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Garfield 2

17 novembre 2006, 00:00

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La tendance dans les fictions parodiques animalières ayant toujours été d’humaniser l’animal, il est assez normal que Garfield l’original, soit un chat obèse, paresseux, grincheux, roublard, à l’ego surdimensionné, ayant une fâcheuse tendance à s’empiffrer de lasagnes et dont le comportement (envers son maître, les araignées et les facteurs, notamment) tient le plus souvent du sadisme.

Pour ceux qui ne le savaient pas, ce chat d’une couleur tirant sur le roux et dont la popularité surpasse Le Chat, à l’humour si fin, de Geluck, est né dans les pages d’un tabloïd britannique, le Daily Express. Il ne faut pas s’en étonner ; malgré la piètre opinion qu’on pourrait avoir des journaux de bas étage, force est de reconnaître que bon nombre de personnages, y compris Batman, ont commencé ainsi. Cela laisse tout de même sous entendre que Garfield, l’original, s’adressait au début à ceux qui étaient en âge de lire le journal, même s’il s’agissait d’un tabloïd.

Garfield 2, de Tim Hill, est une production américaine, tout comme le premier. Ce qui expliquerait le changement de nationalité du matou, devenu un produit américain. Par contre, on peut se demander ce qui a bien pu pousser les producteurs à réorienter leur produit exclusivement vers un tout jeune public ; cela ressemble sinon à un sabordage, du moins à un sabotage financier. Après tout, il y a bien eu les Shrek, Nemo, Les Indestructibles, Madagascar, etc., autant de films sympathiques destinés aux tout-petits, mais qui donnaient aussi aux plus grands l’occasion d’une franche rigolade. Pensez maintenant aux admirables qualités citées plus haut du personnage, pensez à ce personnage traversant l’Atlantique et rencontrant son sosie britannique qui lui, est un aristocrate. Il y a aussi dans cette histoire un méchant lord anglais et il est question d’une immense fortune à hériter. Cela aurait donné une comédie, méchante peut-être, mais, au moins fine, sur toutes les dissensions existant entre les Britanniques et leurs cousins d’outre-Atlantique, avec pour toile de fond une catastrophe financière provoquée par le chat à lui tout seul.

Ce serait parti de la bande dessinée (BD) d’origine tout en poussant la farce encore plus loin. Sans compter que dans les voix originales, il y a celles de Bill Murray (Garfield), Bob Hoskins et Richard E. Grant, entre autres ; autant de comédiens qu’on aurait préféré voir à l’écran. Au lieu de quoi, nous avons droit à un Billy Connolly se limitant à évoquer John Cleese, une Jennifer Love Hewitt dont on ne retient toujours que le double patronyme et dans le rôle du pauvre Jon, propriétaire de Garfield, un nommé Breckin Meyer qu’on n’aura même pas remarqué.

On trouvera peut-être ce deuxième Garfield un peu mieux dessiné que le précédent, mais les graphistes, imagistes, animateurs ne sont toujours pas arrivés à rendre son visage aussi expressif que dans la BD. Il a la voix de Sébastien Cauet et, d’une certaine manière, cela convient mieux au film. Après tout, son émission télé est l’exemple même de l’abrutissement des masses par les médias. Ce qui semble d’ailleurs être dans l’esprit de ce film qui raconte une histoire des plus convenues ; bête, surtout, et même pas méchante.

Reste que les moins de sept ans, eux, pourraient bien apprécier Garfield 2. Après tout, il y a ce drôle de chat d’une couleur tirant sur le roux, ces autres (vrais) animaux qui parlent et quelques gags. Et puis, à cet âge-là, on apprécie une sortie au cinéma plus que le film lui-même. Les plus grands se réjouiront du fait que le film ne dure qu’une heure et vingt minutes.

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