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Fusion explosion

18 juin 2005, 00:00

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C?est encore une très belle soirée musicale que nous a proposé le Centre Charles Baudelaire avec le concert de Meddy Gerville et ses prestigieux invités, le bassiste Dominique di Piazza, le guitariste Jean Marie Ecay et le sublime batteur Horacio « El Negro » Hernandez. Les musiciens n?étaient même pas encore installés qu?ils donnaient déjà la couleur musicale de la soirée jazz à venir. Un jazz métis, cher au réunionnais Meddy Gerville.

Il entre en scène, maravanne à la main. Horacio Hernandez entre, suit la cadence à la batterie. Dominique Di Piazza branche sa basse, puis Jean Marie Ecay sa guitare. C?est parti à 100 à l?heure, pour deux heures de merveilles, de solos virtuoses, d?harmonies, de rythmes. Vibrant et excitant.

Les musiciens se sont rencontrés, il y a deux semaines, à La Réunion, dans le cadre d?une résidence. Partage musical qui a donné lieu à ce concert.

Dès les premières notes de chaque morceau, le son vous transporte immédiatement. On ne sait jamais vraiment où. On ne comprend qu?au fur et à mesure des solos, le chemin parcouru. Chaque étape vaut une série d?applaudissement à l?artiste mis en lumière. Dans le public, on bouge la tête, on tape du pied, on a le sourire pendu au lèvre. Et ça ne s?arrête jamais. Pas d?artifices, juste le plaisir de la musique.

Chacun son tour, dans le désordre, guitariste, pianiste, bassiste, batteur, se laissent aller à un solo puissant.

Dominique Di Piazza, plutôt statique, se dandine, les yeux fermés, comme rêveur. Jean Marie Ecay, très inspiré. On peut lire la partition sur son visage. De même que Meddy Gerville. Dans les aigus, le sourcil levé, dans les graves, le sourcil froncé. Horacio Hernandez, en retrait sur la scène, sourit, tout simplement, très calme, amusé de changer de rythme avec autant de facilité.

A chaque solo, on prend une grande inspiration, une bouffée d?air frais. Plus la musique est forte, puissante, enivrante, mieux on respire. L?esprit se vide entièrement pour laisser plus de place à tout ce que l?on entend.

A chacun son rythme, à chacun sa grimace, sa manière de jouer. Mais une même habilité à transmettre une passion, à rayonner, par le seul biais d?un instrument. Impressionnant.

Lorsque les solos sont finis. Retour au thème. Ce que l?on ne saisissait pas au début du morceau, que les non-initiés peuvent prendre pour un ensemble un peu bizarre de rythmes, trouve enfin un sens.

La partition de chacun s?insère dans la partition générale. Chacun retrouve sa place. Mais le public n?a pas vraiment le temps de redescendre sur Terre qu?un autre voyage commence. Entre maloya et Jazz. Ca fait du bien. Et dire qu?ils ne se sont rencontrés qu?il y a une semaine.

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