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Gérer la diversité
La réflexion sur les minorités ethniques, religieuses et linguistiques est de nouveau engagée. Ce sont les débats au Parlement sur trois projets de loi portant sur certaines expressions culturelles qui vont nourrir les discussions. Ces textes de loi étaient inscrits à l?ordre du jour de l?Assemblée nationale hier mais ils seront vraisemblablement examinés la semaine prochaine.
Il s?agit de projets de loi qui mettent en ?uvre une «Tamil Speaking Union», une «Marathi-speaking Union», et une «Telegu Speaking Union». Par le biais de ces organismes, l?Etat souhaite encourager l?usage des langues ancestrales et promouvoir la culture héritée du Tamil Nadu, du Maharashtra et d?Andhra Pradesh respectivement. Des programmes d?échanges, des bourses d?études ou la création de réseaux internationaux sont prévus.
L?initiative du gouvernement mérite d?être saluée car les nouveaux organismes viendront compléter la série des trois unions existantes, notamment pour l?anglais, l?hindi et l?ourdou. Ces centres qui sont créés au nom de la culture renforcent le concept d?un Etat-nation qui reconnaît le droit à la différence. Pendant longtemps certains ont craint que le fait d?encourager chaque groupe à assumer son identité culturelle propre serait une source de division. Maintenant tous reconnaissent que le respect de la spécificité des groupes divers peut, en fait, redonner confiance aux minorités. Il est porteur de cohésion sociale et n?est pas un facteur de division.
En particulier, les travaillistes ont mis du temps avant de se réconcilier avec la réalité culturelle pluraliste du pays. Ils avaient vivement combattu la politique de l?ancien gouvernement en faveur de la création de centres culturels destinés à répondre à la soif d?identité des groupes culturellement distincts.
Le MMM avait également, à ses débuts, adopté une approche risquée à la question des minorités en voulant fusionner toutes les pratiques culturelles du pays dans un creuset qu?il avait baptisé «ene sel le pep, ene sel nation». Réaliste, il a compris par la suite que la diversité est source de richesse, pas de conflit. D?où le foisonnement de centres culturels durant ses années au pouvoir.
Fraîchement parvenu aux affaires, le PTr s?était élevé contre la politique de centres séparés placés sous le contrôle de chaque groupe revendiquant une identité culturelle distincte. Le discours-programme présenté à la nation quelques semaines après les législatives de 2005 donnait d?ailleurs le ton de cette opposition : «our unique cultural mix is a source of pride and inspiration rather than a platform for compartmentalizing the nation.» Pour prévenir ce qu?ils appelaient la parcellisation de la nation, le nouveau gouvernement avait même pris des mesures drastiques afin de bloquer le fonctionnement des centres déjà en opération. Un terrain accordé par le précédent gouvernement au centre culturel tamoul à Ebène était repris.
Aujourd?hui, avec la multiplication annoncée de centres culturels relookés, le pays se donne l?occasion de vivre sereinement sa pluralité. Plus personne ne cherche à déposséder des groupes spécifiques de leur identité.
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