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G. Duval : Sécession ! si Maurice devient mauve et Rodrigues reste bleue

26 août 2005, 00:00

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Aujourd?hui, le PMSD de Maurice Allet est tellement accroché à la locomotive MMM, qu?il résiste à une proposition de réunification de ce qu?il reste de la famille bleue et s?offre le luxe d?accueillir le député dissident mauve, Eric Guimbeau. Nous ne dirons pas que Gaëtan Duval se retourne dans son semblant de sommeil, lui qui a, un jour, vu en Paul Bérenger, son héritier, politique plutôt que spirituel, oubliant un Xavier-Luc, levant le nez sur son patronyme duvalien. Mais ce bouillonnement politique contraste sérieusement avec l?allergie existant, en 1980 et avant, et après, entre Bleus et Mauves, avec un Rouge, excellant dans l?art de souffler le chaud et le froid et de miser tantôt sur l?un, tantôt sur l?autre, quand ce n?est pas sur les deux à la fois, grâce à la présence, en son sein, de ses ailes droite (et boolelliste) et gauche (David/Jagatsingh).

A la fin d?août 1980, le MMM s?inquiète plus particulièrement d?une déclaration de Gaëtan Duval à Scope, une publication de l?Afrique du Sud honnie en raison de sa politique de l?apartheid. Interrogé sur l?éventualité d?une prise de pouvoir par le MMM, Duval menace : ?Then I will act accordingly. ? La bande à Bérenger, alors complète ou presque s?interroge sur la signification exacte de l?act annoncé de Duval.

Alain Gordon-Gentil estime nécessaire d?interviewer de nouveau ce dernier, qu?il découvre cynique, amusant, sérieux, inquiet. Il précise qu?il revient de Londres, Paris, Deauville, Cannes et qu?il est vêtu d?un costume Ted Lapidus. Duval précise tout de suite : il n?y a pas eu d?interview donnée à un journal sud-africain. Il confesse avoir côtoyé pendant un trimestre un journaliste sud-africain et qu?il y a eu entre eux de nombreux échanges de points de vue sur tout et sur rien. Il en résulte un portrait d?un leader, promettant de réagir si jamais le mauve flotte au-dessus de l?Hôtel du Gouvernement.

Politiquement parlant, Duval songe à passer la main. Mais à qui ? Il attend qu?une unanimité se forme au sein de la basse-cour bleue en faveur de son successeur. Consensus que nous attendons toujours. Il souhaite s?en aller mais pas brutalement, en laissant un parti désorganisé. ?Le cimetière de Saint-Jean est plein de gens indispensables?, dit-il. Une certitude toutefois : il quittera la politique, avant la fin de 1981. Il ne se voit pas candidat aux prochaines législatives (N.B. non seulement, il le sera mais encore il le sera dans quatre circonscriptions à la fois : n° 1 (31,88 % des voix), n° 18 (25.34% des voix), No 20 (30.95% des voix) et No 21 (36.60% des voix).

Il appréhende l?éventualité d?une crise politique, sociale et économique. Il sait pouvoir être le ciment unificateur d?un possible rassemblement des forces. Il croit savoir que Seewoosagur Ramgoolam souhaite la continuité de la coalition PTr-PMSD. Il sait aussi qu?il gêne l?avènement d?un socialisme travailliste à la sauce Jagatsingh/David. ?Le rôle du PMSD est d?essayer de garder encore, à Maurice, l?espoir que ce pays n?aille pas à la ruine? Le plus court chemin au développement réside dans un système libéral, prônant l?économie mixte, où le secteur privé aurait un rôle prépondérant à jouer. Le PMSD détient la vérité économique telle que les Mauriciens l?aiment. Ils ne pourront jamais vivre comme des Seychellois ni comme des Tanzaniens, ni comme des Malgaches. Celui qui ne comprend pas cela ne comprendra jamais les Mauriciens.?

Il précise que sa menace de réagir concerne une prise de pouvoir du MMM par un coup de force préélectoral. ?Ils me trouveront alors sur leur route? Je bougerai, à ma façon...? En revanche si le peuple mauricien veut du MMM au pouvoir par l?entremise d?élections législatives, il l?aura. ?C?est son problème, ce n?est plus le mien?. Il établira cependant un record : à savoir de permettre à un parti communiste de prendre le pouvoir par des élections législatives.

Le MMM n?a pas de leçon de démocratie à donner au PMSD. En 1967, avec 44 % des voix, il lui était possible de tenter un coup de force. Non seulement il ne le fait pas mais encore il accepte de faire coalition avec le PTr afin de dissuader les faucons en son sein de persister dans la tentation d?un coup de force.

La menace de sécession d?une île Rodrigues, votant bleu par rapport à une île Maurice mauve, s?explique par le fait que nul ne peut forcer une population rodriguaise anticommuniste à devenir communiste comme une population mauricienne convertie au militantisme. Duval affirme qu?il n?y a pas de document juridique établissant que Rodrigues fait partie du territoire mauricien. ?Si les Rodriguais réclament leur indépendance, ils le feraient dans la légalité la plus stricte?.

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