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Francis Cabrel de retour chez nous en février

6 janvier 2006, 20:00

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Dix ans que nous l?attendons. Après nous avoir époustouflés en 1995 avec son Samedi soir sur la terre en live, Francis Cabrel nous revient, enfin, avec dans son escarcelle, plusieurs extraits de son dernier album, Les beaux dégâts.

«Après Hors saison, j?ai laissé passer du temps. J?ai commencé à écrire des petits trucs et puis il a fallu attendre deux ans pour que ça fasse une chanson. Ce sont les dégâts du temps, les manques, les blessures. C?est la vie et rien d?autre. A ma façon, sous forme de chansons, avec des termes choisis, pesés, mesurés, j?ai pris mon temps. J?ai même eu peur de voir se tarir mon inspiration, de composer dans la facilité. J?ai réalisé que pour moi, l?inspiration, connaît un cycle de cinq ans,» expliquait l?artiste dans une interview.

C?était Presque rien. Cet album, sorti cinq ans après le précédent, Hors Saison, a été mitonné dans son Astaffort natal, dans son studio personnel, du côté de Toulouse. Depuis, l?album, a pris son envol. Le titre de ce dixième album, «fait maison», s?explique aussi par «les bodegas», clubs espagnols, dans lesquels, des anonymes, viennent écumer leur musique.

Cabrel y conjugue l?amour vrai, comme il l?a toujours fait, depuis ses débuts en 1977. Mais Cabrel n?hésite pas non plus à regarder la société droit dans les yeux. La chanson Les faussaires, traite avec rage et humour, des chemins de traverse. « Je ne conçois pas un album qui ne regarde pas le monde comme il est.»

Homme au grand c?ur

Humaniste dans l?âme, ce chanteur dont on ne lit pas la vie privée dans les pages des magazines, a toujours été fidèle à sa musique. Une musique teintée de douceurs, intime, pleine de baume pour les c?urs.

«Avec Les beaux dégâts, je voulais finir de présenter les choses qui me plaisent,» s?amuse-t-il à déclarer. «J?aime bien le rythme n?blues, la chaleur jazzy des pupitres de cuivre. Mettre une écriture douce et sensible et ces instruments en relation me procurait du plaisir. Le problème c?est que je n?ai plus d?idées après celle-là, c?était la dernière.»

Dans la foulée, Cabrel rend hommage à son idole de toujours, Bob Dylan, avec S?abriter de l?orage, sa version de Shelter from the storm.

A bientôt 53 ans, Francis Cabrel affiche trente ans de carrière au compteur. Auteur-compositeur-interprète de génie, ce chanteur, né le 23 novembre 1953, d?un père ouvrier dans une usine de gâteaux et d?une mère caissière dans une cafétéria, est aujourd?hui l?ambassadeur par excellence de la variété française inspirée.

Fidèle à lui-même, ce chanteur qui jouit d?une popularité sans faille, depuis ses débuts, a sorti des albums à un rythme plus ou moins soutenu, fuyant les feux des projecteurs, pour mieux travailler.

Sans en avoir l?air, il est devenu l?une des personnalités les plus importantes de la chanson française, au même titre qu?un Charles Aznavour ou qu?un George Brassens. Ses chansons qui comptent leur lot de textes humanitairement engagés, mais également, de belles envolées sur lesquelles l?amour est roi.

«Engagé ? Je préfère dire «concerné». J?ai des convictions. La plus forte, c?est que l?on doit le respect aux gens qui nous entourent. Il faut commencer par écouter l?autre, au-delà des différences apparentes, que l?on soit pauvre ou riche, noir ou blanc, valide ou handicapé. C?est ce qui manque le plus. Beaucoup de grands malheurs de l?humanité partent de ce non respect. »

Mélodies soignées

Respecté également pour son sens de la musicalité, Cabrel, la guitare toujours en bandoulière, chante Encore et encore, la douceur des sentiments.

Loin de s?asseoir sur le rebord du monde, le chanteur engagé auprès des Enfoirés ou des artistes de Sol en si, dessine depuis toujours, de merveilleux portraits du monde et des hommes.

Ses mélodies toujours soignées, toujours dans la mouvance folk-country ou blues, continuent à plaire à une vaste audience.

Son accent chantant, qui lui permet de faire de la chanson française à sa manière, insuffle toute sa tendresse, dans ses mélodies chaudes et inspirées. A ses débuts, son look hippie, ses cheveux longs et sa légendaire moustache, lui font gagner un concours de chanson organisé par Sud Radio.

Il interprète alors Petite Marie, chanson écrite pour sa femme Mariette. En 1977, Ma ville, son premier disque est dans les bacs. Le succès est plutôt mitigé, surtout que ses producteurs veulent gommer son accent si particulier.

Le bonheur au tournant

Un an plus tard, Francis Cabrel, rodé à la production discographique, sort Les chemins de traverse. Le succès est retentissant. Je l?aime à mourir scelle son destin. La chanson devient rapidement un classique de la chanson française. Francis Cabrel vend deux millions de ce 45 Tours. En 1980, le succès de L?encre de tes yeux, confirme l?immense talent de Francis Cabrel.

Carte Postale, sortie en 1981, marque un tournant dans la carrière du chanteur. Bercé par la nostalgie de sa province, perdu dans le brouhaha et l?agressivité de la vie parisienne, Répondez-moi et Chauffard, donnent un aperçu de son état d?esprit.

En 1983, il sacrifie ses longs cheveux, et s?intéresse de près au destin des immigrés en France. Saïd et Mohamed, signe son premier engagement social. La même année, il écrit Il faudra leur dire, à l?occasion du baptême de sa fille Aurélie.

Entretemps, il devient conseiller municipal de sa ville d?Astaffort. Il s?occupe ainsi de la vie culturelle de sa ville, avant de rendre son tablier douze ans plus tard. « J?ai réalisé qu?il était difficile de concilier l?écriture avec une présence assidue au conseil. J?étais trop souvent interrompu dans mes moments d?inspiration. »

En 1991, après avoir cartonné sur les scènes françaises et internationales, il sort un triple album live : D?une ombre à l?autre. C?est également l?année où née Manon, la cadette de ses filles.

Trois ans plus tard, Samedi soir sur la terre, l?inscrit définitivement dans la postérité, puisque l?album est sacré Meilleur album de l?année 1994 aux Victoires de la musique. Suivront Hors Saison, en 1999 et Les Beaux dégâts en 2004.

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