Publicité
Gaz : Abu Kasenally évoque une éventuelle hausse de prix
Par
Partager cet article
Gaz : Abu Kasenally évoque une éventuelle hausse de prix
Une illustration a souvent plus d?impact que les mots. Ainsi, le ministre des Services publics, Abu Kasenally, a voulu démontrer, graphique à l?appui, ?la différence croissante? entre le prix auquel les Mauriciens achètent leur gaz et son prix réel. Une manière de laisser entendre que le prix du gaz pourrait connaître une nouvelle hausse : ?La hausse du prix du LPG - Liquified Petroleum Gas - n?a pas suivi la hausse sur le marché mondial. Le gouvernement fait de son mieux, aux dépens de l?économie du pays, et, tôt ou tard on devra avoir recours à des méthodes de production d?électricité alternatives.?
Intervenant lors d?un séminaire de deux jours organisé par le Centre multidisciplinaire d?excellence de l?université de Maurice, le ministre met l?accent sur les ?subventions croisées pour maintenir le prix du LPG à un niveau abordable?. Ce qui met en lumière les difficultés liées à la dépendance du pays sur des carburants venus d?ailleurs.
Selon les participants au séminaire, la précarité qui caractérise la distribution mondiale de carburant et surtout d?essence, pourrait bien forcer Maurice à changer sa manière de génèrer et distribuer l?énergie.
Abu Kasenally a aussi annoncé l?élaboration de l?Energy Efficiency Bill. Une initiative que le Dr Khalid Elahee de l?université de Maurice qualifie de bonne, mais qu?il faut quelque chose de ?plus fort?.
Conservation d?énergie
Le Dr Khalid Elahee ? qui a présenté hier un papier sur les institutions et structures législatives relatives à l?énergie ? et sa collègue, Odile Lim Tung, plaident pour la mise en place d?un bureau de gestion de l?énergie (BGE). Ils rappellent que nombre de pays disposent déjà de tels organismes et qu?il est grand temps que Maurice suive leur exemple. Un projet de loi relatif aux initiatives énergétiques, qui engloberait la politique à long terme en matière de sources d?énergie renouvelables et le rôle du BGE, aurait également sa place.
Le BGE serait chargé, entre autres, d?élaborer une politique nationale en matière d?énergie, de conseiller sur d?éventuelles législations, d?assurer une utilisation efficace de l?énergie et de mettre en place un système de compulsory reporting. Il devrait établir des objectifs réguliers de conservation d?énergie pour l?Assemblée nationale.
La présentation du Principal planner du ministère des Services publics, Dr Pradeep Soonarane, mérite aussi d?être évoquée. Il estime que les sources d?énergie renouvelables ne seront jamais ?une panacée. Car aucun pays au monde ne fonctionne à 100 % avec de l?énergie renouvelable. Celle-ci doit être soutenue par les sources d?énergie non renouvelables?.
Il a rappelé que la consommation d?énergie (hors secteur du transport) doublera d?ici 2025 et que, pour cela, le rendement de l?énergie générée par la bagasse devra augmenter de 600 à 900 gigawatt par heure. L?énergie éolienne jouera un rôle plus important à l?avenir, même si ce ne sera pas à la mesure de certaines attentes. Pour lui, c?est le charbon qui permettra de ne plus dépendre de l?essence ; il estime que le charbon fournira 50 % de nos besoins d?énergie d?ici 20 ans. Actuellement, l?essence et le charbon comptent pour 53 % et 26 % de nos besoins énergétiques respectivement.
Diversification
Dans leur présentation intitulée Nos options, les professeurs Harry et Soonil Rughooputh ont évoqué ?une indépendance énergétique?. Cet objectif, qui passe par une diversification de notre fourniture d?énergie, est axée autour des énergies renouvelables, dites ?propres?. Les professeurs Rughooputh font nettement moins confiance au charbon dans la mesure où les émissions de gaz carboniques sont montées en flèche ces dernières décennies.
Cette présentation a révélé deux autres aspects très intéressants. Premièrement, notre Zone économique exclusive (ZEE) pourrait être dotée de cristaux d?hydrate de méthane qui, d?une manière ou d?une autre, génèrent de l?énergie. Aucune étude n?a encore été faite pour savoir si notre ZEE contient ces cristaux qui se trouvent à 500 mètres de profondeur mais un joint-venture avec le gouvernement indien pourrait résoudre ce problème.
Les professeurs ont annoncé avoir conçu un chauffe-eau solaire coûtant moins de Rs 1 000. Ils ont également argué en faveur d?une ?décentralisation et diversification de l?énergie, la réactivation du port de Mahébourg, et une culture de gestion de l?énergie?, entre autres.
Le séminaire, qui continue aujourd?hui, est un bon exemple de la collaboration entre le monde académique et les secteurs public et privé.
Publicité
Publicité
Les plus récents