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Fraude alléguée sur le whisky : Le dossier réexaminé
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Fraude alléguée sur le whisky : Le dossier réexaminé
Heureux, mais dégoûté? C?est le sentiment qui anime le Canadien, Bert Cunningham, ancien directeur des douanes. L?ex-directeur des douanes a quitté les Casernes centrales en homme libre hier matin.
Après deux jours d?interrogatoire, les enquêteurs du Central Criminal Investigation Department (CCID) ont décidé qu?il n?y avait pas matière à le poursuivre pour diffamation. Toutefois, selon nos renseignements, l?enquête se poursuit et rien ne dit que Bert Cunningham ne sera pas à nouveau interrogé.
En effet, les enquêteurs du CCID ne lâchent pas prise sur le dossier d?allégations d?importation frauduleuse de whisky faites par Bert Cunningham. Ils comptent étudier à nouveau le dossier de manière à dénicher d?éventuelles lacunes lors de l?enquête. Le cas échéant, il n?est pas exclu qu?ils se tournent à nouveau vers le Directeur des poursuites publiques (DPP) pour la réouverture de l?enquête.
Les enquêteurs ont du reste demandé au Canadien de rester à leur disposition pour d?éventuels éclaircissements. L?ancien directeur des douanes a donné l?assurance de sa collaboration.
C?est justement au sujet des allégations d?importation frauduleuse de 7 000 cartons de whisky que Bert Cunningham a été longuement interrogé dans la matinée d?hier. Pour rappel, le DPP n?avait donné aucune suite à cette affaire car il n?y avait pas suffisamment de preuves pour engager des poursuites contre l?importateur montré du doigt.
Mais Bert Cunningham ayant fait état de corruption alléguée dans cette affaire, le DPP avait demandé au commissaire de police, Dhun Iswar Ramparsad d?ouvrir une enquête. Ce dernier a confié au CCID le dossier de diffamation et une enquête a été ouverte sous la responsabilité du responsable du CCID, l?assistant commissaire de police (ACP) Clifford Parsad.
<B>Aucune matière à poursuite</B>
Pour éviter tout conflit d?intérêt dans cette affaire, le DPP et son bureau, directement concernés par cette affaire, ont laissé au commissaire de police, Dhun Iswar Ramparsad, la prérogative de diriger cette enquête et de décider de la marche à suivre. Le CCID a estimé, hier, qu?il n?y a aucune matière à poursuite en ce qui concerne la diffamation.
Le Canadien devait quitter Maurice ce matin après y avoir travaillé pendant six ans. Mais à la suite de la décision de dernière minute du conseil d?administration de la Mauritius Revenue Authority (MRA) de ne pas lui verser des indemnités représentantes six mois de salaires pour son renvoi, Bert Cunningham a sollicité l?intervention du Premier ministre Navin Ramgoolam. Ce n?est qu?après l?avoir rencontré qu?il regagnera son pays.
C?est un homme aigri que l?express a interrogé dans la soirée d?hier. Bert Cunningham estime qu?il a été constamment attaqué depuis trois mois par des institutions telles que l?Independent commission against corruption, la CCID et la MRA.
«Je suis un homme qui dérange, soutient-il, car j?ai fait mon travail comme il fallait. Et le comble dans toute cette affaire, c?est qu?on vient me coller une étiquette d?insubordination et de sabotage. La MRA a mis fin à mon contrat de travail. C?est «under duress» (sous la contrainte) que j?ai été appelé à signer un accord avec plusieurs points pour pouvoir toucher une indemnité de six mois de salaires, soit une somme de quelque Rs 6 millions. L?un de ces accords est que je ne devrais pas parler à la presse. Mais comment la MRA a-t-elle pu convoquer une conférence pour dévoiler le contenu de ce même accord, s?interroge-t-il. Mais aujourd?hui, j?ai été informé par la MRA que je toucherai seulement un mois de salaire.»
Bert Cunningham devait aussi faire état d?une menace verbale qui lui aurait été adressée par un membre du conseil d?administration de la MRA. Il dénonce l?attitude de la MRA qui ne lui aurait pas payé une prime de 25 % sur ses salaires depuis l?année dernière. La raison avancée étant qu?il y aurait des enquêtes sur lui.
L?ancien directeur des douanes précise qu?il n?a, jusqu?ici, été blâmé par aucune de ces instances. Ce qui lui fait dire qu?il est victime d?une campagne visant à ternir sa réputation.
En deux jours, Bert Cunningham a été entendu par des enquêteurs du CCID pendant presque cinq heures. En présence de son homme de loi, Me Hervé Duval (Jr), il a expliqué dans les moindres détails les propos qu?il a tenus dans l?édition de l?express du lundi 18 août.
Les principaux enquêteurs dans cette affaire, l?ACP Suthchidanund Lollbeeharry, le surintendant de police, Heman Jangi, l?ACP Clency Meeterjoye, l?inspecteur Chandun Kumar Ragoonundun et le sergent Rony Narain ont également interrogé les différentes parties impliquées d?une manière ou d?une autre dans cette affaire.
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