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Franche Connection

1 janvier 2005, 00:00

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Sans même le vouloir, Eric Rima et Elvis Simiette sont habillés de la même manière, pantalon sombre et débardeur blanc. Au restaurant l?un commande une bière, l?autre la même chose. Et précise à la serveuse «on est le groupe Ekonexion».

Leur connexion c?est la musique. Ils viennent ensemble de sortir leur premier album. Un mélange de genre, commercial, porté par un rythme mi-techno, mi-R?n?B. Un album pour se faire connaître surtout après des années de travail dans la musique. Ils se sont rencontrés il y a huit ans, en bons copains et se sont découvert des affinités communes pour la musique. «On se voyait dans les hôtels et dans des concerts, chacun de son côté», explique Eric, le plus bavard.

Leur conversation préférée, la musique, se découvrant au fil des discussions les mêmes préférences, les mêmes styles, la même vision. «On aime tout ce qui est de la bonne musique», précise Elvis, jamais à court de bons mots.

Grâce à leur travail dans les hôtels ils ont pu rencontrer les représentants de cette bonne musique dont ils parlent. Whitney Houston, Brian May, Bobby Brown, des stars du monde musical qu?ils ont entre-aperçus pendant leurs shows. Mais ils sont fiers de pouvoir parler de ces «rencontres».

<B>Comme en famille</B>

En général c?est Eric, cheveux courts et décolorés, qui prend le plus souvent la parole. Bien qu?étant le plus jeune des deux, il parle avec la plus grande conviction, sérieusement. Elvis calme le jeu d?un jeu de mot. Eric sourit, puis reprend. Un jour, ils ont décidé de travailler ensemble. Ils se sont acheté un clavier, «un keyboard», dit Eric avec l?accent américain, qu?il aime prendre. «On s?est donc acheté le clavier à deux. On partage tout, en terme de musique», poursuit Elvis. Il y a trois ans, Eric rencontre le producteur de DVM Records. Elvis le rejoint et tous deux travaillent sur les albums d?autres artistes. «On est devenu comme une famille. Nous avons une bonne collaboration avec le producteur», ajoute Eric.

Avant de s?attaquer à leur album, ils ont donc fait des backgrounds vocals pour Ottentik Street Brothers et Negro pou la Vie. Ils composent déjà mais le temps leur fait défaut. «Ce qu?on faisait restait dans des placards». Mais leurs amis les ont encouragés. «On s?est rendu compte que l?on aidait plus les autres que nous-mêmes», dit Elvis.

Le temps était enfin venu de se lancer. Mais le temps est toujours un problème. Alors, après leurs boulots dans les hôtels, ils allaient enregistrer au studio, parfois jusqu?à trois heures du matin. «Cet album a été fabriqué la nuit, dans l?ombre et les ténèbres», lance Elvis en grossissant la voix.

L?album n?a rien de sombre. Il est fait pour donner envie de chanter et de danser. Ils avouent leur ambition commerciale, sans pour autant dénigrer leur musique. Par-dessus tout, ils veulent toucher tous les publics. «On cherche de nouveaux rythmes, de nouvelles mélodies, des mélanges occidentaux et mauriciens, anciens et nouveaux et on remixe le tout», explique Eric.

Il poursuit, «En fait, le studio d?enregistrement a été comme un laboratoire où on a fait toutes sortes de test». Ce premier album est une étape avant la bombe. Ils ont un plan de carrière bien défini. «On va viser très haut, hausser le niveau. On aura plus de temps et une meilleure expérience. Ce sera un tube, un vrai, dont nous proposerons quatre versions, anglais, créole, dance et instrumental». Ils espèrent ainsi lancer l?an prochain un single qui fera bouger l?île tout entière et pourquoi pas le reste du monde.

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