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Fête nationale, la nation mauricienne s’affirme et se cherche toujours

12 mars 2009, 01:00

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Fête nationale, la nation mauricienne s’affirme et se cherche toujours

Une nation, c’est un processus de construction continue. Lexpress.mu a sollicité plusieurs personnalités qui nous racontent leur vision de la nation mauricienne.

Rada Gungaloo, avocate: «C’est aussi la commémoration de la liberté»

«La fête nationale est très importante à mes yeux. C’est aussi la commémoration d’un mouvement qui a œuvré pour la liberté. Cependant, en 41 années d’indépendance, cette célébration n’a pas réussi à atteindre le stade d’une fête populaire. Il y a plusieurs Mauriciens qui n’y accordent pas d’importance et préfèrent rester tranquillement chez eux. Mais, c’est compréhensible. Car, on ne peut pas organiser que de grandes fêtes annuellement pour attirer la foule. Néanmoins, on aurait pu trouver un concept accrocheur qui puisse attirer les gens aux célébrations du 12 mars».

Jane Ragoo, syndicaliste: «Le 12 mars doit nous pousser à la réflexion»

«Chaque année, c’est avec un réel plaisir que je hisse le drapeau quadricolore sur ma maison. C’est une grande fierté parce que nous sommes indépendants. Aussi, le 12 mars est un jour qui doit nous pousser à la réflexion sur ce que nous avons fait pour notre pays pour qu’il aille de l’avant. Je ne pense pas que ce soit uniquement l’affaire du gouvernement. Nous sommes citoyens d’un pays. Chacun doit pouvoir avoir son mot à dire, et ne pas suivre aveuglément».

Vijaya Teelock, historienne: «Continuer à travailler vers l’indépendance économique»

«L’indépendance est quelque chose de très important pour un pays qui a été colonisé. Cela représente le désir des Mauriciens de décider de leur sort. Nous avons eu l’indépendance politique. Mais il faut continuer à travailler vers l’indépendance économique, et la démocratisation du pays. Afin que tous les Mauriciens soient consultés sur toutes les grandes décisions qui sont prises. Par exemple, concernant l’environnement, le patrimoine et l’accès libre à l’information».

Zanzak Arjoon, artiste: «Un événement joyeux et triste»

«C’est un double évènement, à la fois joyeux et triste. L’île Maurice a accédé à l’indépendance mais au prix d’un sacrifice du peuple. Par là, je fais référence à mes frères, les Chagossiens. Concernant le côté festif, l’Etat fait appel aux artistes pour alimenter la fête patriotique. Toutefois, la considération à l’égard de ces mêmes artistes incite la communauté des artistes à se poser des questions: qu’est-ce qu’est réellement la culture, à travers des expressions artistiques, pour l’Etat?».

Arnaud Carpooran, linguiste: «Une nation en cours de construction»

«La fête nationale est quelque chose de très important. C’est une date très importante pour la nation. Une date qui marque le passage du statut de pays colonisé pour passer à celui d’Etat souverain. C’est l’occasion de se rappeler de l’importance de la nation. Mais une nation ne se construit pas à partir d’une date. C’est un long processus. La nation mauricienne est en cours de construction. Il y a de temps en temps des obstacles qui viennent se mettre au travers de ce processus. Mais il y a aussi des événements qui accélèrent le processus. Je pense qu’on est obligatoirement sur la bonne voie et que l’ile Maurice de 2009 et meilleure que celle de 2008 ou de 2007. Je suis très optimiste, mais il faut être prudent face à ces facteurs réfractaires qui mettent en péril cette construction. C’est aussi en le combattant que nous construisons la nation mauricienne».

Imran Dhannoo, travailleur social: «C’est important que les gens disent qu’ils sont Mauriciens»

«En tant qu’engagé social, c’est un grand évènement. Notre pays, qui a été sous plusieurs colonies pendant des années, est aujourd’hui délivré de ces dépendances. De plus, ce qui rend cet évènement important, c’est qu’il marque la création d’une nation. C’est important que les gens disent qu’ils sont Mauriciens».

Karl Offman, ancien président de la République: «Une occasion d’exprimer notre fierté nationale»

«La fête nationale est un moment privilégié, célébrer le jour où Maurice a décidé de prendre son destin en main. C’est aussi un signe de maturité pour une nation, tel ce jeune qui a atteint sa maturité et qui réalise que de nombreuses responsabilités l’attendent. Il y a bien évidemment des hauts et des bas».

Hootesh Ramburn, directeur du National Empowerment Foundation: «La fierté de partager une vision»

«C’est surtout la fierté de partager une vision, une vibration et des valeurs communes. Et de se sentir réellement un être humain avec ces mêmes valeurs, la même vibration, et en partageant une histoire et une expérience communes. Aussi, l’avantage qu’ont les Mauriciens, c’est que nous sommes des immigrés. Nous apportons, dans nos valeurs, une richesse qui vient de tous les continents. Je crois que la chance de pouvoir partager tous ces différents courants de traditions fait du Mauricien un citoyen du monde».

Rada Tirvassen, linguiste: «Prendre conscience de l’importance de l’unité nationale»

«Nous sommes dans un pays en train de construire son unité nationale. Un pays qui connaît aussi des dynamiques qui vont à l’encontre de cette unité national. Il y a des reflexes chez une partie de la population qui tend vers un repli sur l’identité ethnique et la classe politique a une grande responsabilité dans cet état des choses. La fête nationale vient nous rappeler que nous sommes dans un même pays qui a une histoire récente. Un pays jeune avec une population hétérogène en termes d’ethnicité. L’histoire a démontré que ce sont les peuples unis qui peuvent surmonter les difficultés auxquelles ils sont confrontés. Il est temps qu’on se rende compte de l’importance d’unité nationale».

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