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G. Duval candidats dans plusieurs circonscriptions

20 novembre 2006, 00:00

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Mi-novembre 1981, notre marmite politique bout comme à l?accoutumée. Pas plus ni moins qu?à l?ordinaire mais fournissant assez de foin à qui ne peut ?éditorialiser? sur autre chose que les éternuements de nos politiciens, pour ne pas mentionner, ici, d?autres éructations plus grossières, surtout si elles s?échappent de travers. Cette revue politique de la mi-novembre 1981 nous offre quand même le choix entre la rumeur selon laquelle Gaëtan Duval songe à se porter candidat dans plusieurs circonscriptions aux prochaines législatives, Sir Seewoosagur Ramgoolam en vadrouille entre Monaco et Marbella, à la poursuite d?un mirage prenant la forme d?un emprunt massif ? peut-être même de deux milliards ? et le MMM, hésitant entre droit des tendances et ultimatum à ses éléments radicaux pour qu?ils courbent davantage l?échine devant la hiérarchie mauve.

Accordons priorité à qui réclame le droit aux excès, y compris en matière de candidatures multiples, d?autant plus qu?elles se concrétiseront le jour du ?Nomination Day?, le 30 avril 1982 ou plus exactement le 1er-Mai moins 1 jour. Elle sont d?autant, plus amusantes que, à l?heure où le leader du PMSD collectionne les candidatures (Nos 1, 18, 20 et 21, autrement dit P.-Louis Ouest-GRNO, Q.-Bornes-B.-Rose, B.-Bassin-P.-Rivière et Rodrigues), au PTr, des vétérans, comme Harold Walter, Raymond Rault et Simadree Virahsawmy, sont privés de ticket électoral et la ?Riot Unit? doit disperser, à coups de ?bâton la Reine?, une révolte d?agents travaillistes.

Comparée à l?annonce de candidatures multiples de G. Duval, la démission du poulailler bleu de Jean Claude Philibert, sous prétexte que ?ène ti cr?ole péna so place dans PMSD?, est risible, tout comme Monsieur Eliézer François se prétendant le seul interlocuteur du PTr, mettant en branle sa machinerie électorale ? Tremblez adversaires ! ? renouvelant sa confiance à Clément Mootoo, le président bleu ( ?) de la commission administrative nommée de Curepipe, aux prises avec des commissaires travaillistes hostiles, tout comme John Clifford, estimant irréductible le radicalisme du MMM, ou encore l?ancien député bleu, Me Elias Oozeerally, perdant son poste de magistrat, en raison de ses jugements jugés trop cléments et trop? indulgents par nos autorités judiciaires.

Chez les travaillistes aussi circule une rumeur, infiniment plus triste et qui essayiera, tout autant misérablement, de se concrétiser. Il s?agit d?un projet de recrutement de 10 000 chômeurs, à la veille des prochaines élections législatives. Ces réminiscences auront, hélas ! l?occasion de revenir sur un sujet aussi méprisable.

N? y cherchons aucune relation de cause à effet mais, pendant que prend naissance la rumeur ?anabasique? des 10 000 ?rodères boutte?, Sir Seewoosagur Ramgoolam multiplie les va-et-vient entre Monaco et Marbella. On dit qu?il court désespérément derrière un emprunt massif, dit de la dernière chance. La rumeur choisit ce moment pour parler d?un emprunt de deux milliards de roupies à contracter coûte que coûte, même au tarif commercial. Que ne fera pas un gouvernement sortant pour se faire réélire ? Généreux, comme à l?accoutumée, l?express du 21 novembre 1981 fait part à ses lecteurs de la probabilité d?une escale mauricienne et même dominicale de Sir Seewoosagur Ramgoolam, plus que jamais entre deux avions. Pourvu qu?il n?en profite pas pour nous faire part d?une troisième dévaluation de notre roupie. Pardons? D?une 3e appréciation de notre monnaie.

Plus patriotiquement, Nadess Ringadoo préfère suicider le PTr plutôt que notre économie. Il fait savoir péremptoirement qu?il n?y aura pas de 13e mois pour les fonctionnaires, en raison de ses conséquences suicidaires. Il n?en faut pas davantage pour que nos démagogues préférés se mettent à donner de la voix. La GWF fait savoir que Ringo et son intransigeance la révoltent. Le MMM exige des discussions immédiates entre les Finances et les syndicats à ce sujet. Le FSN, la fédération des fédérations syndicales, conclut que les salariés devront se contenter de pain maison et de riz ration pour les fêtes de fin d?année. Sir Veerasamy, notre? grand argentier, n?en a cure. Il sait devoir préparer, sous la férule du FMI, un plan d?urgence de six mois et que des largesses, du type 13e mois papa gâteaux, n?y ont guère de place. Un nouveau ?Stand-By Agreement? entre en vigueur en avril 1982. Ce n?est donc pas le moment de plaisanter avec les dépenses publiques.

Et le MMM dans tout ça ? La presse, bleue il est vrai, lui prête méchamment l?intention de confier le fauteuil de Premier ministre à Ramduth Jaddoo en cas de défaite électorale d?Anerood Jugnauth dans la circonscription de Piton-Rivière du Rempart. L?info, ou plus exactement la manipulation, sent son Sheik Hossen à plein nez. On en reparlera pourtant, dans un an, après les premiers accrocs dans la tunique messianique mauve et militante. En pleine crise politico-gouvernementale, la première d?une longue série, un référendum-plaisanterie est organisé pour passer le temps, lors d?une veillée d?armes, et pour départager les députés mauves pro-Jugnauth et ceux pro-Jaddoo. Ce sondage inopportun suscitera colère et volte-face mémorables du côté de La Caverne. Comme quoi, il n?y a jamais de fumée sans feu. Quelles que soient les Circonstances, d?ailleurs.

Sinon, le MMM reste aux prises avec ses éléments gauchissant et anti-embourgeoisement les plus radicaux. Une décade suffit à la hiérarchie militante, le politburo, pour passer de l?amadouement (le parti reconnaît un certain droit aux tendances idéologiques) au durcissement (le mauve songe à se défaire de ses teintes trop rougeâtres) sinon à l?ultimatum : 15 jours sont donnés aux radicaux gauchistes pour changer d?attitude à l?égard de la hiérarchie militante. Cela n?empêche pourtant pas Paul Bérenger de rencontrer Philo Blacburn du RPL ni à Harish Boodhoo d?assurer qu?on peut compter sur lui pour empêcher que Maurice ne devienne un laboratoire politique, en cas de victoire électorale du MMM-PSM.

Bref, une semaine politique pas plus pimentée ni moins épicée que d?habitude. La routine, quoi !

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