait) reviendrait à adresser un mauvais signal aux Irakiens qui ont besoin de savoir que l’Amérique ne les abandonnera pas avant que le travail soit achevé”, a-t-il dit. Bush, dont la cote de satisfaction est au plus bas, a fait état de progrès dans l’entraînement des Irakiens, mais il a souligné que fixer une échéance pour le retrait des forces américaines, ainsi que l’ont réclamé certains membres du Congrès, serait une «grave erreur».
“Au milieu de toute cette violence, je sais que les Américains se demandent: ‘Le sacrifice en vaut-il la peine? Il en vaut la peine, et il est vital pour la sécurité à venir de notre pays”, a dit le président américain. Il s’est cependant prononcé contre l’envoi en Irak de renforts américains en faisant valoir que cela “saperait notre stratégie consistant à encourager les Irakiens à prendre la tête de ce combat”.
Accusé par les démocrates de n’avoir proposé aucune stratégie de succès en Irak, Bush a répondu que son plan était de former suffisamment les Irakiens de sorte que les forces américaines puissent se retirer, tout en aidant l’Irak à rédiger une Constitution et à tenir des élections. Il a précisé que plus de 160 000 membres des forces de sécurité irakiennes étaient formés et équipés. Le sénateur démocrate Joseph Biden a néanmoins contesté ce chiffre en disant que seuls 2 000 Irakiens étaient complètement formés.
Aucun lien entre Saddam Hussein et les attentats du 11 septembre 2001 n’a jamais été établi, mais Bush a expliqué que l’Irak était sur le front central de la guerre contre le terrorisme parce que l’insurrection y est dirigée par l’activiste jordanien Abou Moussab Zarkaoui, qui a fait allégeance à al Qaïda. “Le seul moyen pour nos ennemis de réussir est que nous oubliions les leçons du 11 septembre, que nous abandonnions le peuple irakien à des hommes comme Zarkaoui, et que nous cédions l’avenir du Proche-Orient à des gens comme ben Laden”, a dit le président américain.
<B>Front central de la guerre contre le terrorisme</B>
Il a rappelé que ben Laden avait déclaré que “cette troisième guerre mondiale (...) fait rage” en Irak. Les militaires américains ont fait état de la mort ou de la capture en Irak de centaines de combattants étrangers venus d’Arabie saoudite, de Syrie, d’Iran, d’Egypte, du Soudan, du Yemen et de Libye, a ajouté Bush. De plus en plus d’Américains ne voient pas de lien évident entre la guerre en Irak et la guerre contre le terrorisme déclenchée après les attentats du 11 septembre. Selon un sondage USA Today/CNN/Gallup publié cette semaine, ils sont désormais majoritaires – 50 % contre 47 % – à être de cet avis.
“Le président est en terrain miné lorsqu’il exploite autant dans son discours (...) le 9/11 tout en sachant qu’il n’y avait aucun lien entre le 9/11 et la guerre en Irak lorsqu’il a déclenché son attaque préventive”, a déclaré à NBC la représentante démocrate Nancy Pelosi.
Avant son discours à Fort Bragg, dont 9.300 hommes servent en Irak, Bush avait rencontré en privé les membres des familles de 33 militaires tués en Irak et en Afghanistan. Plus de 1.700 Américains ont été tués en Irak et des milliers d’autres y ont été blessés. Selon un sondage Post-ABC News, une majorité d’Américains ne pensent pas que, contrairement à ce qu’affirme le gouvernement, d’importants progrès contre l’insurrection aient été enregistrés en Irak. Mais ils sont majoritairement d’avis que des forces américaines doivent y être maintenues pendant un certain temps pour stabiliser le pays.
Cependant, la sénatrice républicaine Susan Collins et le sénateur démocrate Carl Levin ont invité Bush a faire clairement savoir que l’Irak ne doit pas tarder à adopter une Constitution, faute de quoi, les Etats-Unis réévalueront leur engagement militaire. “Nous devons montrer aux Irakiens que notre disposition à supporter le poids n’est pas illimitée”, écrivent-ils dans une lettre. L’échéancier prévoit que la rédaction de la Constitution soit achevée d’ici la mi-août et que le texte soit soumis aux vote en octobre avant la tenue de nouvelles élections, en décembre.
Harry Reid, chef de file démocrate au Sénat, a quant à lui réclamé un réajustement de la politique irakienne de Bush. “La population américaine a le sentiment croissant que la politique irakienne du président va à la dérive, qu’elle est déconnectée de la réalité sur le terrain et a besoin d’importantes corrections (...) ‘Maintenir le cap’, ainsi que le prône le président, n’est ni viable, ni susceptible de nous conduire au succès que nous recherchons tous”, a dit Reid. “Il ne suffit pas au président de dire ‘gardons le cap’ et de procéder à quelques ajustements mineurs. Le président doit établir un plan concret”, a renchéri le sénateur démocrate Charles Schumer.
<B>Steve HOLLAND</B>
CONFLIT
<B>Le transfert de souveraineté célébré dans le sang</B>
■ Le premier anniversaire du transfert de souveraineté en Irak par les Américains aux Irakiens a été marqué par de nouvelles violences, notamment par l’assassinat d’un député irakien. Les derniers sondages témoignent d’une inquiétude grandissante des Américains au sujet de la Guerre en Irak. D’où l’importance du discours que Bush a prononcé dans la soirée pour le premier anniversaire du transfert de souveraineté. Ce transfert a permis la formation il y a deux mois du premier gouvernement irakien issu d’élections libres en 50 ans. Mais celle-ci n’a pas été suivie d’une baisse des violences. Au contraire, chaque semaine, des centaines d’Irakiens et d’Américains sont victimes d’attaques de la guérilla. Et l’opinion américaine peine probablement à se retrouver dans les lectures parfois contradictoires que l’administration Bush a faites ces derniers temps du conflit irakien. Le Premier ministre irakien, Ibrahim Djaafari, a dit espérer une victoire des forces gouvernementales dans les deux prochaines années.
Selon un sondage “ABC News”/“Washington Post” publié lundi, une majorité d’Américains estime pour la première fois que l’administration Bush a “intentionnellement induit en erreur” les citoyens en engageant la guerre, et près des trois quarts considèrent qu’elle a sous-estimé les défis impliqués. En Irak, le premier anniversaire du transfert de souveraineté est passé pour ainsi dire inaperçu, si ce n’est que le président Djalal Talabani a reçu les félicitations de diplomates britanniques et américains. Plus d’un millier de “marines” ont été déployés dans la vallée de l’Euphrate entre les villes de Hit et Haditha, à 200 km au nord-ouest de Bagdad. L’opération Saïf (Epée) est au moins la quatrième de cette importance engagée par les marines depuis deux mois dans des villes de l’Ouest irakien. Au début du mois, ils avaient déclenché l’Opération Lance contre des activistes dans la ville frontalière de Karabila. Les marines ont dit avoir tué des dizaines d’insurgés au cours de cette opération. Mais ils ont également détruit une grande partie de cette ville de 60 000 habitants lors de raids aériens et de combats de rue avant de l’abandonner au bout de cinq jours.
<B> Peter GRAFF</B>
Publicité
Publicité
Les plus récents